Poitou-Charente - Royan et la Côte de Beauté : un territoire touristique littoral aux multiples visages

Située sur la rive droite, à l’embouchure de l'estuaire de la Gironde, la Côte de Beauté est devenue un lieu de villégiature important en France au XIXe siècle. Organisée autour de Royan, principale station balnéaire de la région, et ville de 19 000 habitants au sein d’une agglomération de près de 82 000 résidents, ce territoire voit sa population tripler en période estivale. Il a ainsi enregistré plus de 16 millions de nuitées touristiques en 2017. Le tourisme constitue une force d’attraction économique de premier plan pour ce territoire de la façade atlantique. Son climat empreint de douceur et la diversité des paysages imbriqués expliquent l’engouement pour cette partie du littoral charentais. Les images satellites présentées ici montrent les atouts touristiques de la destination, qui doit cependant faire face à d’importants enjeux de gestion, de protection et d’aménagement de l’espace.

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Légende de l’image satellite

L'image de Royan station balnéaire, située à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde a été  prise par un satellite Pleiades le 8 juillet 2020.  Il s’agit d’une image en couleurs naturelles, de résolution native à 0,70m, ré-échantillonnée à 0,5m.

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Lieux repères

Présentation de l’image globale

Un territoire à l’embouchure du plus vaste estuaire d’Europe

Long de 75 kilomètres et large de 12 kilomètres à son embouchure, l’estuaire de la Gironde est le plus vaste d'Europe, formé de la rencontre de la Dordogne et de la Garonne au niveau du Bec d’Ambès. La limite entre domaine public fluvial et domaine public maritime se situe entre la Pointe de Suzac, à Saint-Georges-de-Didonne et la Pointe de Grave, au Verdon-sur-mer.

Lieu de concentration des sédiments continentaux, l’eau douce venant du bassin est chargée de sédiments, fines particules d’argiles qui au contact des eaux salées du Golfe de Gascogne, forment des floculats qui se déposent au fond de l’estuaire et expliquent la teinte ocre clair de l’eau. Cet estuaire accueille une richesse paysagère, floristique et faunistique singulière : marais, îles, espèces endémiques, comme la lamproie ou l’esturgeon. Depuis 2015, le Parc Naturel Marin de l’Estuaire de la Gironde et de la Mer des Pertuis constitue un outil de gestion et de préservation et cherche l’équilibre entre patrimoine naturel et activités humaines.

Voie maritime historique de premier plan, le contrôle de la Gironde a longtemps été une préoccupation pour commander le trafic du port de Bordeaux, et plus largement, maîtriser l’accès au territoire. Or, de nombreux bancs de sable se déplacent et ont toujours rendu délicate la navigation dans l’estuaire. Les épaves ensablées figurant sur les cartes marines témoignent d’ailleurs du nombre de marins tombés dans ces pièges. Dès lors, depuis le XVIe siècle, des pilotes maritimes de la Gironde sécurisent la navigation en guidant les navires durant leur traversée de l’estuaire. Aujourd’hui, ce territoire abrite un riche patrimoine maritime dont le phare de Cordouan-« Versailles de la Mer », à l’entrée de l’estuaire, plus ancien phare d’Europe (1611), encore habité par des gardiens et ouvert au public.

Royan et les communes limitrophes : sentinelles aux portes de l'océan

En raison de sa situation stratégique, Royan et les communes limitrophes de la rive droite furent dès le début du XIe siècle un verrou de la Gironde prisé par les seigneurs locaux pour contrôler la circulation des bateaux et les activités économiques qui en découlent. Aujourd’hui, à Royan, il ne reste rien de la citadelle érigée par les seigneurs de Didonne. Un temps anglaise au Moyen Age, la cité se convertit ensuite au protestantisme et devient au XVIe siècle une place de sureté protestante jusqu’en 1631, date à laquelle la ville est rasée sur ordre de Richelieu. Royan redevient alors un petit port de pêche.

Au milieu du XVIIIe siècle, l’intérêt stratégique de l’embouchure de la Gironde et le début de la Guerre de Sept ans (1756-1763) encouragèrent les autorités militaires à construire un système de batteries, renforcé au XIXe siècle par le fort du Chay ou celui de Suzac (hors image) plus au Sud, sur la commune de Saint-Georges-de-Didonne.

Le long du littoral à Saint-Palais-sur-mer, un chemin piétonnier appelé « Sentier des Douaniers » domine l’océan, et fait face au phare de Cordouan. Ce cordon ombilical, qui relie la plage du Bureau à la Grande Côte, passe également par l’ancien bureau des Douanes qui voit le jour au XIXe siècle et qui abritait une brigade chargée de surveiller le littoral et d’empêcher la contrebande. Ce bâtiment donna naturellement son nom à la plage qu’il domine et durant un temps à la station balnéaire rebaptisée « Bureau-les-Bains ». La Maison des Douanes, réhabilitée en 2017, abrite aujourd’hui un espace dédié à la culture et aux arts.

La Côte de Beauté est également rythmée par les vestiges du Mur de l’Atlantique, édifié sur ordre des nazis pour défendre le littoral face à l’éventualité d’un débarquement allié entre 1942 et 1944. Ces témoins du mur de l'Atlantique comprenaient plusieurs blockhaus et batteries de tir. Près de 280 ouvrages fortifiés ont été répertoriés sur une trentaine de kilomètres le long de ce littoral. A Saint-Palais sur-Mer, la plage et la corniche rocheuse de la Grande Côte figuraient en première ligne dans ce système défensif. Depuis les années 1950, ces colosses de béton armé se sont retrouvés dut fait de l’érosion sur la plage et sont bien visibles (zoom 2). Poussée par le vent d’ouest, la dune, contre ou dans laquelle ils étaient construits, a en effet reculé, entraînant avec elle la forêt en arrière. Aujourd’hui ces mastodontes de béton font partie des paysages que côtoient baigneurs et promeneurs et servent même de support au « street art »

Un littoral entaillé par des conches sablonneuses

L’image satellite montre un littoral découpé avec une alternance de falaises érodées, de corniches rocheuses et de plages.

La « conche » est le terme local pour désigner ces plages de sable fin, encadrées par des falaises calcaires et des pointes rocheuses urbanisées. Plusieurs conches, abritées des courants, se dessinent ainsi et attirent un tourisme balnéaire estival. La commune de Royan en compte cinq. La plus importante est celle de la Grande Conche qui s’étend sur près de 2,6 kilomètres. Plusieurs plages se succèdent ainsi en proposant des configurations différentes. Au nord-ouest de l’image se dessine la « Grande Côte » en lisière de la forêt de pins maritimes. Cette longue plage sauvage de 4 kilomètres environ, qui s’étire jusqu’à La Palmyre au Nord (hors image), fait le bonheur des touristes en été. Elle est bordée de dunes derrière lesquelles s'étend la forêt de Saint-Augustin et la presqu'île d'Arvert (Zoom 2).  On distingue également des plages urbaines ou semi-urbaines, à l’image de celles de Royan, Vaux-Sur-Mer ou Saint-Georges-de-Didonne.

Comme nous le laisse entrevoir l’image, l'érosion marine sculpte ce paysage de falaises rocheuses, donnant même naissance à des légendes, comme celle du Pont du Diable à Saint-Palais-sur-Mer. Pour l’anecdote, la légende veut qu’un pêcheur en perdition, échoué sur les récifs, vende son âme au diable en échange de la construction d’un pont pour revenir sur la terre ferme. Plus au Sud du territoire (hors image), des grottes ont également été formées dans les falaises calcaires du Crétacé comme celles de Meschers-sur-Gironde où se sont développées des habitations troglodytiques.

On devine également le long de ces falaises rocheuses, la présence de petites cabanes reliées à la terre par un ponton.  Ces petites pêcheries, appelées carrelets, sont construites sur pilotis et ponctuent les côtes charentaises et l’estuaire de la Gironde.  A l’origine, le carrelet désignait le filet de pêche carré maintenu par deux arceaux. Dès le XVIIIe siècle, cette pêche de subsistance et de hasard est attestée sur le littoral, mais c’est au début du XXe siècle que des pontons apparaissent sur les rives charentaises pour une pêche de loisirs.  La technique consiste à mettre un appât au centre du filet. Celui-ci est ensuite descendu dans l'eau et, une fois submergé, on le soulève rapidement. Ce type de pêche se déroule généralement à marée montante, dans des eaux peu profondes, et permet d'attraper crevettes et petits poissons (mulet, soles, sardines…). Ces pêcheries, qui se transmettent de génération en génération, font l’objet d’une autorisation d’occupation temporaire du domaine maritime ou fluvial, délivré par l’Etat pour cinq ans renouvelables.

Du tourisme balnéaire… au renouvellement des pratiques

La vogue des bains de mer sur la Côte de Beauté débute au début du XIXe siècle. Cette nouvelle mode est importée d’Angleterre et les Bordelais sont les premiers estivants. Ils arrivent par l’estuaire grâce aux bateaux à vapeur.

C'est ainsi que les communes de Royan (Zoom 1) et de Saint-Palais-sur-Mer, Vaux-Sur-Mer ou Saint-Georges-de-Didonne deviennent des lieux de villégiature, de plus en plus prisés par une clientèle fortunée qui vient alors à la mer, « aux eaux », pour se soigner. Les premiers établissements de bains voient le jour, dotés d’installations pour l’hydrothérapie et les premières cabines de bains font leur apparition sur les plages. Rapidement, Royan devient une grande cité balnéaire et des personnalités séjournent sur cette côte, à l’image d’Emile Zola, Sarah Bernhardt, le couple Sacha Guitry / Yvonne Printemps, le photographe Jacques-Henri Lartigue et aussi Pablo Picasso.

Certains quartiers balnéaires deviennent le théâtre de réalisations architecturales originales, éclectiques ou avec des styles néo-régionaux. Ces villas de la Belle-Epoque, construites sur plusieurs étages sont coiffées d’un toit à forte pente et recherchent la lumière avec des « bow window », des balcons ou des terrasses. Elles prennent la forme de « cottages » colorés ou de « castels » monumentaux, aux détails remarquables, influencées par l’Art Nouveau puis l’Art Déco.

Ainsi, le pays royannais aspire aujourd’hui à faire de cette architecture balnéaire un atout culturel supplémentaire pour renforcer son attractivité et son développement. Par ailleurs, l’arrière-pays royannais offre également une architecture romane saintongeaise, à l’image des églises de Breuillet ou de Vaux-sur-Mer. Des pratiques sportives et de loisirs façonnent également le littoral royannais avec les activités nautiques (voile, surf, paddle, longe côte …), les sports de plage, la thalassothérapie, etc… La Côte de Beauté s’affirme ainsi comme un lieu de villégiature renouvelé en s’appuyant sur ses atouts paysagers et culturels et cherche à sortir du schéma de l’hyper-saisonnalité orientée vers le balnéarisme.

Des espaces forestiers et des zones humides convoités, face à une urbanisation grandissante

L’important développement des stations balnéaires de Saint-Georges-de-Didonne, Royan, Vaux-sur-mer, Saint-Palais-sur-Mer et des Mathes-La Palmyre (plus au nord-ouest) se traduit par un étalement urbain jusque dans les marais, et en périphérie des boisements alentours. La Presqu’île d’Arvert, territoire compris entre deux estuaires (Gironde et Seudre), est particulièrement concernée par cette forte pression urbaine et touristique.

Les marais de Saint-Augustin s’étirent jusqu’aux anciennes îles d’Arvert, Étaules et Breuillet (Zoom 3). Ils sont l'héritage d'un ancien golfe marin (golfe d'Arvert) qui s'étendait sur une grande partie de la presqu'île il y a encore quelques siècles. Entre forêts et marais, de nombreuses résidences et aménagements touristiques s’immiscent dans ce paysage. Les zones marécageuses, en partie cultivées ou en zones de pâturages, sont aujourd’hui menacées en raison du fort développement de l’urbanisation, principalement tournée vers l’habitat résidentiel et les activités touristiques.

Ainsi, les marais périurbains de Royan subissent des pressions anthropiques fortes, comme le Marais de Pontaillac, qui a vu au cours des décennies précédentes, la création d'un lac artificiel, d'un parc et de zones pavillonnaires (La Métairie). Le marais de Pousseau est également soumis au développement des zones commerciales riveraines de la route de Saintes. De même, les marais de Belmont et de la Briqueterie ont été diminués par le prolongement Est de la rocade et la partie Ouest a été fortement urbanisée.

Zooms d’étude

Royan : cité balnéaire abritant un riche patrimoine architectural

Pontaillac : premier quartier balnéaire de Royan

Dans la partie Ouest de Royan, le quartier de Pontaillac prend son essor à partir de 1856, sous l’impulsion d’un riche entrepreneur bordelais, Jean Lacaze, avec des villas somptueuses, dont la sienne, futur hôtel du Golf. Il créé un quartier avec des avenues perpendiculaires à la mer pour profiter des vents dominants, dans un esprit hygiéniste. Pontaillac devient alors la plage élégante, sélecte et réservée à l’élite.

Après la Première Guerre mondiale, l’activité de la station balnéaire reprend avec le développement des « bains de soleil ». Un nouveau casino dans un style Art Déco est construit sur pilotis, directement sur la plage de Pontaillac en 1931. Cet établissement forme le casino actuel de la station, repérable sur l’image satellite.  

Le Parc : un autre quartier témoin de la « Belle-Epoque »  

Rapidement, Royan devient une des stations les plus luxueuses de la côte océane. Avec l’arrivée du train en 1875, le Tout-Paris envahit les plages, les casinos - celui de Foncillon, reconstruit en 1885 et le casino municipal de 1895, les cafés, et les hôtels de Royan.

Dans la partie Est de Royan, les dunes sont fixées par la plantation de pins maritimes et un nouveau quartier, longeant la Grande Conche, voit le jour en 1885, à la demande du maire de l’époque, Frédéric Garnier. Contrairement à Pontaillac, afin de protéger les habitants des vents du large, le lotissement du « Parc », forme un enchevêtrement d'allées et de rues à la manière d'un vaste jardin à l'anglaise. Les « villas 1900 » rappellent l’histoire faste de la station. Ce quartier résidentiel a notamment accueilli des notables parisiens et quelques célébrités comme Emile Zola qui y séjourna de 1886 à 1888.

Un cœur de ville bombardé en 1945, faisant de Royan la ville « la plus cinquante de France »

Royan est occupée par les troupes allemandes dès 1940. À l’été 1944, alors que progresse la libération du territoire français, l’Allemagne hitlérienne met en place des îlots de résistance tout le long de la côte atlantique.

La « Poche de Royan » est alors, l’un des derniers bastions allemands en France. Le bombardement de la ville par l’aviation anglaise en janvier 1945 détruit Royan à plus de 80 % mais les bastions allemands résistent au déluge du feu. Le 14 avril 1945, Royan est de nouveau bombardée par les Américains, qui utilisent pour la première fois du napalm. Royan est finalement délivrée le 18 avril 1945, par les troupes françaises, lors de l’Opération Vénérable. Mais la station d’avant-guerre a disparu, seuls les quartiers de Pontaillac et du Parc sont en partie épargnés.

Le bordelais Claude Ferret est nommé architecte en chef de la reconstruction de Royan. L’image satellite souligne les deux axes majeurs, fondements du plan d’urbanisme retenu en 1946 : les immeubles du front de mer épousent la courbe de la plage, et le boulevard Briand - à l’emplacement du vallon de l’ancienne rivière du Font de Cherves - devient la principale artère commerciale de la ville du front de mer au marché couvert. Ce dernier édifice circulaire de plus de 50 mètres de diamètre est perceptible. Ce « coquillage blanc » est conçu comme un voile de béton armé plissé reposant sur treize points d’appui extérieurs. Ce monument est un bel exemple de la collaboration, entre architectes et ingénieurs, mise en œuvre dans le cadre de la reconstruction de la ville.

En quelques années, une nouvelle cité balnéaire se développe dans un style à la fois régional et moderne, représentatif de l’architecture, dite « brésilienne », des années cinquante, et notamment celle d’Oscar Niemeyer.

Royan devient « un laboratoire de la recherche en urbanisme ». L’architecte Guillaume Gillet édifie l’église Notre-Dame, symbole du redressement de la ville, consacrée en 1958. La silhouette de cet édifice en béton armé dont le clocher atteint 60m de haut constitue une icône de la modernité. Son toit « en selle de cheval » forme un repère remarquable sur l’image satellite. D’autres bâtiments (temple, palais des congrès, stade, casino, poste…) sont également construits à cette époque. Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui protégés au titre des « Monuments historiques ». Ils font la réputation de Royan et cette architecture remarquable a permis à la ville d’obtenir en 2011 le label « Ville d’art et d’histoire ».

Une ville portuaire tournée vers l’estuaire et l’Océan

A l’origine, le port de Royan mentionné dès le Moyen Age, était une simple zone d’échouage. Après les bombardements de 1945, le port fut reconstruit au même emplacement, au cœur de la ville. Cet espace portuaire abrite aujourd’hui un petit port de pêche. La trentaine de bateaux pratique majoritairement la pêche à la ligne, appelée également palangre. Les principales espèces pêchées sont le bar, la sole, le maigre, et la dorade.

Un premier bassin de plaisance en eau profonde est accolé en 1965 au port de pêche, puis un second bassin est aménagé en 1992. L’ensemble offre une capacité de 1.000 anneaux. C’est également le point de départ des excursions maritimes organisées pour découvrir l’estuaire et le phare de Cordouan.  A l’extrémité ouest de la zone portuaire, on aperçoit l’embarcadère pour rejoindre en bateau la Pointe de Grave, située sur l’autre rive en Gironde. Mis en service à partir de 1936, deux bacs transbordeurs assurent aujourd’hui les traversées entre Royan et le Verdon-sur-Mer, avec des ferrys plus réguliers en été. L’une des navettes maritimes est d’ailleurs apparente sur ce zoom.

Le territoire cherche également à développer le tourisme fluvial dans l’estuaire de la Gironde. L’objectif est désormais de faire de Royan un port d’escale des croisières fluviales à destination ou en provenance de Bordeaux. Après des aménagements réalisés au niveau du Quai des Sabliers pour faciliter le débarquement des croisiéristes, les premiers accostages ont eu lieu en 2019.



Zoom 1

La forêt des Combôts d’Ansoine et la Grande Côte : des espaces touristiques convoités, soumis à de fortes pressions anthropiques et naturelles.

Sur la presqu’île d’Arvert, depuis le XIXe siècle, le massif forestier des Combôts d’Ansoine est enraciné sur l’une des plus longues dunes côtières de Charente-Maritime. Cette forêt ravagée en 1976 par un important incendie est devenue la propriété du Conservatoire du littoral en 1978. L’ensemble du site est aujourd’hui géré par la Communauté d’agglomération Royan Atlantique en lien avec l’Office National des Forêts.

Cette image montre clairement la pression foncière exercée sur ce littoral. L’urbanisation arrive désormais en lisière de forêt et commence à certains endroits à la grignoter. De nombreux équipements touristiques ont vu le jour et notamment, des campings avec de grands complexes aquatiques.

Plusieurs parkings ont également été aménagés pour accéder aux plages de la Grande Côte et aux sentiers de promenade balisés dont le GR 4. Le territoire étudié est également un lieu prisé par les cyclotouristes qui empruntent de nombreuses pistes cyclables dont la Vélodyssée, véloroute qui traverse la Bretagne et longe l’Atlantique jusqu’à la côte basque. Enfin, nous apercevons distinctement le golf de 18 trous, propriété de la ville de Royan depuis 1977, sur le site du Maine Gaudin. Un centre équestre complète également cet équipement.

Chaque été, une importante fréquentation sur la Grande Côte accentue ainsi la pression naturelle déjà exercée par les vents et les marées, ce qui favorise l’érosion de la dune. La préservation des ensembles forestiers du territoire reste une nécessité au maintien du cordon dunaire très vulnérable. Gérer la fréquentation touristique sur ces sites sensibles est donc une priorité. Pour limiter l’étalement urbain, cet espace est classé « forêt de protection », ce qui lui assure un niveau de conservation et de protection des boisements. Cet espace est également inventorié en ZNIEFF et intégré au réseau européen Natura 2000.



Zoom 2

Le rétro-littoral : un territoire en perte d’identité rurale

Jusqu'au XIXème siècle, la rive droite de l'estuaire de la Gironde était faiblement urbanisée. Mais depuis la seconde moitié du XXème siècle, l’urbanisation progresse et gagne désormais la zone rétro-littorale. La pression foncière et immobilière des stations balnéaires a conduit à un étalement urbain en repoussant le développement de l’urbanisation au sein de l’arrière-pays royannais.

Les communes de Saujon, Breuillet, Saint-Sulpice-de-Royan, Médis… connaissent en effet une croissance démographique notable et le mitage des espaces ruraux est visible, comme ici sur l’image satellite, avec Breuillet, commune de 3.000 habitants environ au cœur de la Presqu’île d’Arvert. Depuis trente ans, sa population a doublé et cette bourgade semi-rurale est devenue une banlieue résidentielle, désormais intégrée dans la première couronne périurbaine de Royan. Bordé par l'estuaire de la Seudre au Nord avec le village de Mornac-sur-Seudre et ses marais salants visibles sur l’image satellite, son territoire marque la transition entre les grandes parcelles cultivées, et les paysages plus boisés et humides de la presqu'île d'Arvert.

L'arrière-pays se densifie donc peu à peu, au risque de perdre ses spécificités rurales. Limiter la pression foncière et une urbanisation dispersée sur les espaces agricoles reste un défi souligné par la communauté d’agglomération royannaise dans son schéma de cohérence territorial.


Zoom 3

IMAGES COMPLÉMENTAIRES


Royan et l’estuaire de la Gironde


Lieux repères

Images ont été prises par le satellite Sentinel 2A le 2 juin 2020. Il s’agit d’image sen couleurs naturelles de résolution native à 10m.

Contient des informations © COPERNICUS SENTINEL 2020, tous droits réservés.


Royan et l’estuaire de la Gironde sur le littoral atlantique.


Lieux repères

Images prises par le satellite Sentinel 2A le 2 juin 2020. Il s’agit d’image sen couleurs naturelles de résolution native à 10m.

Contient des informations © COPERNICUS SENTINEL 2020, tous droits réservés.

Références ou compléments bibliographiques 

Binot G. (1994), Histoire de Royan et de la presqu’île d’Arvert, Le Croît vif.

Busserolle P. Coord. (2011), Guide du paysage en Poitou Charentes, CREN Poitou Charentes, Geste Editions.

Piraudeau B. (2014), Les sports de plage, éléments de structuration d'une offre récréative littorale : l'exemple du territoire intercommunal royannais. Revue Européenne de Management du sport, n°44.

Site du Musée du Patrimoine du Pays royannais, Agglomération Royan Atlantique :  
http://www.pays-royannais-patrimoine.com

Le Schéma de Cohérence Territoriale de la CARA :
https://www.agglo-royan.fr/documents/10452/7106433/1-RP_tome2_version_arret_11-10-2019.pdf

Site du Conservatoire du Littoral : http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/20/28-les-combots-d-ansoine-17_charente-maritime.html

Site du SMIDDEST (Syndicat Mixte pour le Développement durable de l’Estuaire de la Gironde) https://www.smiddest.fr/

L'inventaire de l'estuaire de la Gironde : Royan, le front de mer : https://inventaire.poitou-charentes.fr/

Contributeur

Pauline Piraudeau, professeur d’histoire-géographie, BTS Tourisme, Lycée des Métiers du Tourisme Cordouan, Royan 

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