11 Mai 2019

Saint Pétersbourg, « fenêtre » maritime » de la Russie, « ouverte sur l’Europe » et l’Océan

Fondée par la Tsar Pierre 1er au début du XVIIIème siècle, la ville de Saint Péterbourg est située au fond du golfe de Finlande où elle occupe une situation stratégique. « Fenêtre maritime » d’une immense Russie continentale, elle est un sas d’ouverture sur l’Europe et l’Océan. 2e ville du pays avec 5,3 millions d’habitants, elle est par son histoire, son riche patrimoine et ses dynamiques sociales, économiques et urbaines contemporaines emblématiques d’une Russie en mutation.

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Image de la ville de Saint-Pétersbourg, réalisée par un satellite Sentinel-2, le 9 mai 2018. La résolution de cette image est de 10m.

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Saint Pétersbourg, « fenêtre » maritime » de la Russie,
« ouverte sur l’Europe » et l’Océan.

Une création impériale dans un site stratégique au fond du Golfe de Finlande

Saint Péterbourg est née de la volonté du tsar Pierre Ier de sécuriser la côte et l’accès à la Russie du Nord et aux Grand lacs, d’abord après en avoir délogé les Suédois, par une forteresse en 1703 sur l’île aux lièvres », puis après la victoire de Poltava contre les Suédois en 1709, en fondant une ville en dont les bâtiments devaient être construits en « pierre ».

La ville occupe une situation stratégique au fond du golfe de Finlande, qui ouvre sur la mer Baltique donc sur l’océan Atlantique et à l’embouchure de la Neva. Cette rivière certes modeste (74 kilomètres) est reliée au lac Ladoga, le plus grand lac d’Europe et, par son intermédiaire, au « système des cinq mers » chers aux écoliers soviétiques et russes. Par contre, le site naturel lui-même n’est pas des plus favorables : « désert habité par des bêtes sauvages » pour Voltaire, au climat « Rude et nébuleux » sous un ciel pâle et effacé selon les propres mots de Gogol. En fait, la ville est construite sur un marécage, car les eaux douces de la Neva, au débit huit fois plus important que celui de la Seine, se déversent dans le golfe de Finlande, très peu profond, et gèlent plusieurs mois par an. Ce bouchon de glace, oblige à utiliser un brise-glace pour rendre accessible un chenal vers le port.

La ville, qui comprend 44 îles, est victime d’inondations fréquentes, plus de 260 depuis sa fondation. Pierre Ier - fasciné par Amsterdam, ville qu’il a visitée y compris incognito - confie aux Hollandais le drainage du delta de la Neva. Sur un plan du Français Leblond, il fait bâtir par des milliers de prisonniers de déportés étrangers et de paysans raflés une ville qu’il voulait de pierre, interdisant alors aux autres villes d’utiliser ces mêmes matériaux pendant la construction de ce qui devint la capitale du pays en 1724, un an avant sa mort.

Une ville emblématique

De 75 000 habitants à la mort de son fondateur, la ville ne dépasse en nombre d’habitants Moscou qu’au XIXe siècle. À la veille de la première guerre mondiale, la ville compte 2 millions d’habitants et elle devient le théâtre de la Révolution en 1917. En janvier 1918, le transfert de la capitale à Moscou, rétrograde la ville rebaptisée Petrograd en 1914 puis Leningrad en 1924, à la mort du fondateur du régime soviétique. A cette dernière date elle ne compte plus que 700 000 habitants et n’est plus que la deuxième ville du pays.

Assiégée près de 900 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, par les troupes allemandes et finlandaises, la ville qui comptait 2,5 millions d’habitants résiste et près d’un million d’habitants vont périr des bombardements, de la faim et du froid intense (minimum de -38°C enregistré pendant l’hiver 1941). La ville martyre ne compte plus que 600 000 habitants à la fin du « blokad » et elle est reconstruite, dans certains cas, comme au centre ou pour ses palais, quasiment à l’identique.

La seconde métropole du pays

La ville - qui en 1965 devient ville-héroïque de l’Union soviétique - reste le deuxième foyer de population du pays et jusqu’à la fin de l’Union Soviétique le deuxième centre industriel, marqué par l’importance du complexe militaro-industriel (VPK) et la construction navale. La baisse drastique des subventions de l’État dans les années 1990 et 2000, provoque une crise de l’emploi industriel. La ville - redevenue Saint-Pétersbourg en 1991 - rétrograde de la 2e à la 4e place, en étant dépassée par des centres, pétrolier comme Sourgout ou minier comme Norilsk.

Avec les premières élections municipales en juin 1991 arrive au pouvoir une équipe « libérale » menée par Anatoli Sobtchak (maire de 1991 à 1996) qui veut faire de la ville une interface entre la nouvelle Russie et le monde. Mais cette politique - initiée dès 1990 par un projet de zone franche et voulant renouer avec la fascination des Occidentaux pour la « Venise du Nord » - ne limite aucunement son décrochage par rapport à Moscou. Les entreprises étrangères préfèrent s’installer à Moscou, plus proche du pouvoir central et au carrefour des grandes voies de communications du pays. Saint-Pétersbourg, est une ville d’importance fédérale et la 2e ville du pays avec 5,3 millions d’habitants en 2017. Elle reste néanmoins un centre universitaire (2e de Russie avec 7 % des étudiants du pays) et culturel important en particulier pour l’édition et peut compter sur sa scène rock active dont son groupe porte étendard Leningrad.

La superficie de Saint-Pétersbourg comme sujet fédéral, statut créé en 1993, est de 1.439 km2, mais si on ne considère que la ville elle-même alors ce n’est que 605 km2. Le gouverneur de la ville par intérim depuis 2018, Alexandre Beglov est à la tête de la ville mais aussi du sujet fédéral qui rassemble la ville elle-même, neuf autres municipalités comme Kronstadt, Pavlovsk, Peterhof ou Pouchkine et 21 autres entités municipales.

La croissance urbaine et ses modalités

À partir de l’implantation originelle d’une forteresse, sur « l’île aux Lièvres », de l’Amirauté sur la rive sud de la Neva et « de la maisonnette de Pierre » sur l’île de Petrogradski, la ville s’est d’abord développée sous Pierre le Grand en deux grandes implantations. Premièrement, un centre-ville sur l’île Vassilevski qui obéissait à un plan orthogonal, avec des « lignes » qui rappelleraient le tracé de canaux, un jour visiblement envisagés. Deuxièmement, l’île Petrogradski censée accueillir les résidences des grands nobles de la Cour sommés de s’installer dans la nouvelle capitale.  

Mais à la fin du XVIIIe siècle, c’est à partir de l’Amirauté que sont tracés trois grands axes, dont la célèbre perspective Nevski. C’est sur cette rive sud que le centre-ville se localise à partir de l’ensemble des palais, dont le Palais d’Hiver, du complexe de l’Ermitage. A la fin du XVIIIe, la ville s’étend jusqu’au canal Fontanka et les constructions des bâtiments uniquement en pierre doivent obéir à un cahier des charges strict (hauteur des bâtiments, style, couleurs) qui donne encore aujourd’hui l’impression de visiter une ville-musée, dans laquelle plus de 8 000 édifices sont classés.

Ce n’est qu’au milieu du XIXe que le cahier des charges s’allège avec la possibilité d’utiliser des briques et du métal et de varier les styles de construction. Les centres industriels sont construits au-delà du canal Obvodny et les gares sont installées dans ce péricentre ; de la Gare de Vitevsk (1837) qui voit le premier chemin de fer de la Russie relier Saint-Pétersbourg à la résidence des tsars Tsarskoe Selo aujourd’hui Pouchkine à la gare de Finlande au nord de la ville (1870). La population se loge près des grandes zones industrielles.

Après la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), la ville - en partie détruite par les bombardements et le blocus - est restaurée et développée. Les années 1950 voient la construction, selon un plan radial recoupant les grandes avenues partant du péricentre, d’immeubles de 5 ou 6 étages avec ascenseur, eau–chaude, chauffage urbain et vide-ordure. Vers la fin de la décennie, le mouvement de construction continue mais avec une industrialisation des matériaux et de la construction.

Le dernier plan soviétique de la fin des années 1980 prévoyait une extension de la ville vers le front de mer avec une nouvelle « ceinture » de constructions reliant les extrémités nord et sud du golfe de Finlande, avec des nouveaux micros quartiers composés de grandes barres de 12 étages et de tours de 18 étages. Le développement résidentiel continue actuellement de manière moins centralement planifiée, le centre est relativement préservé même si dans certains cas la restauration d’immeubles anciens est remplacée par la reconstruction de nouveaux immeubles.

Saint-Pétersbourg garde un rôle politique national, néanmoins mineur avec le siège de l’Assemblée parlementaire de la Confédération des Etats indépendants et la Cour constitutionnelle fédérale. Avec l’arrivée au pouvoir central en 1999 de Vladimir Vladimirovitch Poutine, originaire de « Piter » surnom de la ville pour ses habitants, et ancien conseiller d’Anatoli Sobtchak, la politique d’investissement et de rénovation de la ville s’est amplifiée. Mais Saint-Pétersbourg ne reste que « la plus importante des métropoles régionales russes » selon Denis Eckert.


Zooms d’étude


Le quartier universitaire et intellectuel

Cette vue du centre permet de voir la pointe de l’île Vassilevski avec un ensemble de musées comme celui de la flotte militaire, le Kunskamera ou Musée d’Ethographie ou d’Anthropologie et l’Université de Saint-Pétersbourg. Cette île, avec ses lignes orthogonales avait été pensée par Pierre Ier comme le centre de la ville.

Sur la rive gauche on reconnait le siège de l’Amirauté entouré du parc d’Alexandre, on devine le tracé des trois grandes avenues de la ville construite à la fin du XVIIIe siècle avec la perspective Nevski (la plus à l’est), au centre la rue Gorokhovaia et à l’ouest la perspective Voznessenskiy. Toujours sur cette partie de la ville serpente le canal de la rivière Moïka, et le canal Griboedov dont on voit un méandre, à l’est de celui-ci on peut distinguer le conservatoire de Saint-Pétersbourg et le théâtre Marinski.

On voit sur la rivière Moïka, un peu avant qu’elle se jette dans la Neva, l’île de la Nouvelle Hollande, où Pierre Ier  installa un chantier naval, puis l’île propriété de l’Amirauté. Celle-ci resta fermée au public jusqu’en 2010 date à laquelle une entreprise de Roman Abramovitch obtint le marché de la rénovation pour transformer l’île en espace muséal et récréatif sur le modèle du parc Gorki de Moscou.


Le quartier du port

La tour du Lakhta Center du groupe Gazprom

On voit sur l’image au nord, au milieu de l’image, la tour du Lakhta Center. D’une hauteur 462 mètres, elle devient le premier supertall building, c’est-à-dire un édifice de plus de 300 mètres de la ville, premier gratte-ciel d’Europe et 13e du monde. Elle est construite pour l’entreprise gazière Gazprom qui veut y transférer son siège social, aujourd’hui à Moscou. Cette construction dépasse de 88 mètres la Tour de la Fédération, achevée à Moscou en 2017. Le projet initial, commencé en 2006, devait la localiser plus à l’intérieur de la ville, à Nyenskans près du site de l’ancienne forteresse des Suédois. Mais devant les protestations d’habitants qui craignaient une détérioration du centre-ville inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 1990, la tour a été finalement construite au Nord-Ouest.

Ses fondations ont été enfouies jusqu’à une profondeur de 82 mètres et l’édifice doit résister à la pression de vents pouvant souffler jusqu’à 136 km/h au sommet. L’entreprise héritière du ministère soviétique de l’industrie gazière fondé en 1965, devient en 1989 un konzern d’État puis en 1993 une entreprise par actions dont l’État russe possède plus de 50 % des actions. L’entreprise produit 90 % du gaz russe qu’elle exporte en autres vers l’Europe, en mer Baltique elle participe à hauteur de 51 % au gazoduc sous-marin Nord Stream.

En haut à droite, on peut voir le nouveau stade du Zenit, le club fétiche de la ville, club dont la couleur est bleue comme celle du logo de son propriétaire depuis 2005 et sponsor Gazprom. Le stade appelé Gazprom Aréna de près de 70 000 places a été construit sur l’île Krestovski, à la place de l’ancien stade Kirov. Inauguré en 2016, il a coûté plus d’un milliard de dollars, ce qui en fait un des stades les plus chers et les plus modernes du monde. Pendant la coupe du monde de football de 2018, il a accueilli sept matches dont la demi-finale France-Belgique et le match pour la 3e place.

Terminal passagers et développement touristique

Au centre de l’image, on peut voir le terminal passagers des bateaux de croisières, au bout de l’île Vassilevski. Il s’agit du nouveau port de croisière de la ville construit à la fin des années 2000, en partie sur des terrains gagnés sur la mer. Officiellement inauguré en 2011, il comporte 4 terminaux et peut accueillir ferries et navires de croisière jusqu’à 330 mètres de long.

Ces nouvelles infrastructures et un régime sans visa pour les séjours de moins de 72h ont permis à St Pétersbourg de devenir une destination recherchée pour les croisiéristes. Le port a vu accoster 225 paquebots en 2015 et débarquer 457 000 passagers en 2016.

L’importance des activités portuaires de la principale interface maritime de la Russie

En bas de l’image, nous pouvons remarquer un ensemble de quais et de bassins du port de la ville, on peut distinguer au sud de la voie rapide deux quais à conteneurs et un quai consacré aux entreprises de construction automobile. La voie rapide à péage Rocade express ouest (ZCD) - qui désenclave les extrémités des différentes îles de Kretovski, Vassilevski et le port – est construite entre 2005 et 2016. Elle permet de diminuer les embouteillages endémiques de cette partie de la ville. Cette rocade de 46 km est reliée au boulevard périphérique extérieur KAD (A118) long de 142 km qui entoure toute l’agglomération et relie les différentes autoroutes, ou magistral, se dirigeant vers la Finlande, l’Estonie, Moscou et le nord du pays.

Cette vue ne couvre qu’une partie du grand Port de Saint Pétersbourg, un ensemble de 149 quais et d’une superficie de 745 ha. Cet ensemble portuaire possède un trafic de près de 60 millions de tonnes en 2018, c’est-à-dire proche de son maximum de 61,2 en 2016 et près de deux fois plus qu’en 2000 (32 millions de tonnes) et trois fois plus qu’en 1997 (20,5). Le port fait partie - avec ses avants ports de Vysotsk, Primorsk et Oust-Louga - de la principale interface maritime de la Russie.

Les ports de Vysotsk et Primorsk sont principalement des ports pétroliers, le premier lié à l’entreprise Lukoil, le second construit par Transneft, et le dernier consacré au commerce des grains, du charbon et du pétrole. Le trafic du port de Saint Pétersbourg concerne les conteneurs (43 % du tonnage), les métaux (25 %) et les produits pétroliers (15 %). Le trafic de conteneur est en forte croissance, en passant de 175 à 800 000 EVP entre 1998 et 2004, ce qui en fait le premier port de la façade baltique devant Riga (Lettonie) et Klaipėda (Lituanie). Le port de Saint-Pétersbourg - dont le trafic global avait souffert de l’éclatement de l’URSS, et de la concurrence des ports de Tallin (Estonie) ou de Ventils (Estonie) - a réussi avec ses avant-ports aux infrastructures modernisées à récupérer ses parts de marchés. Par contre la nature des échanges a été modifiée : d’un port à 80 % importateur en 1990, il est devenu depuis le milieu des années 2000 essentiellement exportateur.


L’aéroport, les habitats collectifs et les zones industrielles

On voit très bien sur cette photo des limites sud de la ville les différentes fonctions des espaces périphériques. A droite de l’image se trouve l’aéroport Pulkovo (LED) situé à 17 km au sud du centre-ville. Ouvert en 1932, il est le 4e aéroport de Russie avec un peu plus de 18 millions de passagers par an. Reconstruit jusqu’en 2014, il rassemble avec ses deux terminaux l’ensemble des vols internationaux et nationaux de la ville et de la Région de Leningrad.

Au-dessus, on voit le KAD, le boulevard périphérique extérieur et les grands axes : la chaussée de Pulkovo (M20) qui mène vers Pskov et à la Lettonie, celle de Moscou (M10) et la nouvelle voie (en ocre sur la photo) qui dessert Pouchkine. La route de Moscou traverse Chouchary, une ancienne zone de maraichages aujourd’hui transformée en plateforme logistique et en zone d’assemblage d’automobiles étrangères.

Au nord de cet ensemble, on remarque le quartier de Frouzé, un quartier fortement arboré d’habitat collectif. Il est composé soit de grandes barres de 12 étages avec des magasins en bas des immeubles, soit d’immeubles plus petits et plus anciens de 5 étages les « khroutchevski », du nom de Nikita Khrouchtchev qui avait lancé le programme de construction de ses immeubles bon marché.


Parcs et palais

Du fait de son passé impérial, la ville de Saint-Pétersbourg dispose d’un très riche patrimoine historique qui en fait un des grands lieux du tourisme national et international attirant chaque année des millions de visiteurs.

Au sud-ouest et au sud, on voit les palais de Peterhof (sur la Baltique), de la ville de Pouchkine (quart haut et gauche de l’image) et de Pavlovsk (quart bas et droite), avec le palais de Paul Ier et son parc de la fin du XVIIIe. Peterhof, palais décidé par Pierre Ier, se voulait plus beau que Versailles et rendait hommage à Neptune, d’où la très forte présence de fontaines, cascades et canaux dans le parc. Le palais et ses jardins longe le golfe de Finlande à 25 kilomètres au sud-ouest du centre-ville.

À une vingtaine de kilomètres au sud du centre-ville se situe Pouchkine, connue comme « l’ancien Versailles des tsars ». Construit par Catherine Ière près du bourg de Saari (île en finnois), il est devenu Sarskoïe Selo en 1710 altéré en Tsarskoïe Selo (village des Tsars) puis en 1918 Dietskoe Selo (village des enfants) avant d’être enfin rebaptisé en 1937 Pouchkine pour le centenaire de la mort de l’écrivain Alexandre Pouchkine, ancien étudiant du lycée impérial de la ville.

La ville compte aujourd’hui plus de 100 000 habitants et continue à s’étendre. A gauche de l’image, on peut remarquer l’aérodrome militaire de Pouchkine. De nombreux touristes viennent visiter le Palais de Catherine. De style baroque, il est construit au milieu du XVIIIe par Rastrelli au centre d’un parc de cent hectares avec ses nombreuses « folies » et le palais Alexandre de style néoclassique édifié par Catherine II à la fin du XVIIIe siècle. Celui-ci fut la dernière résidence officielle de Nicolas II et de sa famille avant leur transfert dans l’Oural.

La ville de Pavlovsk (18 000 hab.), au sud-est de Pouchkine, est connue pour son parc vallonné de près de 600 hectares et son château. Il est édifié par l’architecte écossais Cameron dans un style néo-palladien à la fin du XVIIIe siècle pour Catherine II en l’honneur de son fils Paul. La ville est prisée pour ses cottages et ses résidences et 1,5 millions de touristes visitent Pavlovsk chaque année.


Cronstadt et le barrage de Saint-Pétersbourg

Sur l’image on voit l’île de Kotline, reliée depuis 2011 par deux digues au nord et au sud de la baie de l’embouchure de la Neva dans le golfe de Finlande. Pierre le Grand fonde en 1710 la ville fortifiée de Kronstadt, après avoir pris l’île aux Suédois en 1703. Forteresse avancée de la ville, c’est une base militaire importante pour la flotte de la Baltique. Les marins de la flotte participent aux mouvements révolutionnaires de 1905, de 1917 et se soulève en 1921 contre le pouvoir bolchevik. Longtemps ville-fermée, à cause de son statut de base militaire, elle fait maintenant partie des lieux touristiques fréquentés d’autant plus que ses 45 000 habitants sont reliés dorénavant par la route au reste de la ville.

On voit bien sur l’image le barrage de Saint-Pétersbourg. Cette construction commencée en 1979 et relancée dans les années 2020 est achevée en 2011. Elle vise à protéger Saint-Pétersbourg des inondations en permettant aux eaux de la Neva de s’écouler sans encombre dans le golfe. La digue de 25 km de long et 8 mètres de hauteur comporte deux passes navigables visible sur l’image. Cette construction a été très fortement contestée à cause des risques environnementaux sur la stagnation de l’eau et son appauvrissement.

Au sud de la digue on peut voir en bas à gauche de l’image, le port de Bronka, avec son terminal moderne de conteneurs créé en partie sur la mer. C’est la limite sud-ouest de Saint Pétersbourg

D’autres ressources : références ou compléments

Roger Brunet, Géographie Universelle. Europe Orientale, Russie, Asie centrale, Belin-Reclus, Septembre 1996 p. 208 et s.

Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, Armand Colin, 2010, p. 314.

Denis Eckert, Le Monde russe, Hachette, 2007, p. 159. (dernière édition 2012).

Sites sur le port et ses activités

http://www.rosmorport.ru/filials/spb_seaports/

https://www.pasp.ru/arhiv

Contributeurs

Christophe Barthelemy et Marina Pankratova,  Lycée Alexandre Dumas de Moscou. 

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