Lyon Sud : de la Guillotière à Gerland, entre gentrification, métropolisation et renouvellement urbain

Avec 82 000 habitants, le 7e arrondissement de Lyon a une population comparable à une ville moyenne. Mais sa position péricentrale dans une métropole régionale, et récemment désenclavée par les transports publics, en fait un arrondissement en très forte croissance démographique. Le bâti ancien du quartier de la Guillotière, au nord, connaît un processus de gentrification. Plus au sud, la libération d’importantes emprises foncières liées à l’histoire industrielle du quartier est aussi l’occasion d’introduire des marqueurs de la métropolisation tels que la verticalisation du bâti et la valorisation du patrimoine industriel. Les fonctions productives restent cependant actives avec les laboratoires pharmaceutiques et le port fluvial occupant toute la partie méridionale de l’arrondissement.

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Légende de l’image satellite

Cette image de l'agglomération lyonaise a été prise par un satellite Pléiades le 01/07/2015. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles, de résolution native à 0,70m, ré-échantillonnée à 0,5m.

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Repères géographiques

Présentation de l’image globale

Lyon 7e : de la relégation à la métropolisation

Un quartier relativement isolé en rive gauche du Rhône et au sud de la ville

Comme le montre l’image, nous sommes là dans la partie méridionale de la ville avec la Presqu’île, entre Saône et Rhône, et la confluence, à l’ouest les hauteurs plus accidentées et boisées de Fourvière dominant le Rhône et au nord et à l’est le tissu urbain dense de la ville de Lyon. Au nord-ouest, le site historique de Lyon est situé en rive droite de la Saône, sur les flancs de la colline de Fourvière, dans l’ouest de la ville actuelle. Les pentes de la colline de la Croix Rousse ont également des vestiges romains. En revanche, les parties basses situées sur la Presqu’île et la rive gauche du Rhône, inondables, ont été urbanisées plus tardivement.

Dans ce territoire, un vaste îlot urbain est facilement identifiable entre le fleuve à l’ouest et le grand axe ferroviaire à l’est : c’est le 7em arrondissement. Relativement isolé et traversé par d’importantes coupures urbaines, en particulier entre ses parties nord et sud, il connait aujourd’hui de profonds bouleversements démographiques, urbains et fonctionnels qui en font un des laboratoires des mutations de Lyon, deuxième agglomération française, aussi bien par l’unité urbaine que par le zonage en aires d’attraction des villes.   

L’origine du 7e arrondissement actuel est le village de la Guillotière au nord, un faubourg situé à un point de franchissement du Rhône sur un axe reliant Lyon au Dauphiné. La commune de la Guillotière a été annexée à Lyon en 1852 et a connu dès lors une croissance urbaine continue, en couronnes, dont les étapes se lisent aujourd’hui dans la trame urbaine visible sur l’image satellite, à partir du nord-ouest vers le sud-est.

Les parcelles bâties dans la première moitié du XXe siècle atteignent dans les années 1940-1950 la ligne de chemin de fer construite un siècle plus tôt, et qui coupe encore le quartier en deux aujourd’hui selon un axe nord-ouest — sud-est. Cette voie ferrée et le Rhône sont les deux coupures qui ont longtemps isolé la partie sud de l’arrondissement actuel du centre de la ville.

Au sud de la voie ferrée, les terres agricoles ont laissé place à un faubourg industriel très actif dans les années 1950 à 1980, dont les usines, ateliers et entrepôts occupaient l’essentiel de la superficie bâti, avec un réseau viaire à mailles larges. La résidentialisation qui remplace progressivement cette fonction industrielle est encore en cours aujourd’hui, en tout cas dans la partie centrale de l’arrondissement, ce qui conduit notamment à tracer de nouvelles rues.

Une explosion démographique en lien avec le désenclavement par les transports et avec une position péricentrale

La population du 7e arrondissement lyonnais, 81 500 habitants en 2017, en ferait une ville moyenne de la taille de Bourges, de Belfort ou de Cherbourg. Mais alors que ces trois unités urbaines ont perdu des habitants entre 2007 et 2017, l’arrondissement lyonnais a connu une forte augmentation de sa population, de + 15 % entre 2007 et 2017 : il a accueilli 10 000 nouveaux habitants en une décennie. Sa composition par âge reflète également ce dynamisme, avec une forte surreprésentation des 15-29 ans, étudiants ou jeunes actifs, qui représentent plus d’un tiers de la population de l’arrondissement. Plus de la moitié a entre 15 et 44 ans en 2017.

Cette vitalité démographique s’explique d’abord par le contexte géographique des échelles supérieures : l’arrondissement est situé dans une agglomération, une aire urbaine et une région administrative (Auvergne-Rhône-Alpes) qui ont toutes des soldes migratoires et naturels positifs et affichent une croissance de leur population supérieure à la moyenne nationale. L’autre explication tient à la situation de l’arrondissement. Les quartiers nord de l’arrondissement font figure de péricentre, accessible depuis la Presqu’île mais moins saturé. Mais c’est surtout la partie centrale de l’arrondissement qui a été désenclavée par l’arrivée du métro B. Inaugurée en 1978 avec le réseau initial de la ville, la ligne a été prolongée jusqu’à la place Jean Macé – située à proximité immédiate de la voie ferrée, au nord de celle-ci - en 1981, jusqu’au stade de Gerland en 2000. Elle relie l’arrondissement à la commune voisine d’Oullins depuis 2013, renforçant sa centralité à l’échelle de l’agglomération. D’autres prolongements sont en cours, toujours vers les communes à forte croissance démographique du sud.

Par ailleurs, le développement d’un réseau de tramway à partir de 2001 a accéléré le désenclavement de l’arrondissement, avec notamment la pose de la passerelle Raymond Barre, réservée aux mobilités douces, entre le musée des Confluence, qui se trouve à la pointe de la Presqu’île, et le quartier de la halle Tony Garnier.

L’une des principales conséquences de la croissance démographique est la hausse très rapide des prix de l’immobilier, le prix du m² atteignant 4 500 € à Gerland et jusqu’à 5 500 € au cœur de la Guillotière (voir le zoom 1).

Au sud de la voie ferrée, un quartier longtemps dévolu à l’exurbanisation des fonctions secondaires (transports, caserne, cimetières)

L’emprise foncière des voies ferrées qui relient les deux principales gares de la ville, Perrache sur la Presqu’île et Part-Dieu vers le nord, au réseau national en direction du sud, est bien visible sur la photographie. À l’exception du nord-ouest de l’arrondissement, les quartiers du 7e ont longtemps accueilli les fonctions nécessaires au développement urbain, mais considérées comme secondaires, consommatrices d’espaces ou génératrices de nuisance comme les transports ferroviaires, les casernes ou les cimetières.

Outre la fonction de transport qui coupe l’arrondissement en deux, et la fonction portuaire qui s’étend dans tout le sud de l’arrondissement, la fonction militaire occupe une grande partie du foncier. Une partie a été reconvertie : le parc Blandan, dans le nord-est, est un ancien fort appartenant au réseau de fortifications établi autour de Lyon entre la défaite de 1870 et celle de 1940. Il a fait l’objet d’une reconversion en parc urbain, le deuxième de l’arrondissement en superficie après celui de Gerland. La reconversion vers la fonction de loisirs s’est doublée d’une patrimonialisation puisque la place d’armes, le glacis ou encore les anciens casernements ont été conservés et mis en valeur par une signalétique.

D’autres sites militaires restent aujourd’hui dévolus à cette fonction : la caserne Général Frère est toujours occupée par l’armée de terre ; elle accueille notamment les lycéens lors des journées défense et citoyenneté. Dans l’est, Le long de la limite avec le 8e arrondissement matérialisée par la voie ferrée, le régiment du matériel occupe une très importante emprise au sol. Il jouxte une déchetterie qui est l’une des principales de l’agglomération.

Les cimetières sont classiquement les fonctions qui ont été exurbanisées dans ce type de quartier périphérique lors des grands travaux urbain du XIXe siècle. Cet espace n’échappe pas à la règle avec les deux cimetières de la Guillotière. Seul le cimetière ancien, de 1822, au sud immédiat du parc Blandan, est situé dans l’arrondissement. Le grand cimetière de la Guillotière, de 1854, aisément identifiable au plan concentrique de ses allées, est situé dans le 8e arrondissement voisin, de l’autre côté de la voie ferrée nord-sud.

Une conversion en cours de la fonction industrielle vers les fonctions résidentielle, de services et de loisirs

Cependant, c’est bien la fonction industrielle qui est celle qui a le plus marqué l’histoire du quartier. Si elle est moins visible dans la partie nord, c’est parce que les ateliers et usines, souvent plus anciens, sont davantage intégrés à la trame urbaine. La miroiterie Targe, principal fournisseur en vitrines des commerces lyonnais, possède plusieurs ateliers et immeubles au cœur du quartier de la Guillotière, en face de l’ancien garage Citroën (voir le zoom 1).

Plus au sud, et surtout au-delà de la voie ferrée, l’emprise foncière du bâti industriel devient beaucoup plus importante. De nombreux ateliers sont encore en activité, notamment dans le domaine de l’ameublement et de l’aménagement de la maison, avec plusieurs espaces de vente dans la plomberie ou l’éclairage, destinés aux particuliers et aux professionnels. Mais une grande partie de l’activité artisanale ou industrielle a quitté le quartier en libérant d’importantes surfaces qui font l’objet de grands projets d’aménagement urbain. Ces projets prévoient une mixité fonctionnelle avec logements, baux commerciaux et équipements publics tels que des établissements scolaires ou des parcs (voir le zoom 2).

Lorsque le bâti industriel est conservé, ou n’est pas détruit immédiatement, il fait l’objet d’une valorisation culturelle, souvent éphémère. Le site industriel concerné par le PUP Duvivier, un projet de 4,7 ha, a ainsi été provisoirement réinvesti par un projet culturel, la Halle du Faubourg, qui a accueilli un temps l’École urbaine de Lyon (expositions, projections, conférences scientifiques…), avant de faire table rase du bâti pour y construire les logements et un groupe scolaire. La halle Debourg, un ancien entrepôt de fret et de triage, a été réinvesti par un festival de street art, Peinture fraîche. Une friche appartenant à la SNCF est investie, en été, par une association qui l’a transformée en guinguette baptisée « Territoires ». La Halle Tony Garnier (voir zoom 3), qui abrita des abattoir puis des arsenaux militaires, doit son nom actuel à l’architecte lyonnais qui l’a conçue. Classée aux monuments historiques, c’est aujourd’hui l’une des grandes salles de concert de la métropole.

Mais la vocation industrielle de l’arrondissement n’est pas seulement un héritage du passé : le sud de l’arrondissement demeure un district industriel de pointe orienté vers la pharmacie et les biotechnologies (voir le zoom 3) alors que le port de Lyon est un nœud fluvial d’envergure national pour le trafic de marchandises (voir le zoom 4).


Zooms d’étude

1. La Guillotière, un quartier populaire face à la gentrification

Le quartier de la Guillotière, ancien faubourg populaire industriel, fréquenté pour ses cafés et ses cabarets dès le début du XXe siècle, présente la plupart des caractéristiques des quartiers populaires centraux des grandes villes : un bâti ancien, une population cosmopolite, une vie culturelle animée. Ce sont aussi ces trois critères qui prédisposent un quartier au processus de gentrification : l’installation de catégories sociales favorisées appartenant aux « classes créatives », suivie, par effet de mode, par l’arrivée de la nouvelle bourgeoisie ; concomitamment, réhabilitation du bâti et hausse des prix de l’immobilier renforcées par une boucle de rétroaction, et finalement éviction progressive des classes populaire et fin de la mixité qui avait attiré initialement les premiers gentrifieurs.

À Lyon, ce processus s’observe depuis plus de vingt ans à la Croix Rousse et, plus récemment depuis une quinzaine d’années, à la Guillotière. Le bâti est constitué d’immeubles à la lyonnaise de 4 à 5 étages avec leurs fenêtres pourvues de jalousies ornées de lambrequins ouvragés, souvent vétustes mais attractifs lorsqu’ils sont rénovés, d’autant plus si la cage d’escalier est percée pour y installer un ascenseur. La population est cosmopolite, mêlant ou juxtaposant plusieurs vagues migratoires successives. Les commerces dits ethniques sont regroupés par rues donnant une personnalité aux sous-quartiers : le quartier asiatique organise chaque année des festivités à l’occasion du Nouvel an lunaire, et certaines rues sont dévolues aux commerces et services destinés à la communauté nord-africaine ou afro-antillaise. Les chibanis, (« cheveux blancs »), migrants nord-africains arrivés pendant les trente glorieuses, occupent l’espace public et les terrasses des cafés, contribuant à l’animation du quartier. Vivant souvent d’une maigre retraite au regard de leurs années de travail, ils contribuent aussi à la composition sociologique populaire du quartier.

La densité très élevée de cafés et de restaurants fait également de la Guillotière un lieu de loisirs nocturnes qui attirent en soirée une population plus large que celle du quartier, notamment étudiante, d’autant qu’elle jouxte le quartier des facultés, autour des bâtiments universitaires visibles sur l’image (tous les bâtiments à toits gris le long du Rhône au centre-gauche de l’image). À proximité, un garage Citroën années 1930, monument classé, a été restauré et ses locaux ont été réinvestis par des établissements privés d’enseignement supérieur. Sur l’image, c’est le plus grand bâtiment d’un seul tenant, sans cour intérieure, dans l’axe du pont au centre gauche.

Cette gentrification est visible dans le paysage urbain à hauteur de rue, notamment par la transformation de cafés populaires en cafés branchés, par l’installation de chaînes de restauration visant un public jeune et aisé, et par l’apparition de cabinets d’architecture ou d’urbanisme dans les anciens ateliers industriels transformés en lofts. Elle est appelée de ses vœux par une partie de la population qui se réjouit de l’enrichissement moyen du quartier, voire de son embourgeoisement puisque les prix actuels à l’achat excluent jusqu’aux classes moyennes ; elle est décriée par contre par une partie des acteurs associatifs qui craignent un recul de la mixité sociale, avec l’impossibilité pour les classes populaires de continuer à se loger dans le quartier.

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2. L’héritage industriel : aubaine foncière et changement de silhouette urbaine

Au sud de la voie ferrée, les surfaces importantes libérées par les anciens sites industriels aiguisent l’appétit des urbanistes et des investisseurs. Deux modalités sont possibles pour ces grandes opérations immobilières : la ZAC (zone d’aménagement concerté) ou le PUP (projet urbain participatif). Dans les deux cas, il s’agit de rompre avec la séparation des fonctions qui a prévalu dans l’urbanisme inspiré de la Charte d’Athènes, en insistant sur la mixité fonctionnelle : chaque projet prévoit des logements, des commerces, des services publics et des espaces verts.

 Les principaux programmes sont la ZAC du Bon Lait (8,2 ha, terminée en 2014), la ZAC des Girondins (17 ha), ou encore le PUP (projet urbain participatif) Gingko sur le site de l’ancienne usine Fagor (4,3 ha). La croissance démographique se traduit par un fort besoin en équipements scolaires : chacun de ces projets urbains prévoit la construction d’un groupe scolaire, et deux nouveaux collèges doivent ouvrir dans les années à venir.

Ces grands projets d’aménagements visent aussi à convertir un paysage d’ancien faubourg industriel en paysage métropolitain. Les projets retenus prévoient donc des tours d’habitation dépassant les dix étages et appelées à verticaliser la silhouette urbaine de ces quartiers. L’un de ces immeubles de grande hauteur en cours de construction en 2021, dont la structure en béton sera revêtue de briques apparentes, se veut une référence au quartier de Brooklyn à New York, d’après la communication de son promoteur.

Si la mixité sociale est également recherchée par les municipalités successives, la timidité des politiques visant à la mettre en œuvre et l’intense spéculation foncière en cours ne permettent pas de réaliser pleinement cet objectif affiché.

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3. L’un des pôles de commandement
de la vallée de la chimie et
de la spécialisation pharmaceutique lyonnaise

Au centre du zoom, on devine les locaux du site Monod de l’ENS (École Normale Supérieure) de Lyon. Ce site dédié aux sciences exactes et expérimentales est inauguré en 1987, et le site Descartes, voué aux lettres et aux sciences humaines et sociales, en 2000. Les deux ENS ont depuis fusionné pour ne former qu’une seule entité. Le site Descartes, visible dans l’angle nord-est du zoom, est construit sur l’ancienne usine Mure qui fabriquait des armatures en béton armé. Confié à l’architecte Henri Gaudin (1933-2021), elle signale déjà une ambition métropolitaine affichée par la municipalité au tournant du millénaire. Son jardin remarquable, visible sur l’image, a été réalisé par Gilles Clément dont il fut l’un des manifestes, le « juste jardin ».

Ces lieux de formation et de recherche côtoient une quinzaine d’établissements relevant du secteur de la pharmacie et des biotechnologies, principalement des bureaux mais également des laboratoires de recherche. L’ancien siège mondial de Sanofi Pasteur est visible sur la photographie dans la pointe Est du triangle formé par le pont Pasteur et la passerelle Raymond Barre, qui relient l’arrondissement au confluent Rhône-Saône. Le bâtiment est aujourd’hui reconverti pour donner naissance à un lycée numérique inauguré par la Région à la rentrée 2021. Le nouveau siège, Sanofi Campus, à l’extrémité du bassin le plus au nord du port, regroupe les fonctions de commandement, de formation et de recherche du groupe. Sanofi Pasteur est l’un des géants mondiaux dans le domaine des vaccins.

Entre l’ancien siège de Sanofi et le parc de Gerland, à proximité immédiate du site Monod de l’ENS, se situe le laboratoire P4 Jean Mérieux dépendant de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Jouant un rôle stratégique majeur, un laboratoire de niveau P4 est autorisé à travailler sur des micro-organismes hautement pathogènes, ce qui implique de respecter un protocole de très haute sécurité. Il en existe une soixantaine dans le monde, dont celui de Wuhan rendu célèbre en 2019 par l’épidémie de Covid 19.

Parmi les nombreuses entreprises du secteur pharmaceutique et biotechnologique présentes dans le quartier, on relève aussi Delpharm Biotech (fabrication de médicaments en sous-traitance, notamment pour Sanofi), les bureaux de MSD vaccins, filiale du groupe étasunien Merck & Co, l’entreprise Mérial (médicaments vétérinaires), ou encore Fab’entech, PME biopharmaceutique lyonnaise spécialisée dans les maladies infectieuses. Ces entreprises sont en lien entre elles : la startup Fab’entech annonce par exemple sur son site internet des contrats avec Sanofi. Elles forment un réseau de production spécialisé dans une filière de haute technologie, ayant à la fois une composante industrielle et des fonctions de recherche et développement et de commandement.

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4. Le quartier de Gerland, une double emprise :
le parc et le port



La partie la plus méridionale de la ville est consacrée principalement à deux fonctions métropolitaines : la fonction de loisirs avec le parc et le stade de Gerland, et la fonction portuaire avec le port Édouard Herriot.

Dessiné par l’architecte lyonnais Tony Garnier et inauguré dans les années 1920, le stade de Gerland a longtemps été le stade de résidence de l’Olympique Lyonnais, le club de football de la ville. La construction d’un nouveau stade de 60 000 places à 11 km du centre-ville, sur la commune de Décines, a libéré le stade de Gerland (35 000 places) qui est dévolu au club de rugby, le Lou. Le stade de Gerland accueille également des concerts (Rolling Stones, Pink Floyd, Johnny Halliday, ou Michael Jackson, par exemple, d’après sa fiche Wikipédia).
Le projet du nouveau stade, contemporain d’autres projets urbains pharaoniques comme le musée des Confluences, est un marqueur de la métropolisation, non comme processus inéluctable propre aux grandes villes, mais comme argument de vente dans la mise en concurrence mondiale des villes et comme politique délibérée des autorités municipales. La marchandisation des noms de lieux, incarnée par le phénomène du naming - la vente du nom d’un espace public à une entreprise privée - illustre parfaitement la dimension néolibérale de cette métropolisation : les deux stades portent aujourd’hui le nom d’une compagnie d’assurance.

Le parc de Gerland, d’une superficie de 40 hectares en comptant les terrains de sport, est le deuxième plus grand parc de la ville de Lyon après le parc de la Tête d’or, situé à l’autre extrémité de la ligne du métro B. Inauguré en 2000, il est accessible depuis le centre de la ville par une promenade entièrement piétonne et cyclable aménagée le long des berges du Rhône dans la décennie 2000. Il répond à un besoin croissant de nature en ville exprimé par les citadins et accentué par les vagues de fortes chaleur estivale de plus en plus longues et fréquentes.

Avec 1,4 millions de tonnes en 2018, le port de Lyon est le 6e port fluvial français derrière Mulhouse (4,4 Mt) Strasbourg (2,5 Mt) Gennevilliers (3,4 Mt) Valenciennes et Villefranche-sur-Saône (1,4 Mt chacun). C’est surtout le plus fortement conteneurisé, puisque la part des conteneurs et des automobiles s’élève à 48 % alors qu’elle n’est que de 5 % dans le premier port fluvial français, celui de Mulhouse (chiffres VNF 2019, Rouen étant ici considéré comme un port maritime et non fluvial). La proximité avec l’autoroute A7 et avec l’un des axes ferroviaires majeur français - l’axe historique Paris-Lyon-Marseille, dit PLM - fait du port un nœud intermodal permettant le transfert fleuve-rail-route. En amont du port, le trafic vrac et conteneur se fait plus rare et les barges de transport sont remplacées progressivement par les péniches résidentielles et par les bateaux de croisière qui remontent le Rhône en direction de Genève.

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Documents complémentaires

Sur le site Géoimage

Catherine Didier-Fevre : Lyon : la métropolisation d’une ville-carrefour
https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/france-le-grand-lyon-les-dynamiques-des-espaces-periurbains-de-laire-urbaine-lyonnaise

Marie-Christine  Doceul : Le Grand Lyon : les dynamiques des espaces périurbains de l’aire urbaine lyonnaise
https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/france-le-grand-lyon-les-dynamiques-des-espaces-periurbains-de-laire-urbaine-lyonnaise

Sources et bibliographie

Anne-Sophie Clémençon, « Entrer dans l’agglomération lyonnaise par le train : treize arrêts sur images », Géoconfluences, juin 2019.
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/lyon-metropole/geographie-appliquee/photographies-transect-urbain-lyon

Amélie Deschamps, « Aménager la ville par le jardinage : la végétalisation participative de Lyon », Géoconfluences, juin 2019.
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/lyon-metropole/articles-scientifiques/jardinage-vegetalisation-participative-lyon

Géoconfluences, « Le temps suspendu. Regard sur un paysage urbain lyonnais pendant le confinement », image à la une, juin 2020.  http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/image-a-la-une/paysage-urbain-confinement-lyon

Geoffrey Mollé, « Un changement de regard sur la verticalité urbaine, de nouvelles tours d’habitation dans le paysage de la métropole de Lyon », Géoconfluences, septembre 2019.
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/lyon-metropole/articles-scientifiques/verticalite-urbaine-tours-d-habitation

Voies Navigables de France, « Les chiffres du transport fluvial en 2018 », 2019.
https://www.vnf.fr/vnf/app/uploads/2019/05/LesChiffresDuTransportFluvial_2018-v-corrigee.pdf

INSEE, « Dossier complet commune de Lyon 7e arrondissement, chiffres détaillés », février 2021.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-69387

Contributeur

Jean-Benoit Bouron, agrégé de géographie, responsable éditorial de Géoconfluences

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