Corse - Calvi : un espace littoral touristique entre aménagement, protection et maintien des formes de mises en valeur traditionnelles

Inscrite sur un littoral situé au nord-ouest de l’île méditerranéenne de la Corse, la baie de Calvi est un pôle touristique majeur dans la microrégion de la Balagne et dans l’île de beauté. Des mutations profondes et rapides ont conduit à la littoralisation des activités économiques et du bâti, à l’artificialisation et au changement d’usage du sol. Désormais, la protection des espaces naturels et la maitrise de l’extension du bâti font partie des choix d’aménagement durables qui doivent être mis en œuvre sur le littoral mais aussi dans l’espace arrière littoral. En effet, l’agriculture, dans la plaine et le piémont montagneux, donne une identité forte à la Balagne et à la région de Calvi. L’articulation entre les différents espaces est un enjeu et un défi.

calvi_ort-2018_spot6_leg.jpg

Légende de l'image satellite

Cette image de la la région de Calvi,  sur la côte nord-ouest de la Corse, a été capturée par un satellite SPOT 6  en 2018. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles.

Accéder à l'image sans annotation

SPOT 6/7 © Airbus DS 2018, tous droits réservés. Usage commercial interdit.

Présentation de l’image globale

Calvi, sa baie et la Balagne : un espace littoral touristique entre aménagement, protection et maintien des formes de mises en valeur traditionnelles

A première vue, ce n’est pas la petite ville touristique de Calvi que l’on remarque le plus sur cette image. La morphologie littorale, le vert de la couverture végétale attirent le regard. Pourtant, cette image est symptomatique des problématiques d’aménagement et d’occupation du sol qui existent en Balagne, dans la région de Calvi en particulier et, d’une façon plus générale, en Corse. Elle révèle les transformations rapides et profondes liées au développement et à la spécialisation dans le tourisme littoral balnéaire d’un côté, à l’hyper-littoralisation des populations et des activités économiques de cette ile méditerranéenne de l’autre.

Cet espace se situe dans le nord-ouest de l’île méditerranéenne de la Corse, dans la microrégion de la Balagne, dans le département de Haute Corse. Bastia, la métropole principale de la Haute Corse, se situe à une centaine de km à l’est de Calvi. L’Ile Rousse, la deuxième ville de la Balagne, est distante de 25 km à l’est de Calvi par la Route Territoriale 30.

Quatre communes sont en partie présentes sur cette image. Aucune n’est visible dans sa totalité. Calvi, avec 5.442 habitants, est la plus peuplée et la seule commune réellement ancrée sur le littoral. Les bourgs des communes de Calenzana au sud de Calvi, de Montegrosso et de Lumio à l’est de Calvi sont tous situés en retrait du littoral, sur le piémont rocheux de la chaine montagneuse centrale de la Corse, en position perchée et dominant ainsi une plaine littorale assez profonde. Cette position défensive, tournant le dos à la mer et au littoral, s’explique par le danger qu’ont longtemps représenté les attaques des Maures arrivant par la mer pour les habitants.

La richesse paysagère et naturelle, la douceur du climat méditerranéen ont été les moteurs d’une mutation profonde et rapide de l’espace littoral mais aussi – bien que dans une moindre mesure - de l’espace arrière-littoral. Ces facteurs naturels sont devenus des atouts pour le développement touristique calvais et balanin. La comparaison avec des cartes et photographies datant des années 1950 est intéressante pour évaluer les changements d’affectation du sol et les évolutions du bâti.

L’image nous montre différentes unités paysagères et est significative des oppositions, parfois des complémentarités qui existent entre littoral et intérieur.

Le littoral : des paysages remarquables, voire spectaculaires, et des sites propices au développement du tourisme balnéaire  

Les paysages littoraux remarquables ne manquent pas. D’ouest en est, nous observons, la presqu’île de la Revellata qui abrite sur le versant oriental de la pointe la station de recherches sous-marines et océanographiques Stareso, le large golfe de Calvi appelé la baie de Calvi, la baie d’Algajo, la Punta Spano et la baie plus petite de Sant’Anbrogio à l’extrémité nord-est de l’image.

Le littoral rocheux, exposé aux vents dominants d’ouest et aux courants marins, offre des côtes découpées, abruptes, des criques, des paysages « sauvages » qui font partie du marketing territorial utilisé pour attirer les touristes en direction de « l’ile de beauté ». Ce littoral est en grande partie classé en zone naturelle, tels la presqu’ile de la Revellata et la presque totalité du littoral occidental. Le littoral sableux, dans les parties abritées, offre les sites favorables aux infrastructures du tourisme balnéaire comme c’est le cas pour Calvi (cf. zoom 1) ou pour la Marina de Sant-Ambrogio, au nord-est de l’image (cf. zoom 3). Ce sont des exemples de noyaux balnéaires qui se succèdent sur tout le littoral balanin.

La maitrise de l’étalement urbain et du mitage de l’espace, la protection du littoral et des espaces remarquables sont devenues des questions incontournables de l’aménagement du territoire dans la microrégion, mais aussi à l’échelle de la région de la Corse. Cela a conduit à l’adoption du PADDUC, le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse. La préservation de corridors naturels non bâtis sur le littoral fait intervenir d’autres acteurs comme le Conservatoire du Littoral qui possède 25 % des 1.000 km de littoral corse.

Calvi, une petite ville administrative mais un pôle touristique majeur

Calvi est localisée dans la partie ouest de la grande baie centrale. Par son attractivité, son identité paysagère forte avec la citadelle qui rappelle son long héritage génois, c’est l’espace central de notre image (cf. zoom 1). C’est essentiellement un pôle de services avec sa sous-préfecture, son hôpital local, ses collèges et lycée et une gare dont le réseau ferroviaire la relie aux principales villes de l’île.

C’est surtout le premier pôle touristique et d’emplois de la Balagne, qui est la deuxième région touristique de la Corse après l’extrême-sud (région de Porto-Vecchio). Le tourisme représente 25 % de l’emploi en moyenne annuelle et jusqu’à 40 % de l’emploi lors de la haute saison au mois d’Aout en Balagne.

Calvi a connu une croissance récente et rapide à partir des années 1970 avec comme contrepartie un étalement urbain, un mitage de l’espace littoral et arrière littoral et l’occupation du Domaine Public Maritime par de nombreux établissements de plage. Cette occupation a donné lieu à une régularisation. La pression foncière forte et le prix du sol élevé créent des concurrences exacerbées pour l’usage du sol et l’accès au logement pour la population locale, dont une partie va se loger dans les communes de l’arrière-pays.

La plaine littorale, une réserve d’espace ou/et un espace à revitaliser  

La plaine littorale de la Figarella occupe la partie centrale de l’image. Elle tient son nom du fleuve qui la traverse du sud au nord en serpentant dans un espace de faible pente et en longeant l’aéroport dans la partie amont. Le Fiume Seccu est un autre fleuve qui longe le camp Rafalli de la Légion étrangère (cf. zoom 2). Cette plaine est originale par sa profondeur et sa taille dans un milieu méditerranéen souvent pauvre en espace plan.

Elle a été anciennement mise en valeur par des activités agro-pastorales. Sur l’image, la couverture végétale est diverse. Mais, le maquis - une formation végétale méditerranéenne assez basse - occupe une part importante du fait du recul de l’agriculture et de l’élevage. Un processus de « remaquisation » - ou embroussaillement - conduit à une reconquête par des espèces végétales basses.

La plaine est une réserve d’espaces plans sur laquelle ont été installés le camp Rafalli qui accueille le 2ème REP de la Légion Etrangère ou l’aéroport international de Calvi. Aujourd’hui, elle bénéficie d’un renouveau grâce à des cultures et production de qualité liées à la vigne avec la production de vin en AOC (vin de Calvi) dans la plaine elle-même et dans la zone de contact avec le piémont montagneux. D’autres utilisations sont présentes. Cela en fait un espace-mosaïque (cf. zoom 4).

Une montagne peu visible mais qui se laisse deviner

Les points culminants de l’image se situent au sud-ouest avec les 722 mètres du Capu di a Conca et les 703 mètres du Capu di a Veta. Cette moyenne montagne, classée en zone naturelle, offre des points de vue remarquables sur le littoral et la plaine, des « vues sur mer » valorisées par des activités de randonnée complémentaires de la plage et du littoral.

Dans le centre de l’image, le piémont encadre la plaine littorale. C’est sur cet espace que les villages de l’intérieur comme Lumio, Calenzana, Montegrosso se sont installés en position de villages perchés ; ce qui n’est pas visible sur l’image. Ils sont en retrait d’un littoral longtemps répulsif car soumis aux attaques mauresques pendant le Moyen-âge et longtemps resté insalubre l’été du fait de la malaria. On y trouve une végétation de maquis (chêne vert, lentisque, arbousier…) qui remplace parfois des cultures et oliveraies ayant disparu à la suite d’un recul de l’agriculture mais aussi du fait des incendies malheureusement récurrents.

Zooms d’étude


Calvi, de son site originel à son extension urbaine

Calvi est une petite ville touristique qui a connu une croissance rapide et récente avec comme corolaire une forte pression foncière.

Calvi est en position abritée des vents dominants d’ouest. Cela en fait un site urbain et portuaire protégé. Le site bâti originel se situe sur un promontoire rocheux à l’est de la Punta San Francesco. C’est un site défensif sur lequel la citadelle d’origine génoise - la ville haute - a été construite au XIIIe siècle en lieu et place d’un fortin. La vieille-ville ou ville basse est en contrebas de la citadelle. Le bâti formé de petits immeubles est dense, la trame viaire est étroite. L’ensemble est identifiable sur l’image par la densité du bâti et la couleur orangée des matériaux de toiture. Ce centre ancien occupe une toute petite partie du bâti actuel. La gare située en arrière du port de plaisance marque la limite sud de la vieille-ville.

Trois ports sont présents aux pieds de la vieille-ville : le vieux port (le plus petit, situé entre les deux autres), le port de plaisance (beaucoup plus grand et facilement identifiable par la digue de protection et les appontements), le port de croisière au pied de la citadelle. Plus à l’est (hors image), le port de l’Ile Rousse est devenu le port de commerce de la Balagne du fait des difficultés de circulation dans Calvi. Les camions de fret et les flux d’arrivée et de départ des touristes (véhiculés ou non) passent désormais par l’Ile Rousse.

L’extension du bâti a débuté avec l’essor touristique. L’étalement urbain  a suivi deux axes principaux : sur le versant de l’espace arrière littoral jouxtant et prolongeant la vieille ville et le long de la route territoriale 30 globalement parallèle au trait de côte en direction de l’est et de l’Ile Rousse.  Peu à peu les espaces interstitiels ont été plus ou moins comblés en fonction des opportunités topographiques et foncières.

Le tissu urbain discontinu conduit à la présence de parcelles bâties et d’autres qui ont encore un couvert végétal. Un peu plus de 50 % des logements sont des résidences secondaires qui prennent la forme de maisons individuelles ou de petites résidences avec des appartements. La population permanente apparait peu nombreuse face à l’augmentation démographique lors de la saison touristique estivale. La Balagne accueille environ 20% des 2,5 à 3 millions de touristes annuels de la Corse.

De nombreux et divers établissements pour accueillir du public sont aussi présents (hôtels, campings…). Nombreux sont « les carrés bleus », les piscines qui posent la question de l’utilisation de l’eau douce dans un site méditerranéen connaissant une sécheresse estivale particulièrement marquée.

La loi littoral n’a pas toujours permis d’éviter les constructions lorsqu’on se situe dans la continuité du bâti. De façon originale, la ligne de chemin de fer qui longe le littoral calvais a permis de limiter les constructions « les pieds dans l’eau » et de préserver le site naturel et protégé de la Pinède, qui est bien visible en partie au sud-est de l’image, en vert en arrière des établissements de plage.  

Sur la plage, l’occupation du Domaine Public Maritime est visible, sur environ 3 km, par la présence des restaurants de plages (les paillottes que l’on peut compter) et leur extension faite de parasols et autres transats qui privatisent un littoral qui doit portant rester accessible à tous. Ces établissements doivent posséder des autorisations d’occupation et être démontables. Des digues en pierre, perpendiculaires à la plage, ont été construites sur l’espace maritime pour limiter l’érosion littorale. La plage calvaise est fortement érodée pendant les tempêtes hivernales.


Le camp Raffalli de la Légion étrangère, une ville dans la microrégion et une fonction militaire de rang international

Le camp militaire de la Légion étrangère est localisé dans la plaine de la Figarella, à l’entrée est de Calvi et à 6 km du centre ville, le long de la RT30 qui marque la limite nord du camp et sur laquelle se trouve l’entrée du camp. Le camp est encadré à l’est par le fleuve Fiume Seccu, au sud et à l’ouest par des routes départementales. Le camp se situe à 5km de l’aéroport international de Sainte-Catherine situé au sud-ouest.

Le camp Raffalli a été construit au début des années 1950 sur le site de l’ancien aérodrome de Fiume Seccu. Il occupe un espace à la jonction des communes de Calvi, de Lumio et de Montegrosso. Il accueille, depuis 1967, le 2ème REP (Régiment Etranger de Parachutistes) de la Légion étrangère ; créé et stationné en Algérie jusqu’à son installation à Calvi. Ce régiment intervient surtout dans des zones de conflit extérieur. Parmi les interventions les plus récentes, il y a eu la Côte d’Ivoire, l’Afghanistan, la zone irako-syrienne, le Mali. Cette importante fonction militaire de rang international fait de Calvi un pôle stratégique dans le système militaire de la France.   

Le camp a une emprise foncière considérable et est composé de différents secteurs visibles sur l’image. Ils doivent répondre à tous les besoins d’une population de militaires (1.300 légionnaires, sans compter tous les autres personnels du camp) mais aussi de leurs familles. Le long de la RT30, une zone de forme triangulaire, formée de bâtiments rectangulaires avec une toiture aux tons orangés, entoure une place d’honneur sur laquelle se déroulent des évènements officiels et commémoratifs. Les bâtiments accueillent les services administratifs et autres services (centre médical, dentiste, centre social…) destinés aux légionnaires et des logements. A côté, se situe une zone avec des équipements sportifs. Le stade avec la piste d’athlétisme permet d’identifier ce secteur qui possède d’autres infrastructures sportives. En arrière, nous avons une zone sur laquelle se trouvent des bâtiments blancs rectangulaires destinés à l’entretien du matériel militaire. Le reste du camp est occupé, au sud, par un village de combat et, à l’ouest, par une grande zone de saut. Ils sont destinés à l’entrainement.

Ce camp est la partie visible de la présence de la Légion à Calvi qui a un rôle économique non négligeable pour la microrégion, pour Calvi en particulier. A l’embouchure du fleuve Figarella, qui s’écoule parallèlement au camp à l’ouest, le centre amphibie est destiné à l’entrainement des plongeurs de combat, une formation d’élite. Il est visible par la présence de petits bâtiments. Il faut y ajouter, en dehors du camp et du zoom, des zones de tirs dont celle de la Punta Bianca, au sud de la presqu’ile de la Revellata sur la pointe rocheuse légèrement incurvée située au sud-ouest de notre image générale. Des logements situés à Calvi, Lumio, Calenzana, l’Ile Rousse sont destinés aux militaires et à leurs familles.


la Punta Spano et la Marina de Sant’Ambroggio, entre aménagement touristique et protection du littoral.

Situé au nord-est de l’image générale, dans la commune de Lumio, le site est intéressant par les oppositions qui y sont présentes. C’est tout d’abord une opposition de morphologie littorale qui est bien visible.  

Des côtes rocheuses très découpées donnent un caractère « sauvage » à ce littoral occidental battu par les vents d’ouest et les courants. La végétation basse et « tordue » en est le témoin. Des sentiers et une petite route permettent d’accéder à ce site granitique, rocheux dont l’altitude ne dépasse pas 60 mètres au centre de la Punta Spano. La présence d’une tour génoise apparait comme le témoin d’une période ancienne pendant laquelle le littoral corse, balanin en particulier, était soumis aux attaques des Maures. Elle participe à un ancien système de surveillance et de protection existant sur tout le littoral corse.

En position d’abri, le littoral devient sableux sur la façade orientale et forme une petite baie protégée. Cette opposition de morphologie littorale a donné lieu à une opposition dans les formes de mise en valeur.

La côte en position d’abri accueille la station balnéaire de Sant’Ambroggio, créée ex-nihilo à partir des années 1960, et la marina avec son port de plaisance, créée dans les années 1970. A partir de ce noyau central, le bâti s’est développé sur les pentes de ce site en amphithéâtre offrant une vue imprenable et spectaculaire aux occupants occasionnels et estivaux. Les carrés bleus des piscines se découpent. Le port de plaisance dispose de 200 anneaux. Le bâti est fait de maisons individuelles, de résidences de quelques étages et découpées en appartements mais aussi d’un club de vacances qui possède son propre accès à une plage au nord du port de plaisance.

La côte au vent et rocheuse ainsi que toute la partie non construite de la Punta Spano sont en bonne partie la propriété du Conservatoire du Littoral. Son objectif est la préservation des espaces naturels de façon à éviter une urbanisation continue sur tout le littoral. C’est, parcelle par parcelle, que les acquisitions du Conservatoire se font sur un littoral où le prix du sol devient une rente pour les propriétaires terriens.


La plaine littorale, une mosaïque de formes d’occupation dont l’identité agricole est difficile à maintenir

Il s’agit de la partie sud de la plaine visible sur l’image générale ; la partie en contact avec le piémont qui encadre en partie l’aéroport. C’est une mosaïque de formes d’occupation du sol avec des parcelles en herbes ou en maquis, des zones bâties, des espaces accueil d’infrastructures à forte emprise foncière.

La viticulture est néanmoins visible sur les parcelles de couleur vert clair au nord-ouest ou au sud-est de l’aéroport. Une petite parcelle couverte d’oliviers est présente au sud-est du zoom sur le piémont accueillant de nombreuses oliveraies dont on ne voit qu’une infime partie. La production de vin et d’huile d’olive en AOC procure un maintien voire un renouveau agricole dans un espace où l’agriculture semble souvent résiduelle.  

L’aéroport international de Calvi Sainte-Catherine (sur lequel le zoom est centré) se situe sur les communes de Calvi et Calenzana, à 7 km au sud-est du centre-ville de Calvi, sur le site d’un ancien aérodrome. C’est le 4ème aéroport de la Corse, qui en compte quatre, par le nombre de passagers. Ces deux pistes permettent de connecter Calvi à des aéroports français, comme Paris ou Nice, mais également européens pendant la saison touristique comme Bruxelles, Londres, Zurich, Cologne, Vienne, Luxembourg. Cela montre à la fois l’importance de la clientèle internationale de cet espace touristique mais, aussi, l’ouverture à destination de la population locale insulaire. L’aéroport de Bastia, le 2ème de la Corse après celui d’Ajaccio, se situe à « seulement » 1h30 de route de Calvi en période touristique « basse ».

L’extension du bâti a conduit à un changement d’usage du sol agro-pastoral le long des axes de communication. C’est visible au nord-est et à l’est de l’aéroport avec des ensembles d’habitations composés de maisons individuelles ou de petites résidences. On assiste, peu à peu, au comblement des espaces interstitiels entre les axes de communication. Du fait d’un « effet entonnoir », les axes principaux se retrouvent très rapidement saturés en période de forte affluence, la voiture étant le moyen de circulation privilégié.

La zone artisanale de Cantone, située sur la commune de Calvi le long d’une route départementale, au nord-est de l’aéroport est un projet de la Communauté de communes Calvi-Balagne. Le zoom permet de constater que ce sont de petits entrepôts et bâtiments qui composent cette zone d’activité qui concentrent des entreprises dont l’activité reste principalement locale.   

La production d’énergie solaire renouvelable est devenue un enjeu dans un espace présentant 2.700 heures d’ensoleillement annuel. Une centrale solaire photovoltaïque est visible au sud-est de l’aéroport. Une autre, située hors champ de l’image générale et du zoom, est également présente un peu plus au sud. Les aménagements se concrétisent en fonction de l’accès au foncier et du recul de l’activité agricole.


Ressources complémentaires

Rapports et articles.

Insee, dans Statistiques et études, les données locales, les dossiers complets :
Commune de Calvi
Aire urbaine de calvi
Tafani Caroline : Agriculture, Territoire et Développement durable. Analyse systémique d’une agriculture littorale sous pression touristique : l’exemple de la Balagne en Corse, Thèse de doctorat de géographie de l’Université de Corse, 526p, 2010.

André Torre et al. : Conflits et tensions autour des usages de l’espace dans les territoires ruraux et périurbains, le cas de six zones géographiques françaises, Revue d’économie régionale et urbaine, n°3, 2006.
 
Un roman.

Bussi Michel : « Le temps est assassin » (un roman policier dont l’action se déroule sur le site de notre image et en particulier sur la presqu’île de la Revellata).

Contributeur

Valérie Merle, agrégée de géographie, CPGE, Lycée Giocante de Casabianca, Bastia.

Publié dans : 
Cible/Demande de publication: