Clermont-Ferrand : une métropole ambitieuse, entre atouts, renouveau et lacunes

Au cœur du département du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand est la principale métropole du Massif Central. Elle valorise un site de contact entre la chaîne des Puys à l’ouest et la plaine de la Limagne à l’ouest. Longtemps associée à la firme internationale Michelin (pneumatiques), c’est aujourd’hui une métropole diversifiée et une « ville paradoxale ». Perçue comme peu attractive, elle domine pourtant les villes petites et moyennes alentour et connait un certain renouveau. Mais elle doit repenser sa place dans le cadre de la nouvelle Région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Présentation de l’image globale : Clermont-Ferrand : une métropole moyenne au cœur du Massif centrale

Une métropole forte de son histoire au contact entre plaine et montagne

Comme le montre l’image, Clermont-Ferrand s’est établie au contact de la montagne à l’ouest, dont ne sont visibles ici que les derniers contreforts, et la plaine de la Limagne à l’ouest. Elle est, selon Christian Jamot, « une ville de plaine, en situation de contact et de carrefour ». A l’ouest, les hauts plateaux granitiques perchés à 1 000 m. sont dominés par un important appareil volcanique, la Chaîne des Puys. Elle culmine au Puy de Dôme à 1 465 m. qui se trouve hors cadre à 15 km plus à l’ouest mais dont la silhouette domine toute l’agglomération. A l’est s’étend la Limagne, une grande plaine et un riche bassin agricole en position d’abri qui occupe un vaste bassin d’effondrement tectonique (- 2 700 m. à la hauteur de Clermont) de 90 km de long et de 15 à 40 km de large.

Le contact entre la montagne et la plaine, sur lequel s’étend une partie de l’agglomération, est constitué d’un vaste champ de failles constituant une succession de gradins topographiques. Le site d’origine de Clermont Ferrand est celui d’une basse butte volcanique dominant la plaine. La ville s’est ensuite étendue sur les buttes et les plateaux à l’ouest, la plaine de la Limagne à l’est.

L’histoire de Clermont remonte à l’Antiquité, elle est la capitale de l’Auvergne depuis la fin du Ier siècle avant notre ère. La ville même de Clermont-Ferrand est née de l’union de deux villes médiévales voisines et concurrentes : la ville de Clermont, ville épiscopale, et la ville de Montferrand, ville comtale, grâce à deux édits royaux. Le premier, dit édit d’union ou édit de Troyes, date de 1630 sous Louis XIII ; le second, imposant de façon effective la fusion administrative, date de 1731, sous Louis XV.

Le caractère « industriel » de Clermont-Ferrand tient au poids et au rôle spécifiques de la firme Michelin, dont elle est le berceau historique.  Celle-ci a participé, comme acteur de l’urbanisation, à l’extension spatiale de la ville à la fin du XIXe siècle. Le caractère paternaliste de l’entreprise apparaît encore dans la géographie de Clermont, et notamment dans certains lieux de vie (voir zoom 3).

Une agglomération dynamique aux contrastes sociaux et spatiaux encore marqués

L’image couvre une zone englobant la ville-centre de Clermont-Ferrand, et une partie des communes appartenant à Clermont Métropole Auvergne. L’image témoigne de la densité du bâti et des nombreuses fonctions métropolitaines de Clermont, tout comme des fortes disparités existantes. On y oppose de façon classique l’est à l’ouest.

L’ouest est constitué de la retombée du plateau qui domine la ville sur le vaste amphithéâtre qu’occupe Clermont-Ferrand. Les pentes y sont importantes, la vue vers l’est souvent dégagée malgré l’importance des bois ou forêts. On entre ici dans le Parc Naturel Régional (PNR) des Volcans d’Auvergne. Cet espace, dominé par une structure pavillonnaire, est le lieu de résidence privilégié des classes moyennes et favorisées.

A l’est, l’urbanisation qui s’étend dans les terrains plats de la plaine, est par contre continue. Elle accueille les zones d’activités, les grands ensembles et un pavillonnaire de type ouvrier. Elle s’étend du quartier des Cézeaux, entre Aubière – où se situent les grandes zones commerciales (hors image) - et Clermont. Au sud, de Clermont Nord vers le quartier Champratel-La Plaine, autour du stade municipal Leclanché et d’un grand centre commercial (ensemble gris), présents de part et d’autre du boulevard Etienne Clémentel, qui fait le lien entre Clermont et Riom. A l’extrême Nord du document, on entrevoit le stade Gabriel Montpied, dévolu au football, utilisé par le club du Clermont Foot 63 et desservi notamment par la ligne A du tramway.

En haut de l’image, la partie centrale correspond à la zone des côtes de Clermont où se situe le site des Côtes, le poumon vert de l’agglomération. On y trouve le plateau de Chanturgue (551 m), une forme ronde qui se détache du plateau sur laquelle demeurent encore quelques éléments du vignoble des côtes d’Auvergne. A l’ouest s’étend le plateau du Puy de la Mouchette (580 m). Plus inséré dans la ville, témoin de l’interpénétration entre bâti et « espaces verts », le parc de Montjuzet est un lieu de détente de 26 hectares, installé sur une butte au nord de Clermont, à 486 mètres d’altitude.

Une grande aire urbaine au cœur du Massif central

Son aire urbaine compte 473 000 habitants (4ème rang régional) et regroupe 34,5 % de la population auvergnate. Elle s’étend sur 185 communes et 2.420 km2, de la chaîne des Puys à l’ouest aux contreforts du Livradois à l’est, avec en son centre la riche plaine agricole de la Limagne. Créée le 1er janvier 2018, Clermont Auvergne Métropole (CAM) rassemble 21 communes et 284 672 habitants. La situation démographique de l’agglomération s’améliore depuis 1990, à l’image de la métropole, grâce à un solde naturel positif.

La ville de Clermont-Ferrand reste associée à la firme internationale Michelin qui y emploie plus de 13 000 personnes. Souvent qualifiée de ville industrielle, et même « noire », Clermont-Ferrand est pourtant une métropole au profil économique et social de plus en plus diversifié.

On y trouve de nombreuses fonctions administratives et d’Etat (activités militaires, administratives et judiciaires) mais aussi religieuses et commerçantes. Au plan sportif, la culture du rugby est bien ancrée avec l’ASM Clermont Auvergne au stade Marcel-Michelin. C’est aussi un important pôle régional d’enseignement, de formation et de recherche. Cette métropole est une « ville paradoxale » : perçue comme peu attractive, elle domine pourtant les villes petites et moyennes alentour mais doit repenser sa place dans le cadre de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes.

Une métropole encore enclavée mais puissant nœud autoroutier

Clermont demeure une ville dont le désenclavement n’est pas encore totalement réalité du fait en particulier des carences du système ferroviaire avec l’absence de liaisons rapides et fiables vers Paris au nord ou Lyon à l’est. L’aéroport d’Aulnat, à l’est de la ville-centre, hors cadre, demeure modeste (400 000 passagers par an). Cependant, c’est un important noeud autoroutier avec trois grandes autoroutes dans l’aire urbaine : l’A 71 en liaison avec Orléans, l’A 89 reliant Lyon à Bordeaux et l’A 75 en direction de Béziers.

A l’échelle de l’agglomération, la desserte est assurée par un réseau de bus important et, dans la ville-centre, par un tramway. Première ville française à avoir été dotée d’un tramway électrique en 1890, Clermont a choisi en 1956 de le remplacer par des bus. Le choix du retour au tramway, mis en service en 2006, permet à la métropole de s’orienter vers une ville plus durable et de redynamiser certains secteurs au nord : le quartier des Vergnes-Champratel et le stade Gabriel-Montpied sont accessibles grâce à l’extension de 2013.

Renouvellement et valorisation patrimoniale

Clermont-Ferrand choisit de se renouveler en s’appuyant sur ses atouts patrimoniaux.  La ville compte de nombreux équipements culturels : musée des Beaux-Arts Roger-Quilliot (MARQ), à Montferrand, musée Bargoin, consacré à l’archéologie et aux textiles, et musée Henri-Lecoq, autour de l’histoire naturelle, des sciences et des techniques, situés tous deux dans le centre-ville.

De nombreux événements culturels y ont lieu : Festival international du court-métrage, Rendez-vous du carnet de voyage, Festival international d’arts numériques, Festival de musiques actuelles européennes Europavox, Fêtes médiévales de Montferrand.
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Zooms d’étude


Clermont : centre historique et quartier de Jaude

Le centre reflète l’histoire, la mémoire et les mutations de la ville. Au nord-ouest - au-delà de la ligne de tramway (passant sur l’avenue des Etats-Unis et correspondant à une partie de l’enceinte du XIVe siècle) - le quartier de Fontgiève est un des plus anciens quartiers de la ville. Faubourg juif au Moyen-Âge, devenu hôpital général en 1657 destiné à l’enfermement des pauvres, le quartier est aujourd’hui celui du nouveau Palais de justice datant de 1992.

La place de Jaude : le cœur de la ville
 
La place de Jaude (grand rectangle clair à l’ouest) est le véritable cœur de Clermont. L’arrivée du tramway en accélère la métamorphose  : piétonnisation, mise en lumière nocturne de la place et des façades des anciennes galeries de Jaude et de l’Opéra-Théâtre (fin du XIXe siècle, restauré en 2013). La statue de Vercingétorix, de Bartholdi, au nord, et celle de Desaix (général de Bonaparte) au sud présentent deux figures historiques auvergnates. Le Centre Jaude et le centre commercial Jaude 2 au sud de la place (zones en gris) et les cafés et restaurants en font un important pôle commercial et culturel qui est cœur du réseau de transports intra-urbains de bus et tramway.

Centre historique et atouts patrimoniaux

Une autre place est visible au cœur du centre historique : la place de la Victoire, avec la statue du pape Urbain II qui appela à la première croisade, jouxtant la cathédrale gothique en pierre de Volvic, sur le plateau central. Cette zone est un atout patrimonial indéniable de la ville valorisé par un réseau de rues piétonnes. A proximité de la place Delille, la basilique romane Notre-Dame-du-Port, datant du XIIe siècle, est bien reconnaissable par son chevet et est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Le quartier central regroupe des fonctions politiques comme la mairie (grand bâtiment au nord-est de la cathédrale) et la préfecture (zone grise au sud-est de la place de la Victoire), des fonctions culturelles au sens large : cathédrale gothique, église romane, la Jetée, centre de documentation du cinéma et du court métrage, bâtiment marron au sud-ouest ; musée, bibliothèque à l’est du rond-point où se situe l’« obélisque », en réalité une fontaine dite de la Pyramide, hommage à Desaix, monument historique depuis 1992.

Des chantiers de rénovation urbaine favorisant les fonctions universitaires

Au sud de cette zone, un autre quartier est organisé autour d’un espace vert majeur : le jardin Lecoq, qui s’étend sur trois hectares et jouxte le Rectorat. Face à ce dernier, l’Hôtel Dieu est en pleine reconversion (résidences étudiantes, logements privés).

Au sud-est du jardin Lecoq, de part et d’autre du viaduc Saint-Jacques, se trouve un important pôle universitaire (facultés de lettres, droit et sciences économiques). A l’est, un grand boulevard, le cours Sablon, est prolongé par le boulevard Trudaine en direction de la place Delille (au nord-est). Très fréquenté, il présente de beaux immeubles et la Banque de France (rectangle vert). Au sud-ouest du zoom, la place Gambetta comprend un espace de parking, sur l’ancienne gare routière, qui est le lieu de départ et d’arrivée des autocars de grandes lignes.


L’ouest : un espace privilégié, résidentiel et thermal

La valorisation des pentes par les fonctions résidentielles aisées et les thermes

Vers l’ouest s’étendent successivement du sud au nord les communes de Ceyrat, Royat, Chamalières (18 300 hab. sur 4 km2) et Durtol. Cet espace se caractérise par de fortes densités de populations (720 hab./km2 à Royat, plus de 4 600 hab./km2 à Chamalières) et par la présence de populations aisées. Chamalières est ainsi souvent nommée le « Neuilly-sur-Seine » clermontois. La zone, classiquement perçue comme « la plus riche » de l’agglomération, est montée à l’assaut des plateaux (Orcines, Chanat, hors de l’image). Pour autant, la zone n’est pas exempte de contrastes socio-spatiaux internes marqués.

Chamalières est une importante cité résidentielle. Au sud du cimetière, on distingue la ville-centre, la mairie et son parc arboré, le parc Montjoly. Le bâti correspond à des immeubles de taille modeste et à des maisons individuelles. Les quartiers les plus riches, correspondant à des maisons bourgeoises, se situent davantage en hauteur, sur les hauts de Chamalières, le long de la D 944 (avenue thermale, grande voie de circulation omniprésente sur l’image) et au-delà. Les services éducatifs, publics ou privés, sont bien représentés, dans la ville-centre, et à l’ouest, par un ensemble de bâtiments gris, à l’orée de la forêt, avec en particulier le lycée public général, des métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. La gare, visible au sud de la ville, est commune à Royat et Chamalières : créée en 1881 afin de desservir la station thermale, elle est inscrite depuis 1994 au titre des monuments historiques.

La station thermale de Royat-Chamalières

Le patrimoine lié au thermalisme est un atout majeur : vestiges des thermes romains classés au patrimoine historique dès 1889, établissement thermal actuel, casino de Royat-Chamalières et viaduc ferroviaire, qui enjambe le quartier thermal, à l’ouest de la gare. Le viaduc est mis en lumière la nuit, dans un souci d’embellissement et de durabilité (utilisation de luminaires à LED).

Le parc thermal est situé de l’autre côté de la place, avec des thermes de 1856 et la buvette « Eugénie », du nom de l’impératrice venue avec Napoléon III en 1862. C’est là - organisé autour de la place Allard, dont le rond-point apparaît sur l’image - que se trouve le seul hôtel cinq étoiles d’Auvergne, auprès duquel la Tiretaine, rivière de l’agglomération, est bien mise en valeur, offrant un lieu de « recréation ».

Vieille ville thermale, Royat cherche à attirer de nouvelles clientèles avec la construction du centre thermoludique, Royatonic (bâtiment de forme ronde, jouxtant l’hôtel précité). La station joue la carte de « station thermale de pleine santé », liant thermalisme et tourisme autour du concept de « régénération ».

Le rôle des parcs dans la valorisation de l’espace urbanisé

Le parc Bargoin - grande zone arborée de forme ovale, au sud-est de la ville ; à ne pas confondre avec le puy de Montaudoux, culminant à 589 mètres, à Ceyrat, à l’extrême sud-est de notre image – est un parc de 7,5 hectares légué par son propriétaire éponyme au département. C’est un espace de promenades et de découverte botanique.

Au nord-est, le parc de Montjuzet est installé sur une butte à 486 mètres d’altitude. Ce parc de 26 hectares, est très fréquenté par les Clermontois pour le point de vue qu’il offre sur la ville et ses alentours et pour le dépaysement qu’il permet, notamment grâce au jardin méditerranéen.


La « ville Michelin » ? De la gare à Clermont-Nord

Le zoom est centré sur Montferrand et les quartiers Nord, un espace dans lequel Michelin a joué et continue à jouer un rôle prépondérant. Il permet de différencier, du sud au nord, divers éléments fondamentaux.

Gare ferroviaire et fonctions régaliennes

La gare ferroviaire, de taille moyenne, inaugurée en 1855, est pénalisée par l’absence de ligne de tramway. Le 92ème régiment d’infanterie (bâtiments rectangulaires disposés autour d’une cour centrale) se trouve à l’arrière de la cité administrative. Les espaces grisés et les espaces rayés correspondent à l’hôpital d’Estaing, ouvert en 2010, remplaçant l’Hôtel-Dieu (zoom 1), et ses parkings ainsi qu’à l’UFR d’odontologie.

La « ville Michelin », entre héritages et métamorphoses

Plus au Nord, de l’autre côté de l’avenue de la République, qui relie Clermont et Montferrand, se trouvent le stade Marcel-Michelin (1911) et l’espace « l’Aventure Michelin », qui sert de vitrine au groupe. Ils sont au cœur d’un quartier dominé par les usines Michelin du site de Cataroux, né en 1919. Rénové, le stade peut accueillir désormais jusqu’à 20 000 personnes et accueille l’ASM Clermont Auvergne (rugby).

Le développement de Michelin explique l’urbanisation de l’avenue de la République dès la fin du XIXe siècle. Au nord-est du stade, les maisons mitoyennes des cités Michelin, témoignent de ce passé.

 Si Michelin tombe de 30 000 à 12 500 salariés en vingt ans, la firme garde un rôle de premier plan dans le tissu et le système productif clermontois. 70 % de ses salariés travaillent dans les fonctions de recherche, d’innovation et de gestion, qui sont un des leviers du statut métropolitain de l’agglomération. La réorganisation du site des Carmes (non visible sur le zoom, à l’ouest de la place du 1er Mai et du cimetière des Carmes) montre tout à la fois l’ouverture de l’entreprise « à la ville et au monde » et fait appel à partenariat public/privé : il s’agit de créer un nouveau-centre d’une ville durable.

 Sur la place du 1er Mai (zone jaune clair), Polydôme, centre d’expositions et des congrès de la ville, et la coopérative de Mai, salle de concerts, mettent en exergue le dynamisme culturel de Clermont. La place du 1er Mai est une esplanade qui connaît nombre d’événements, du départ des grandes manifestations syndicales au « sable show » organisé l’été sur le modèle de Paris-Plage.

Le vieux  quartier de Montferrand

Le quartier de Montferrand, le plus « authentique » de la métropole, est aisément reconnaissable. Il bénéficie de nouvelles dynamiques grâce au tramway desservant notamment le Musée des Beaux-Arts (bâtiment au nord-est du quartier) faisant face à l’Hôtel de Région (bâtiment gris).

La fusion des Région Auvergne et Rhône-Alpes a entraîné un changement fonctionnel du bâtiment : aujourd’hui, l’ancien Hôtel de Région accueille le Bivouac, camp de base de startups du numérique en Auvergne. Le souhait d’innovation et de redynamisation du quartier est réel. Montferrand s’appuie aussi sur ses atouts patrimoniaux forts : remparts médiévaux, maisons médiévales, église, hôtels particuliers Renaissance.

« Michelin ville » et ses zones résidentielles

Au nord, la D 2009, reliant Clermont et Riom, et un grand espace commercial séparent deux quartiers : la quartier Croix de Neyrat, au nord-ouest, et le quartier de la Plaine, au nord-est, prolongé par Champratel, né dans les années 1970. C’est en raison d’une pratique paternaliste de Michelin que Clermont-Ferrand a été nommée « Michelin-ville » : la cité de la Plaine en est l’archétype.

Sur cette zone marécageuse de 45 hectares ont été construits, à partir de 1925, quelques 1.176 logements. L’habitat est individuel, mais les maisons sont groupées par quatre et quelquefois par deux. On distingue le plan quadrillé, marqué par l’uniformisation.  Le nom des rues se réfère aux valeurs morales et religieuses promues alors par l’entreprise : rue de l’Espérance, du Courage, de la Charité...

Le quartier de Croix de Neyrat est caractérisé par de grands ensembles mais également par des ensembles pavillonnaires, identifiables sur l’image. Le quartier de Champratel (hors image), renommé « La Grande Plaine », est en plein renouvellement urbain : un nouvel écoquartier y est en construction.


 Le sud-est : fonctions hospitalières, universitaires et résidentielles

Le zoom s’étend de part et d’autre d’un axe de circulation important, la D 771. Au sud de ce boulevard, deux ensembles sont visibles : un vaste ensemble hospitalier lié aux facultés de médecine et pharmacie, à proximité du cimetière de Saint-Jacques et, plus à l’est, un vaste ensemble universitaire, situé sur la commune d’Aubière, dévolu aux sciences et technologies ainsi qu’à de Grandes Ecoles (bâtiments gris et terrains de sport). Au nord-ouest du zoom, à proximité du centre-ville de Clermont, se trouvent l’École de Droit et l’UFR de lettres, langues et sciences humaines.

Les opérations de rénovation urbaine

Les espaces résidentiels de trois quartiers majeurs, d’ouest en est, se distinguent : Saint-Jacques avec son paysage urbain de grandes tours, Neuf Soleils et l’Oradou. Saint-Jacques, qui compte 43 % de logements sociaux HLM, est le quartier de Clermont le plus peuplé avec 14 000 habitants et l’un des plus jeunes.

Reconnu « fragile socialement » par les autorités politiques, souffrant d’une image négative, il fait partie d’un projet de rénovation urbaine ayant pour objectif de renforcer l’attractivité du quartier, par sa proximité avec le centre-ville (destruction prévue d’une barre d’immeubles de huit étages, longue de 320 mètres, nommée « la muraille de Chine »).

Le quartier des Neuf Soleils est un quartier résidentiel fait de logements collectifs et d’habitat individuel. Le quartier de l’Oradou, également résidentiel mais très prisé, permet un accès rapide au centre-ville et aux voies de sortie de l’agglomération.

Les nouveaux pôles universitaires, de recherche et de santé

L’UCA – Université Clermont Auvergne – est née en janvier 2017 de la fusion de l’Université Clermont I, université d’Auvergne et de l’Université Blaise Pascal (écrivain né à Clermont), université Clermont II. Elle présente de nombreux sites d’enseignement et de recherche sur l’agglomération clermontoise mais aussi dans les trois autres départements auvergnats.

Le campus des Cézeaux, né dans les années 1970, compte notamment de Grandes Ecoles d’ingénieurs (ISIMA, Polytech Clermont et SIGMA Clermont). Le CHU Gabriel-Montpied, qui domine le plateau Saint-Jacques et entré en service en 1970, est agrandi en 2009. 


Contributeur

Marilyne Dewavrin-Farry, agrégée d’histoire-géographie, BTS Tourisme, Lycée de Chamalieres.