Bangalore : une technopole indienne entre dynamisme, inégalités et saturation

Mégalopole de dix millions d’habitants, Bangalore est fréquemment présentée dans les médias comme la « Silicon Valley » indienne. On retrouve dans cette métropole une forte concentration de sociétés informatiques. Elles peuvent s'appuyer sur un important complexe militaro-industriel hérité de la colonisation, sur des centres universitaires et un vaste marché. Sur le plan spatial, on observe une concentration des entreprises dans des parcs technologiques qui profitent d'un effet cumulatif. Cependant la ville connaît également les problèmes de la plupart des villes de l’Inde, comme une forte croissance de la population, des difficultés de gestion des ressources ou des infrastructures et des problèmes de pollution. Le boom technologique s’y inscrit dans de vives spécialisations fonctionnelles et une ségrégation socio-spatiale particulièrement marquée.

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Légende de l’image satellite

L'image de Bangalore, grande métropole dans le sud de l'Inde, a été prise par le satellite Sentinel 2X le XX XX 2018. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles de résolution native à 10m.

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Présentation de l'image globale

Bangalore, une technopole du Sud confrontée à de nombreux
défis sociaux et environnementaux

Un milieu et un territoire spécifique : les hauts plateaux indiens du Sud

Comme le montre l’image, l’agglomération de Bangalore est bien visible du fait du différentiel de couleur entre les zones urbanisées (en blanc crème, gris clair) et les espaces ruraux et agricoles (couleurs ocres, marrons et vertes). On peut observer une extrême fragmentation des espaces, liée aux très fortes densités moyennes et de nombreux îlots de quartiers informels (slums). Paradoxalement, la ville a conservé de nombreux espaces verts et lacs à l’intérieur de ses limites, contribuant ainsi à son aspect mosaïque.

Une vallée, avec un des affluents de la rivière Penna, est visible à l’est avec une ligne de zones agricoles en vert qui suit un axe-nord-sud. Bangalore a pour particularité de ne pas être traversée par un fleuve, contrairement à de nombreuses grandes villes. Par contre, de nombreux plans d'eau, les tanks, étangs-réservoirs apparaissent comme des taches noires sur l'image. Originellement, chaque plan d'eau correspond à un noyau de peuplement. La région de Bangalore est touchée par la mousson de juin à novembre, occasionnant des variations du niveau de ces tanks, reliés entre eux par des canaux. Ces tanks et canaux souffrent d'un manque d'entretien conduisant progressivement à leur forte réduction ; leur nombre tombant de 127 à 82 entre 1960 et 1985 par exemple.

Comme on peut le voir sur l'image, l'aire urbaine de Bangalore est entourée de nombreux champs de millet ou de maïs, reconnaissables à leurs formes rectangulaires et à leurs couleurs vertes ou ocres. Des forêts sont visibles, identifiables aux grandes plages vertes dans la partie inférieure de l’image, dont la forêt d’Etat de Ragihalli, juste au sud de l’agglomération. La forêt d'Etat de Jakarbandi, en forme de croix à l'ouest de l'image, a été rattrapée par l'agglomération de Bangalore, tout comme d'autres forêts périphériques de taille plus modeste. L'horticulture est en plein développement autour de Bangalore, particulièrement la culture de la rose. La roseraie d'Hosur, à 40 km à l'est de Bangalore (hors image) serait la plus grande roseraie du monde. Cet essor est pour partie lié aux conditions climatiques favorables de la région.

En effet, nous sommes ici dans la partie méridionale de la péninsule indienne, sur le plateau granito-gneissique de Mysore, qui appartient à un ensemble régional beaucoup plus vaste, le plateau du Deccan. Bangalore est située à 900 mètres d'altitude. Cette situation lui permet de profiter d'un climat agréable, qui a conduit à parler d'un effet « Sunbelt » accentuant ainsi la comparaison avec la Silicon Valley, située en Californie. Bien que la ville soit soumise à un climat tropical de mousson, les températures moyennes mensuelles varient entre 18 et 28 degrés.

Une métropole en pleine croissance démographique

A l’image de l’Inde, la ville de Bangalore connaît ses dernières décennies un croissance démographique considérable : elle passe en effet de 400 000 habitants en 1940, à 3 millions en 1981 pour atteindre les 8,5 millions d'habitants lors du recensement de 2011. Mais elle est à la tête d’une aire urbaine de 10,5 millions d’habitants ; ce qui la hisse au cinquième rang des métropoles les plus peuplées de l'Inde, et la dote d’un poids à peu près équivalent à l’Ile-de-France. On estime quelle accueille 400 000 nouveaux habitants chaque année.

Comme le montre l’image, cette mégalopole connaît une forte extension spatiale liée à son dynamisme économique et technopolitain d’un côté, à sa forte croissance démographique de l’autre. Sa dynamique démographique prend deux formes. Son étalement sous forme aréolaire lui fait absorber de nombreux villages et villes secondaires aux alentours. L’urbanisation suit aussi une logique en doigts de gant organisée par les axes de communication. Ce phénomène est particulièrement visible vers Tumkur au nord ouest, vers Mysore au sud-ouest et vers Hosur au sud-est. La tâche blanche au nord de l’image, de forme rectangulaire, correspond à l’aéroport international de Kempegowda.

Un territoire métropolitain, entre héritages et dynamiques contemporaines

Le vieux noyau historique se trouve à l'ouest. Cette partie reste traditionnellement la plus peuplée et l'on peut voir sur l'image de vastes zones de très fortes densités en gris – beige, avec des axes de communication peu visibles du fait de l'étroitesse des rues. Au recensement de 1951, deux tiers des 800 000 habitants sont à l'ouest, un tiers à l'est.

Le nouveau noyau colonial britannique se trouve à l'est, avec la garnison militaire et les civils d'origine anglaise (station ou cantonment). A l'est se développent aussi des industries d'armement puis l'aéronautique. Visuellement, cette partie est bien identifiable sur l'image avec un plus grand nombre de zones vertes correspondant aux parcs, un bâti moins dense et de plus grandes avenues. Une zone verte, encore visible aujourd'hui au centre de l'image, le Cubbon Park, sépare les deux (cf. zoom n°2).

La ville a connu deux grandes phase de développement, dans les années 1940 après l'indépendance puis dans les années 1970 en lien avec le développement des industries traditionnelles (machine-outil, industries militaires... ) qui se situent dans les parties nord et ouest de la ville.

En particulier, la zone industrielle de Peenya est très visible sur l'image dans la partie nord-ouest, au sud de l'autoroute qui part au nord-ouest vers Tumkur. Elle est reconnaissable à la concentration de toits blancs et bleus qui correspondent aux zones d'activités industrielles et commerciales. C'est l'une des plus grandes zones industrielles d'Asie, qui est desservie par le métro depuis 2014. C’est un grand pôle textile, mécanique (machine-outil, équipements électriques) et chimique. On y trouve quelques implantations d'entreprises étrangères, comme Mitsubishi Electric India.

Mais dans les années 1990, Bangalore fonde sa stratégie de développement sur les technologies de l'information et de la communication en se dotant de parcs technologiques. Celui d’Electronics City est très reconnaissable au sud-est de l'agglomération, avec sa forme étirée, et connaît alors plusieurs phases de développement (cf. zoom n°1). Cet essor provoque une nouvelle frange d'urbanisation autour de la ville, du fait de la multiplication des initiatives de promoteurs privés. Ce processus donne son aspect mosaïque à l'urbanisation, bien visible sur l'image, certains quartiers se développant au milieu de zones jusqu'alors rurales. L'agglomération rattrape et intègre alors de nombreux villages et villes secondaires comme Whitefield, un puissant pôle technologique notamment.

Depuis les années 2000, de nouveaux processus sont en cours. Un phénomène de verticalisation touche la ville alors que se multiplient les espaces commerciaux haut de gamme. On peut par exemple citer l’UB Tower, conçue d’après l’Empire State Building newyorkais, qui se trouve juste à l'est de Cubbon Park. Cependant, les plus hauts immeubles, à fonction résidentielle, sont plutôt situés en périphérie de la ville. Ainsi, les cinq tours SNN Clermont, hautes de 135 mètres, sont situées le long de la ceinture périphérique – le Ring Road - au nord de la ville. On assiste aussi à la multiplication des zones récréatives destinées aux nouvelles classes moyennes, à l'image d'Ulsoor Lake, un des lacs les plus centraux. Ses berges ont été aménagées avec promenades, espaces gazonnés et espaces récréatifs (pontons pour pédalo, buvettes…).

Bangalore a hérité de l'époque coloniale du surnom de Garden City du sud de l'Inde du fait de la présence de nombreux espaces verts, encore bien visibles sur l'image satellite. Cette image, associée à l'origine au maraîchage, est devenue un argument de marketing urbain dans un contexte de mondialisation, afin d'attirer des cadres. Ces lacs sont ainsi la cible des promoteurs pour l'installation de résidences haut de gamme. On peut citer le projet Prestige Lake Vista situé au nord du lac Vartur Kere, à 25 km à l'est de la ville.

Une technopole indienne portée par une stratégie volontariste de l'Etat

Comme le montre l’image, plusieurs pôles technopolitains majeurs sont identifiables au nord, à l’ouest et au sud-est de l’agglomération.  A l'image des exemples américains de la Silicon Valley ou israëliens, le centre technologique de Bangalore s'est développé grâce à une industrie militaire pré-existante. Bangalore est en effet historiquement la plus grande garnison britannique en Inde. Sa situation, loin des frontières du nord et du Pakistan, y a favorisé l'implantation des industries aéronautique et militaire.

Un premier pôle de développement se situe autour de l'ancien aéroport dont on distingue clairement la piste au nord d'une grande zone verte, dans la partie sud-est de la ville, au nord du lac Bellandur. Le grand groupe indien Hindustan Aeronauticals Limited (HAD) (cf. zoom n°3) y a localisé ses bureaux, laboratoires et principaux ateliers. A l'opposé, dans la banlieue nord de Bangalore, la ville de Yelehanka est bien repérable du fait de présence de la piste de la base militaire, juste à la lisère nord de l'agglomération. Elle accueille tous les deux ans Aero india, organisé par le Ministère indien de la Défense, l’un des plus grands salons internationaux aéronautiques d’Asie.

Enfin, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la ville apparaît très clairement sur l'image le Kempegowda International Airport (grande tâche rectangulaire blanc-orangée). Il comprend actuellement un terminal et une piste de 4 km. La construction de deux autres terminaux est envisagée.
Inaugurée en 2008, une autoroute urbaine à six voies le relie au centre de Bangalore. Un projet de liaison ferroviaire à grande vitesse a été abandonné et une extension du métro est en développement.

Bangalore dispose aussi d'un solide réseau d'établissements universitaires, pourvoyeurs d'une main d’œuvre qualifiée. L'Indian Institute of Science, fondé en 1906, est la seule université indienne à figurer dans le classement de Shanghai en 2018. Elle est clairement visible sur l'image dans une zone verte à l'ouest de la ville, au sud-est de la forêt Jakarbandi, en forme de croix, désormais intégrée à l'agglomération. Le campus s'étend sur près de 160 hectares au nord du centre de Bangalore, à environ 4 km. L'institut a noué des partenariats avec Boeing, General Electric, Intel, IBM, Microsoft, Nokia, Texas Instruments... L'université de Bangalore et un de ses campus sont également visibles sur l'image à l'ouest de la ville dans une vaste zone verte-marron où l'on peut distinguer des taches plus claires qui correspondant aux bâtiments et équipements sportifs de l'université. C'est la plus grande université d'Asie du Sud.

Le boom des activités informatiques dans le cadre d’une insertion dans la mondialisation

La stratégie de développement informatique de Bangalore a suivi le modèle indien de développement dans le secteur de l'informatique. Dans les années 1970, l'Inde envoie des ingénieurs indiens comme consultants à l'étranger. Ainsi le fondateur d'Infosys, une des plus grandes entreprises indiennes d'informatique travaillait à Paris. A partir des années 1990, se développe un modèle « off shore » : les entreprises étrangères y délocalisent leurs activités les moins qualifiées (maintenance informatique en ligne, saisie de données, comptabilité…). Ce mouvement a même donné une expression aux Etats-Unis, « to be bangalored », pour les salariés qui perdaient leur emploi au profit de l'Inde. A partir des années 2000, se développe la conception de logiciels puis des activités plus poussées dans la recherche et développement. Cet essor a provoqué un retour des ingénieurs informaticiens émigrés aux Etats-Unis ou ailleurs. On peut par exemple citer Sabeer Bhatia, originaire de Bangalore et fondateur de Hotmail, ensuite revendu à Microsoft, revenu en Inde en 2005.

Bangalore bénéficie depuis l'indépendance de l'Union indienne d'une forte impulsion sur le plan politique. En 1962 Nehru affirme dans un discours que Bangalore est une image de l'Inde du futur. Dès les années 1970, Bangalore bénéficie du soutien des politiques publiques avec la création d’« Electronics city » en 1977 à 25 km au sud de Bangalore (cf zoom n°1) le long de la route vers Hosur.

En 2005, une loi créée des zones économiques spéciales (ZES) afin de favoriser le développement de ces township industriels. Les entreprises étrangères sont nombreuses à venir s'installer afin de profiter du gigantesque marché d'Asie du Sud qui compte près d'un milliard et demi d’habitants. Même si l'Inde ne compte « que » 200 millions d'internautes, ce nombre est en forte croissance.

Bangalore serait aujourd'hui le quatrième centre technologique au monde. Elle abrite de grands parcs technologiques comme l'Electronics city (cf zoom n°1), l'International Tech Park ou le Manyata Tech Park. On compte 700 à 800 centres de recherche et développement à Bangalore. L'International Tech park situé à Whitefield (cf. repères) dans la banlieue est de la ville a été créé en 2000 par des investisseurs singapouriens et indiens. Cette zone regroupe de très nombreuses entreprises indiennes et internationales telles que Huawei, Tesco, Cap Gemini, Oracle, Société générale, HP, Dell, Tata, le centre de recherche General Motors… De nombreuses zones résidentielles fermées (gated communities) sont présentes pour accueillir ce nouveau salariat qualifié, aboutissant à une fragmentation spatiale importante. Bangalore abrite aujourd'hui les représentations en Inde de certains des GAFAM (Google et Microsoft). On compte environ 500 start-up dans l'agglomération.

L'implantation des parcs technologiques répond à la logique de développement de zones d'activités dans des périphéries de plus en plus éloignées, afin de profiter du faible coût du foncier. Ils combinent souvent parc d'activités et opérations immobilières privées. Une logique de polycentrisme est à l’œuvre contribuant à un éclatement de la structure urbaine au profit de la constitution d'une grande région urbaine à la gouvernance complexe, qui mêle politiques publiques et initiatives privées.

Les limites d'une ville du sud : sous-équipement, saturation, inégalités et ségrégation

Pour autant, cette dynamique technopolitaine ne doit pas masquer le fait que près d'un quart des 8,5 millions d'habitants de Bangalore vit dans un bidonville. La ville compterait au moins 600 bidonvilles (slums). On peut reconnaître ces quartiers sur l'image en gris-beige, à une structure extrêmement dense du bâti et une absence d'axes de circulation. Le tout aboutit à des processus ségrégatifs très poussés. La division coloniale se retrouve avec une concentration des habitats les plus pauvres dans le nord et l'est tandis que les espaces dédiés aux nouvelles technologies se retrouvent majoritairement au sud et à l'est. Pas moins de 85 % des habitants de Bangalore occupent des espaces pour lesquels ils ne disposent pas de preuve légale de propriété.

La gestion de l'eau constitue un autre problème particulièrement important pour l'agglomération qui aboutit à de nombreux conflits d’usage et à des rivalités hydrogéopolitiques locales et régionales croissantes. Faute de fleuve qui traverse la ville, il faut puiser de plus en plus profond dans les nappes phréatiques, tandis que le nombre de réservoirs de surface est en forte diminution, comme évoqué précédemment. Cela contraint les populations à puiser de plus en plus profondément dans les nappes phréatiques, jusqu'à 600 mètres de profondeur dans la partie est de la ville. Pour répondre aux besoins, la ville de Bangalore pompe l'eau du fleuve Cauvery, situé à une centaine de kilomètres au sud. Cela entraîne des conflits d'usage avec les agriculteurs, mais également avec d'autres Etats fédérés comme le Tamil Nadu, situé en aval. En 2016 ce phénomène a été renforcé par la plus grande sécheresse que le pays ait connu depuis un siècle et demi. Ce phénomène a provoqué des émeutes urbaines au sein de la ville de Bangalore.

Le traitement des eaux usées est de même très imparfait avec seulement un tiers des rejets traités. Cela entraîne une très forte pollution de certains lacs comme le lac Bellandur (cf zoom n°3). En particulier, de forts taux de nitrates et de métaux lourds se retrouvent dans le poisson et les légumes que consomme la population.

Ces difficultés se retrouvent également pour la gestion de l'électricité, du fait d’un potentiel installé trop faible face à une demande croissante et à la vétusté des réseaux. Alors que les quartiers pauvres connaissent de nombreuses coupures ou ruptures d’alimentation, les parcs technologiques et les gated communities sont autonomes et disposent de leur propre système intégré de production et de gestion afin de répondre à leurs besoins spécifiques.

Enfin, malgré leur importance, les infrastructures routières sont également engorgées malgré le développement du métro. La ville a enregistré près de 500 nouveaux véhicules à moteur par jour pendant plusieurs années. Il faut ainsi près d'une heure pour aller d'Electronics City au centre de Bangalore. Ces problèmes touchent également le secteur aérien. Ainsi l'aéroport international est classé au quatrième rang mondial pour les retards (4 vols sur 10 retardés en moyenne).

Dans ce contexte, ces goulets d’étranglement et ses profonds dysfonctionnements métropolitains fragilisent l’essor de l’aire métropolitaine. Dans un contexte très concurrentiel entre territoires, d'autres grandes villes indiennes profitent de la saturation de Bangalore. Hyderabad a ainsi été choisie pour accueillir la première entreprise indienne de biotechnologies, Biocon.

Zooms d’étude


Electronics City, siège de la firme indienne Infosys

Electronics City a été fondée en 1977 et regroupe aujourd’hui près de 200 entreprises sur près de 3,2 km². Elle s'est établie initialement sur les villages de Konappana, Agrahara et Doddathogur. On repère particulièrement bien sur l'image les nombreux bureaux et entrepôts, à leurs toits blancs, localisés au sud de l'autoroute qui se dirige vers Hosur.

Elle abrite le siège de la firme Infosys, et des établissements d’Hewlett Packard (Etats-Unis), Wipro (Inde), Tata (Inde) ou Siemens (Allemagne). La route vers Hosur est complétée par une autoroute surélevée à quatre voies, longue de dix kilomètres. Une ligne de métro devrait être finalisée d'ici 2022.

A l'image des GAFAM étatsuniens, Infosys, installée à Bangalore depuis 1983, a développé un siège monumental et ses 20 000 employés y trouvent des boutiques, des restaurants, des clubs de fitness... C'est l'une des trois grandes entreprises d'informatique indienne avec TCS (groupe TATA) et Wipro, elle aussi basée à Bangalore. Devenue en quelques décennies une puissante firme mondiale, Infosys emploie 225 000 personnes de 129 nationalités dans le monde, dont 90 % sont basés en Inde. Elle développe par exemple pour Airbus des programmes informatiques. Une avenue d'Electronics city porte même le nom d' « Infosys avenue ».



Une ancienne ville coloniale duale

Sur ce zoom est visible au centre le Cubbon park qui séparait les deux parties de la ville coloniale.

A l'ouest, les quartiers informels sont nombreux et reconnaissables à leur trame urbaine très dense et sans voie de circulation visible. Le quartier de Gowripalya, situé sur l'image au sud-est de la gare est un quartier spécialisé dans le recyclage des déchets électroniques. Ceux-ci sont brûlés à l'air libre occasionnant une dangereuse pollution.

A l'est, la trame urbaine est beaucoup plus aérée avec de nombreux espaces verts et des bâtiments plus grands. On retrouve au nord et à l'est du parc de nombreuses institutions comme le palais de justice, les consulats ou de nombreux hôpitaux.


La zone de l'aéroport et la firme d’aéronautique HAL, symbole du développement de la ville et de ses limites

Hindustan Aeronauticals Limited (HAD)  a été créée en 1964 et transférée à Bangalore. Cette entreprise aéronautique dispose d'un vaste complexe productif au nord du HAL Airport, ou Hindustan airport, qui se trouve au sud-est de la partie centrale de la ville, où il est bien identifiable. La piste longue de 3,3 km peut ainsi faire atterrir un Boeing  747.

Il a été le principal aéroport de Bangalore jusqu'en 2008. Utilisé par la Royal Air Force britannique durant la période coloniale, il a été acquis par l'entreprise HAL en 1964 et les vols commerciaux y ont commencé en 1980. En plus des terminaux, reconnaissables à leurs toits bleus, le complexe dispose d'un musée de l'aéronautique, de bâtiments d'entreprise et de bâtiments de conception et recherche-développement. L'entreprise possède même sa propre équipe de football, le HAL sporting club qui a évolué en première division indienne.

Le lac Bellandur, visible sur l'image au sein d'une vaste zone verte, au sud de l'aéroport Hal a pris feu en 2017 suite à la pollution. A la saison des pluies, la mousse du lac, un des plus grands de Bangalore, peut atteindre six mètres de haut et envahit les habitations aux alentours.

A gauche de l'image, à l'ouest de la zone verte en bout de piste se trouvent de nombreux immeubles de bureaux, reconnaissables à leurs toits blancs. Ils abritent les représentations de grandes entreprises américaines comme Microsoft, IBM, McAfee ou Yahoo. La zone abrite également la start-up Redbus, le plus grand site indien de vente de tickets de bus.

Ressources complémentaires

Hortense Rouanet, Aurélie Varel, De Bangalore à Whitefield : trajectoire et paysages d'une région urbaine en Inde, mars 2015, Géoconfluences.

Contributeur

Fabien Vergez, inspecteur d'académie - inspecteur pédagogique régional histoire-géographie, académie de Toulouse.