Guyane : Maripasoula et Haut-Maroni, une région transfrontalière enclavée entre la Guyane française et le Suriname

La région du Haut-Maroni ; organisée autour de Maripasoula, constitue une région transfrontalière particulièrement enclavée entre la Guyane française et le Suriname. Elle est recouverte en quasi-totalité par la forêt équatoriale humide amazonienne. Sa biodiversité exceptionnelle a conduit les pouvoirs publics français à créer un parc national en 2007 malgré les réticences des populations locales. Pourtant, l’espace forestier subit un mitage encore modeste mais significatif et croissant, dû à la mise en valeur du territoire par quelques activités agricoles limitées et surtout, par l’extraction minière, principalement aurifère. Sur ce front pionnier les tensions et conflits multiformes sont considérables.

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Légende de l’image satellite

Cette image de Maripasoula,  cœur du Parc amazonien de Guyane, a été prise par le satellite Sentinel 2A le 23 août 2018. Il s’agit d’une image en couleurs naturelles de résolution native à 10m.

L'image ci-contre présente quelques repères géographiques de la région ainsi que la zone d'étude.

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Repères géographiques

Présentation de l’image globale

La région de Maripasoula entre enclavement, préservation et mise en valeur

Un territoire très faiblement occupé

Un espace vide quasi-désertique en dehors de quelques isolats

Cette image satellite présente une zone forestière tropicale humide, globalement vide, appartenant à l’Amazonie. Elle est située au sud-ouest de la Guyane française et au sud-est du Suriname. La frontière entre les deux États serpente le long du fleuve Lawa, un affluent du Maroni long de 612 km.

Nous sommes ici dans un espace vide quasi-désertique en dehors de quelques isolats. On observe en effet de rares installations anthropiques, dont deux petites villes en Guyane : Maripasoula (voir zoom 1) au centre-sud de l’image et Papaïchton, plus au nord (voir zoom 2). Couvrant 18 360 km², soit une fois et demi la Région Ile de France à elle seule, la commune de Maripasoula présente une densité de seulement 0,7 hab/km2, la densité la plus faible de France. La commune voisine de Papaichtton – sensiblement plus petite avec 2628 km² -  porte une densité de 2,5 hab/km². 

De part et d’autre du fleuve-frontière, quelques villages hébergent des populations amérindiennes ou Busi-Nenge, terme désignant les descendants des esclaves ayant fui les plantations des colonies françaises et hollandaises. L’image laisse également apparaître des zones défrichées liées à l’orpaillage.

Un espace enclavé et mal relié

Comme on peut le constater, aucune route ne relie cette région aux centres économiques guyanais ou surinamiens bien plus au nord vers le littoral. Ainsi la région apparait particulièrement enclavée avec une accessibilité très faible : le fleuve constitue le seul axe de communication vers la zone littorale. Or il faut plusieurs journées de pirogue pour aller de Maripasoula et Saint-Laurent-du-Maroni, la grande ville de l’ouest guyanais, située en aval du fleuve près de son embouchure à environ 250 km.

Sur l’image on distingue quelques pistes, modestes axes de transport terrestre, dont la plus longue avec 31 kilomètres relie Maripasoula et Papaïchton, en rive droite du fleuve. En Guyane, d’autres pistes connectent les bourgs principaux avec des villages du fleuve et des sites d’orpaillage. Au Suriname, les pistes visibles sur l’image satellite serpentent le long des exploitations d’or.

La voie aérienne rend aussi possible l’accès à cette région grâce à plusieurs petits aérodromes locaux comme Marispasoula en Guyane, Cottica et Lawa Tabiki au Suriname. Les liaisons aériennes peuvent aussi se faire en hélicoptère : par exemple, Papaïchton possède un héliport. Mais le prix de ces liaisons aériennes est financièrement élevé et grève donc largement les coûts de transport. 

Un territoire volontairement isolé pour protéger les populations amérindiennes

Le sud de la Guyane, appelé autrefois Territoire de l’Inini, avait un statut administratif particulier jusqu’en 1969. En plus de la difficulté d’accès, ce statut protégeait le territoire des « incursions » métropolitaines par une interdiction de déplacement et de séjour imposée par la préfecture de Cayenne. Il s’agissait avant tout d’éviter le choc microbien qui aurait pu décimer les populations amérindiennes.

En outre, les Amérindiens qui vivent encore selon leurs coutumes traditionnelles ne souhaitent pas faire l’objet de « curiosité touristique ». Les restrictions d’accès aux villages amérindiens au sud de Maripasoula sont toujours en vigueur.

Un milieu naturel amazonien : eau, forêt, bouclier ancien et filons aurifères

La forêt tropicale humide occupe la quasi-totalité de cette image. Elle est cependant morcelée par un dense réseau hydrographique dominé par la Lawa, l’affluent du Maroni, bien visible au centre de l’image. Le long du fleuve alternent sauts aux rapides tumultueux et eaux plus calmes.
 
L’eau est omniprésente dans la région alors que la température moyenne annuelle est de 27,4°C, oscillant de 22,4 à 32,2 °C. L’hyper-humidité équatoriale et les précipitations abondantes - 2 421 mm/an et 214 jours en moyenne de précipitations, soit 59 % de jours de pluie par an - favorisent l’exubérance de l’immense couvert forestier. Dans les rivières, l’eau est à la fois source de nourriture (poissons), voie de communication, support des usages quotidiens et des coutumes symboliques traditionnelles.

La géologie de cette région s’inscrit dans l’ensemble Précambrien -  remontant à 2 milliards d’années - du bouclier des Guyanes, qui s’étend du Brésil au Venezuela et de l’océan Atlantique au bassin de l’Amazone. Des roches granitiques claires et des roches vertes d’origine volcanique - connues pour les gisements aurifères qu’elles peuvent contenir - dominent la région. Présentes dans une bande de territoire allant de Maripasoula à Camopi, elles se prolongent au Suriname où de longs filons aurifères sont exploités. Ils sont très visibles sur l’image – par exemple à l’ouest de Maripasoula - grâce la latérite couleur orange mise à nu par les déboisements.

La longue érosion de ce socle ancien a façonné les reliefs de massifs tabulaires à la topographie plane et limitée par des abrupts coiffés de cuirasses latéritiques très dures. Au nord des monts Atachi Bakka, visibles à l’extrême sud-est de l’image, l’altitude atteint 540 mètres. Les reliefs les plus hauts atteignent 670 mètres au nord de Maripasoula, c’est la Montagne Bellevue de Maripasoula. 

La Lawa, la rivière-frontière entre la Guyane et le Suriname sur le Haut-Maroni

Dès la période coloniale la frontière entre la Guyane française et l’actuel Suriname - ex-Guyane hollandaise - est établie sur le fleuve Maroni. Une Convention de 1915 signée par les deux parties fixe précisément la frontière sur les eaux médianes du fleuve, mais seulement entre Saint-Laurent-du-Maroni et le village actuel de Grand-Santi en Guyane.

Aucun traité n’a été ratifié jusqu’à présent pour la région du Haut-Maroni. Cela ne remet pas en cause le principe qui fait du Maroni la limite entre les deux États Mais la question est de savoir où coule le Maroni dans sa partie supérieure, c’est-à-dire quels en sont les affluents principaux ?

Le problème résulte du fait que, dans l’usage local, les fleuves changent de noms à chaque confluent important et en fonction des langues utilisées et des dialectes locaux. Le Maroni s’appelle Maroni de l’estuaire atlantique jusqu’à un premier affluent d’importance, le Tapanahoni. En amont, la Lawa a été reconnue comme le cours d’eau de plus grand débit qui prolonge le Maroni. Quand on continue à remonter le fleuve, l’affluent principal de la Lawa à partir du village amérindien d’Antecume Pata se nomme la Litani.

Un différend frontalier réglé à la fin du XIXe siècle grâce à l’arbitrage du Tsar de Russie

Au cours du XIXe siècle, la France et la Hollande s’appuient sur ces changements de nom pour justifier des revendications territoriales. Celles-ci émergent au moment de la découverte d’or dans les alluvions des cours d’eau du haut et du moyen Maroni. La ressource potentielle en or renouvelle donc l’intérêt des puissances coloniales pour ces régions inhabitées et peu mises en valeur jusqu’à présent. Ainsi naît un contesté entre les deux États. Longtemps délaissée, la région devient alors le centre de rivalités géopolitiques et géoéconomiques. 

Pour les Français, l’enjeu consiste à établir un contrôle sur un espace en grande partie dominé par les Noirs Marrons, les Bush-Nenge, alliés aux Hollandais. Ainsi, la France prétend que l’affluent principal du Maroni est le Tapanahoni, ce qui lui permettrait de posséder un vaste territoire de 25 000 km² s’étendant à l’ouest de la Guyane actuelle. La Hollande, quant à elle, prétend que c’est la Lawa.

Incapables de s’accorder, France et Hollande demandent l’arbitrage neutre du tsar Alexandre III en 1885. Celui-ci étudie le problème, consulte des géographes qui connaissent la région. Le tsar rend son arbitrage en 1891 qui est fondé sur deux arguments majeurs. La Lawa supportera la frontière entre les deux États parce qu’elle constitue le principal affluent du Maroni, son débit étant plus important que celui du Tapanahoni. Et aussi parce que la population Bushi-Nenge résidant entre les deux cours d’eau, donc à l’ouest de l’image, revendique son attachement à la Hollande.

La France ayant perdu un vaste espace aurifère, l’arbitrage est mal vécu par la presse nationaliste de la Belle Époque. Elle se déchaîne contre le tsar, mais le gouvernement annonce qu’il accepte la décision. Traversant l’image, la Lawa constitue désormais une frontière internationale reconnue et stabilisée.

La partie la mieux conservée de l’Amazonie


La biodiversité : l’argument premier de la volonté de protection

Dès les années 1970-1980, les scientifiques s’inquiètent de la vulnérabilité de la forêt amazonienne et de son recul alors que de nouvelles espèces restent à découvrir. C’est ainsi que naissent les premiers projets de protection de l’environnement forestier dans le nord du département de la Guyane.

Les aires protégées voient le jour dans les années 1990 sous différents statuts : réserve biologique, réserve naturelle nationale ou régionale, parc régional, site du Conservatoire du Littoral, zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), arrêté préfectoral de conservation du biotope etc.

Les aires protégées se diffusent ensuite dans le sud du département. Le parc national créé en 2007 complète le dispositif environnemental et lui donne une cohérence à l’échelle du département.

La difficile création d’un Parc national en Guyane française

Le projet de création d’un parc amazonien en Guyane française remonte au sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. La France s’engage alors à montrer l’exemple de la protection de l’environnement mondial en créant un vaste espace de préservation de la biodiversité guyanaise.

Le bon niveau de conservation de la forêt au sud de la Guyane apparaît comme idéal pour répondre à une logique naturaliste qui prévaut à l’établissement d’un parc. Mais rapidement, la logique économique émerge et se confronte aux réalités locales : le besoin de développement de la région, l’orpaillage et le refus des populations locales – qu’ils soient Amérindiens ou Bushi-Nenge - d’abandonner leur mode de vie traditionnel qui repose sur la pêche, la chasse et la culture des abattis, font émerger des intérêts divergents entre promoteurs du parc et acteurs locaux. La création du parc est complexifiée et ralentie. La tension entre préservation et valorisation paraît alors indépassable.

Lors des premières négociations, les populations locales estimaient ne pas avoir été suffisamment écoutées. Elles craignaient, en effet, que le parc n’entrave leur liberté. Le projet leur apparait comme une contrainte imposée par des acteurs étrangers, comme la manifestation d’une forme de néocolonialisme. C’est pourquoi les premières propositions de zonage du parc ont été rejetées. Le projet, relancé en 2003, envisage alors un nouveau zonage plus respectueux des besoins des acteurs locaux.

Le Parc national : un compromis laissant une large autonomie aux populations locales

Pour aboutir, il a fallu assouplir par voie légale les règles de préservation définies pour les parcs nationaux français en introduisant la notion de développement durable (loi de 2005). Ces évolutions législatives ont finalement permis un compromis débouchant sur la création du Parc amazonien de Guyane en 2007.

Ainsi le nouveau zonage du parc distingue une zone centrale ou cœur de parc couvrant deux millions d’hectares et qui est vouée à la protection de l’environnement et une zone de libre adhésion, périphérique couvant principalement la commune de Maripasoula, et vouée à la gestion durable des ressources naturelles.

Les modes de vie et les droits d’usage collectif traditionnels pour les activités de subsistance sont reconnus et conservés aux communautés anciennement installées.  Le décret de création du parc publié au Journal Officiel du 27 décembre 2007 prévoit une protection de l’environnement et des populations contre l’orpaillage légal ou illégal.

Le travail de concertation est toujours d’actualité. Le 1er février 2019, le Parc amazonien de Guyane, en collaboration avec les communautés locales, de Maripasoula et Papaïchton entre autres, lance un programme d’études scientifiques participatives. Afin de comprendre les pratiques de chasse et de pêche dans cette région ainsi que leurs évolutions. Afin de réfléchir à la gouvernance et aux processus de codécision avec les habitants en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles.

Le plus grand Parc national français couvrant 40 % de la Guyane

Le Parc national couvre une superficie de 3,4 millions d’hectares, soit 34 000 km2, c’est-à-dire 40 % de la Guyane. Il est peuplé de moins de 24 000 habitants, soit une densité 0,7 hab./km2. Il comprend des territoires appartenant à cinq communes, dont celles du Haut-Maroni : Papaïchton et Maripasoula, présentes sur l’image satellite, Saül et Saint-Élie au centre du département et Camopi à l’ouest (toutes trois hors de l’image).

Il est délimité par deux grands fleuves : l'Oyapock, frontière avec le Brésil à l’est, et le Maroni et ses affluents, frontière avec le Suriname à l’ouest. Il constitue le plus vaste parc naturel de France et de l'Union Européenne. Frontalier du Parc national brésilien du Tumucumaque – couvant lui 3,8 millions d'hectares, il contribue à former l'un des plus grands espaces protégés transfrontalier du monde.

Une biodiversité exceptionnelle

Avec sa faune, sa flore et l’endémisme de nombreuses espèces, la Guyane est le département français le plus riche en biodiversité. Le Parc amazonien dénombre près de 200 espèces de mammifères contre 100 dans l’hexagone, plus de 720 espèces d’oiseaux, 400 espèces de poissons d’eau douce avec un taux d’endémisme de 40 % alors qu’il n’en existe que 60 dans l’hexagone…

Des espèces emblématiques de la faune amazonienne attirent quelques touristes : jaguars, primates, loutres géantes, tapirs, caïmans, boas, coléoptères géants, papillons morpho de couleur bleu métallique… Mais d’une façon générale, les flux touristiques demeurent très limités.

Les scientifiques ont recensé 5 800 espèces végétales dont 1500 arbres, dont certains géants atteignent 50 mètres de hauteur, soit un dixième de la biodiversité végétale mondiale. La biodiversité guyanaise se caractérise par le fait qu’un petit nombre d’espèces est représenté par un grand nombre d’individus, alors qu’un grand nombre d’espèces n’est représenté que par quelques individus.

L’arbre, roi de la forêt : le système d’étagement de la canopée

La biodiversité dépend des différents étages de la forêt. Dans le sous-bois, les plantes et les animaux développent des stratégies leur permettant de vivre avec très peu de lumière puisque parfois seulement 1 % du rayonnement solaire parvient au sol : les plantes poussent lentement, réduisent leur feuillage... L’humidité ambiante favorise le développement de champignons, mousses et lichens.

Dans l’étage moyen, des arbres juvéniles attendent une ouverture pour atteindre la canopée. Des plantes épiphytes, telles les orchidées, poussent en se servant d'autres plantes comme support mais sans être des parasites puisqu’elles ne vivent pas au détriment de leur hôte. Les réseaux de lianes, des plantes mobiles, relient les arbres les uns aux autres.

Enfin, vers 30-40 mètres, la canopée étale son dense tapis végétal formé des couronnes des arbres adultes et des houppiers des lianes. Une intense vie animale s’y développe avec des insectes, des serpents, des singes et des oiseaux colorés. Les couronnes des arbres semblent s’éviter et délimiter un territoire qui leur est propre. Ainsi vue de dessus, la canopée ressemble à un chou-fleur ou à un bouquet de persil. La canopée évolue en fonction de la saison : la saison sèche correspond en général à la floraison, la saison des pluies à la fructification.

Le chablis : dynamique de forêt

Les chutes d’arbre ou chablis constituent le moteur de la régénération naturelle forestière. Il concerne en permanence environ 1 % de la surface forestière. Les chutes d’arbres qui engendrent leur mort se produisent à la faveur d’événements climatiques : pluie abondante, saison sèche, vent fort….

L’espace dégagé par la chute d’un arbre - qui souvent en entraîne d’autres par le jeu des lianes - offre une trouée de soleil que les graines dans le sol et les plantes héliophiles comme le bois canon saisissent comme une opportunité pour se développer. Les espèces pionnières croissent alors rapidement, avec des espèces cicatricielles ou nomades. Enfin, des essences de grands arbres poussent sous les espèces pionnières et finissent par les supplanter : angélique, gonfolo rose, wacapou, amourette… Elles participent à régénérer la forêt et à combler définitivement la trouée.

Espaces déboisés et mise en valeur agro-forestière


L'abattis : un mode traditionnel extensif de mise en valeur agricole

On peut observer sur l’image satellite à proximité des villages et des bourgs que l’espace forestier est mis en valeur par les communautés rurales. Au nord de Maripasoula ou le long de la piste qui va de Papaïchton au village de Boniville, le vert clair et le brun indiquent la présence d’abattis. Ce mode de culture qui repose sur le brûlis exige peu d'investissements financiers mais un travail conséquent. Mais il permet l'autosubsistance alimentaire des familles.

En début de saison sèche, le cultivateur choisit un terrain bien drainé. La végétation basse, les arbustes et les lianes sont coupés à la machette. Les arbres sont abattus à la hache ou à la tronçonneuse. Le cultivateur conserve toutes les plantes dont il peut tirer un produit ou un avantage ; telles des tiges solides pouvant faire fonction de tuteurs aux haricots et à l’igname).

À la fin de la saison sèche, le cultivateur met le feu à la végétation coupée et laissée sur place. L'incendie détruit en partie la biomasse, mais épargne les arbres laissés debout. Les cendres enrichissent la terre de leurs éléments nutritifs. Le feu détruit les insectes nuisibles et les graines des mauvaises herbes. Des troncs, des souches et des racines carbonisés, mais pas entièrement consumés, qui gisent au sol pêle-mêle, freinent le ruissellement des eaux de pluie et par conséquent limitent l'érosion de la couche d'humus.

Au début de la saison humide, le cultivateur plante, sème ou repique une dizaine d'espèces : manioc, riz, dachine, maïs, igname, piment, gingembre, canne à sucre, ananas, bananier, citronnier… La récolte s’étale dans le temps en fonction des plantes jusqu’au début de la prochaine saison sèche.

Une agriculture nomade, une lente progression des abattis

Dès la seconde année, il faut préparer un nouveau terrain, car très rapidement le recrû des végétaux et l'invasion d'insectes, comme les fourmis-manioc, compromettent la récolte future. Pour que le terrain donne une deuxième puis une troisième année, il faut dépenser beaucoup d’énergie en sarclage, désherbage…

En général, après la troisième année, l'abattis doit être abandonné, la terre laissée en jachère. La végétation naturelle reprend alors le dessus, une forêt secondaire repousse. À l'issue d’une dizaine d’années, quand la masse de végétaux à brûler sera suffisante et que les sols seront reposés, le cultivateur pourra cultiver à nouveau la même parcelle.

Le vaste espace forestier constitue une réserve foncière sans limite sauf celle de l'accessibilité et des droits de propriété. Même si en Guyane, la forêt est principalement une forêt domaniale gérée par l’ONF. Ces droits ne sont pas toujours respectés.

Malgré les apparences, le système de l’abattis respecte relativement l'environnement. Le cultivateur, compte tenu de son modeste équipement, ne peut défricher que des espaces réduits. Mais la poussée démographique de la région du Haut-Maroni oblige à pratiquer des rotations de plus en plus courtes et à augmenter les défrichements. Quand les espaces cultivés sont trop rapprochés, la vulnérabilité face aux insectes ravageurs, en particulier les fourmis-manioc, augmente.

L’orpaillage : front pionnier, activité minière et activités clandestines


L’orpaillage : la seule véritable activité économique de la région

L’image satellite nous montre des zones d’orpaillage qui s’étendent sur plusieurs dizaines de kilomètres vers Maripasoula : à l’ouest au Suriname et au nord-est en Guyane, avec la mine d’or de Yaou dans la Montagne Couronnée.

Sur la Lawa, en amont et en aval de Maripasoula, l'orpaillage sur barge connaît une spectaculaire progression depuis les années 1990, constellant le fleuve de petits chantiers d'exploitation souvent illégaux. Economiquement et socialement, la commune de Maripasoula constitue la base arrière des orpailleurs.

L’orpaillage divise les communautés

L'orpaillage permet aux Bushi-Nenge de s'intégrer dans une économie monétaire en leur fournissant des revenus importants. Les orpailleurs constituent un groupe d'acteurs influents, capables de bloquer les projets de protection environnementale comme cela a été le cas à plusieurs reprises avec le Parc amazonien. Ils considèrent en effet que l'accès à la ressource aurifère est un droit imprescriptible, au même titre que l'accès aux autres ressources naturelles accordé aux populations amérindiennes.

Les Amérindiens sont globalement peu impliqués dans l’orpaillage même si des jeunes vendent de plus en plus souvent leur service de piroguier aux orpailleurs, ce qui peut d’ailleurs créer des conflits entre jeunes et anciens. Car les Amérindiens souffrent fortement des dégâts causés à l’environnement par les orpailleurs. Ceux-ci occupent illégalement les lieux de chasse, de pêche ou de parcours. Il en résulte un climat parfois très tendu entre communautés.

Deux types de gisements aurifères : primaires et secondaires

Les gisements primaires constituent des anomalies géologiques, c'est-à-dire des concentrations exceptionnelles d'or dans les roches, concentrations souvent présentes dans des filons de minéraux, comme le quartz, remaniés par la tectonique et le volcanisme. L'exploitation d'or primaire nécessite des travaux souterrains lourds : forage de puits et de galeries profondes, concassage, broyage, débourbage de la roche, décapage mécanique par des jets d’eau…

Les gisements secondaires proviennent de la destruction progressive des gisements primaires par l'érosion. Les minéralisations aurifères des roches sont libérées, puis transportées par les eaux de ruissellement. Leurs accumulations dans les lits des cours d'eau forment des gisements alluvionnaires, les placers. Ces derniers sont plus aisés à exploiter et constituent la principale origine de la production en Guyane.

Une activité gravement polluante

Dans les deux types de gisement, les techniques de lixiviation des métaux consistent à séparer l’or et les résidus de roche grâce à du mercure ou du cyanure, éléments chimiques qui permettent d’amalgamer l’or et de le récupérer sous forme de poudre.

L’usage de ces produits dangereux est strictement réglementé, le premier étant d’ailleurs interdit d’utilisation en Guyane par une directive de l’Union européenne depuis 2006. Souvent rejetés sans précaution dans l’environnement, surtout sur les sites illégaux, ils causent des dégâts considérables à la faune et la flore aquatiques, donc à la chaine alimentaire.

Les populations installées sur les rives des fleuves subissent directement les pollutions dues au mercure ou au cyanure en consommant l’eau du fleuve, le poisson ou le gibier contaminés. Des troubles de santé (problèmes rénaux, nerveux, mentaux) et des retards de croissance pour les enfants sont fréquents chez ces populations.

Des atteintes durables à l’environnement

Pour exploiter l’or, les orpailleurs déboisent les sites mettant à nue la roche : en faisant disparaître la couche superficielle d’humus, ils empêchent la végétation de repousser plus tard.

Ils ouvrent des fosses d'exploitation, très visibles sur l’image au Suriname, pour stocker l’eau souillée par le mercure ou le cyanure, sans souci des rejets possibles et des fuites de ces bassins. Parfois, ils détournent des criques, les cours d'eau secondaires; les rejets d'eau contenant des matières en suspension (boues jaunâtres) s'échappent des exploitations et perturbent les écosystèmes aquatiques.  Les huiles et les carburants utilisés dans les machines fuient aussi dans les cours d’eau. Des vestiges de machines abandonnées, des fûts vides rouillent pendant des années. Évidemment en cas d’orpaillage illégal, les anciens sites ne sont jamais dépollués. Enfin, les orpailleurs qui se nourrissent de gibier accentuent la disparition d’espèces animales à proximité des sites. 

Une activité qui a connu des hauts et des bas en lien avec les prix mondiaux

La découverte officielle de l’or en Guyane remonte à 1854 et son exploitation a connu des périodes plus ou moins fastes. Dans l’ouest guyanais, le XIXe siècle correspond à une véritable ruée vers l'or. Les premiers orpailleurs utilisaient des méthodes artisanales symbolisées par l’utilisation du tamis puis, ensuite, de grandes sociétés aurifères ont développé des techniques industrielles.

Après la Première Guerre mondiale, l'épuisement des gisements a engendré le ralentissement de l’activité. A partir de 1950, la production s’arrête pratiquement. Mais dans les années 1980, la réévaluation des cours mondiaux de l'or fait repartir l’activité et la production en Guyane.

La production actuelle d’or

L’inventaire minier de la Guyane - mené de 1975 à 1995 par l’État via le BRGM, le Bureau de recherches géologiques et minières - évalue le potentiel exploitable à 210 tonnes d’or primaire. La Guyane compte aujourd’hui 12 permis d’exploration, 4 permis d’exploitation et 29 concessions. C’est la préfecture qui délivre les permis et les autorisations d’exploiter l’or à condition de réhabiliter les sites après l’exploitation.

La production d’or par la filière légale en Guyane connaît d’importantes variations d’une année sur l’autre, mais oscille depuis le début des années 2010 entre une et deux tonnes par an pour un chiffre d’affaires de près de 40 millions d’euros. L’activité n’emploie qu’un millier de personnes. Bien que modeste, l’extraction d’or représente la deuxième filière industrielle de Guyane. Comparativement, le Suriname voisin, où les conditions géologiques sont équivalentes à celles de la Guyane, produit dix fois plus d’or.

Orpaillage illégal et violence en région frontalière

Le problème de la Guyane réside dans l’importance de l’extraction illégale, qui est nettement plus dynamique que l’activité minière légale. L’orpaillage illégal prive les collectivités territoriales de recettes fiscales qui manquent cruellement pour développer le département.

Par définition difficile à estimer, la production illégale d’or s’élèverait à 5-10 tonnes par an avec plus de 6 500 orpailleurs illégaux travaillant dans 600 à 700 sites dans toute la Guyane. Ils sont recensés assez précisément chaque année par des observations aériennes et des enquêtes locales. On en trouve près de 200 dans le Parc Amazonien de Guyane. Cette activité constitue donc une grave nuisance pour le Parc.

Les orpailleurs illégaux viennent la plupart du temps des pays voisins : ce sont des garimpeiros brésiliens ou surinamais, sortes d’aventuriers armés, violents, rêvant de faire fortune et prêts à tout pour gagner un peu d'argent. Ils sont au centre des tensions communautaires et des rivalités pour l'occupation de l'espace et l'utilisation des ressources.

Dans cette région frontalière centrée sur un fleuve, des bandes organisées de maraudeurs attaquent aussi les grands chantiers et contribuent à faire de la région de Maripasoula un Far West moderne. La consommation de drogues et d'alcool contribue à augmenter l’insécurité ambiante.

Une âpre lutte contre l’orpaillage clandestin

En 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy engage les Forces françaises en Guyane (FAG) dans une mission de longue haleine qui vise l’éradication de l’orpaillage illégal sur le territoire guyanais : l’opération Harpie - du nom d’un grand rapace de la forêt équatoriale - commence. Elle succède à l’opération Anaconda menée au début des années 2000. La mission est renouvelée par Emmanuel Macron sous le nom de Harpie 2.

La lutte contre les orpailleurs clandestins venus des pays limitrophes, qui polluent et pillent les ressources guyanaises, est menée sous la direction du préfet de région. Ainsi, les gendarmes et les FAG contribuent à assurer la sécurité des populations locales et à protéger l’environnement aquatique et forestier contre les destructions afférentes à l’orpaillage.

Les contacts avec les orpailleurs peuvent être violents. En juin 2019, quatre militaires français ont été blessés lors d’une patrouille fluviale à Maripasoula dans le cadre de l’opération Harpie. Depuis dix ans, plusieurs ont perdu la vie dans ce type de mission.

Zooms d’étude

Maripasoula, la plus vaste commune de France

Une commune du Parc amazonien

Avec un territoire de plus de 18 000 km2, la commune de Maripasoula est la plus vaste commune de Guyane et de France. Grande comme une fois et demie la région Ile-de-France, son territoire est presque exclusivement recouvert de forêt appartenant au Parc amazonien de Guyane. A Maripasoula, une Maison du Parc permet l’accueil des visiteurs, car des randonnées sont organisées au départ de Maripasoula, et fait le lien entre les populations locales et l’administration du parc.

On peut observer sur l’image satellite les déboisements occupés par des abattis au nord du bourg de Maripasoula, le long des pistes qui partent vers Yaou, où se trouve une mine d’or, ou Papaïchton à l’aval du fleuve. Les effets de la sédentarisation et de la pression sur le foncier due à l’augmentation de la population commencent à poser des problèmes en termes d’extension des surfaces cultivées et de régénération de la forêt et des sols.

Une population diverse et en croissance

Créée seulement en 1947, la commune de Maripasoula doit son nom au saut Maripa, un rapide situé sur la Lawa. Jusqu’en janvier 2020, un arbre géant - le Fromager, véritable icone locale, accueillait les visiteurs sur les berges de la ville. Il a été abattu depuis.

La population de la commune avoisine les 14 000 habitants, répartis sur plusieurs sites. La densité de population de 0,7 hab./ km2 reflète le vide forestier du sud du département. Le chef-lieu visible au centre de cette image accueille la majeure partie de la population communale. Celle-ci est composée principalement de Bushi-Nenge, de Créoles, de fonctionnaires originaires de l’hexagone et d’orpailleurs aux origines variées. 

Cette forte croissance démographique et donc urbaine a reposé pour l’essentiel sur la construction sans permis de maisons sauvages sur des terrains squattés, un habitat spontané et informel peu onéreux et sans grand risque. Ce processus explique que 90 % des habitants du bourg ne disposent pas de titres de propriété et 80 % de permis de construire. Lancée en avril 2016 à l’initiative de la Municipalité et de l’EPFA Guyane,  le plan RFMOST - Régularisation Foncière de Masse des Occupants Sans Titre – vise à régulariser les occupants sans titre afin d’engager les opération urbaines sur des bases juridiques solides. L’objectif  de cette opération d’aménagement vise à revitaliser le bourg en lui créant une vraie polarité administrative, sanitaire et commerciale. 

En amont du Haut-Maroni - sur la Lawa puis la Litani - la commune comporte de petits villages amérindiens Wayana (hors image) : Elahé, Twenké, Antécume Pata… Ils regroupent quelques dizaines ou quelques centaines d’habitants. Des Amérindiens Emerillon habitent aussi de très petits villages installés sur les rivières Tampok et Waki.

Tous ces villages ne sont accessibles qu’en pirogue après plusieurs heures d’une navigation parfois difficile à cause des sauts à franchir. Même si le fusil a remplacé l’arc pour la chasse, si le moteur a remplacé les pagaies dans les pirogues et que parfois des groupes électrogènes ou des centrales photovoltaïques fournissent de l’électricité, la vie dans les villages amérindiens demeure très traditionnelle.

Une faible accessibilité

En pirogue, il faut plusieurs jours de navigation pour rejoindre Saint-Laurent-du-Maroni à partir de Maripasoula. Le petit aérodrome, situé à 3,5 kilomètres au nord du bourg, offre une liaison régulière avec Cayenne. Mais la population locale souffre d’isolement et d’un sentiment de marginalisation.

Beaucoup d’habitants - principalement parmi les nombreux jeunes qui représentent plus de 50 % de la population - rêvent de s’installer sur le littoral ou dans l’hexagone. Certains franchissent le pas et entretiennent ainsi un exode rural encore important dans la région.

Ce flux est contrebalancé par le dynamisme démographique de la commune puisqu’elle ne comptait que 3 700 habitants en 1999. L’arrivée d’habitants de Papaïchton attirés par les équipements de Maripasoula ou de migrants du Suriname, dont les orpailleurs, constituent un groupe important.

L’orpaillage : la menace

L’activité aurifère sur le Haut-Maroni s’est développée dans les années 1990 et constitue la principale activité économique de la région. On peut voir à l’extrême ouest de l’image, l’exploitation aurifère du côté du Suriname.

Sur le territoire guyanais, les nombreux sites illégaux font de la région un espace de tension entre les communautés à cause des impacts environnementaux négatifs de l’orpaillage. La gendarmerie et des détachements du 9e Régiment d’infanterie de marine interviennent périodiquement pour lutter contre cette activité dans le cadre de l’opération Harpie. 

Une commune limitrophe du Suriname : fleuve frontalier, attractivité, porosité

La frontière entre la Guyane et le Suriname, qui serpente le long de la Lawa, est très poreuse. Elle est traversée de nombreux flux quotidiens de personnes et de marchandises. En effet, l’identité locale n’est pas définie par la nationalité française ou surinamienne mais par l’appartenance communautaire, ce qui rend la notion de frontière peut opérante dans cet espace.

Par exemple, le dispensaire de Maripasoula attire des populations de toute la région : 60 % des patients y sont étrangers. Ces derniers, sans papiers et sans couverture sociale, sont pris en charge par l’État français, y compris dans les cas les plus graves, lorsque le SAMU évacue en hélicoptère les patients vers l’hôpital de Cayenne.

Par ailleurs, les habitants de Maripasoula s’approvisionnent depuis quelques temps dans les commerces d’Albina 2, un village-entrepôt qui a émergé de l’autre côté du fleuve bien visible sur l’image satellite mais dont un incendie a détruit une partie des entrepôts en décembre 2019.

Les prix des produits y sont moins chers que du côté français et surtout les orpailleurs peuvent acheter le matériel de travail dont la vente est interdite sur la rive guyanaise afin de dissuader les activités clandestines. Ainsi, la frontière a une existence bien réelle et concrète puisqu’elle produit un espace différencié et des relations commerciales.


Zone d'étude : Maripasoula


Repères géographiques

Papaïchton, une commune hyper-enclavée

Située à 30 kilomètres au nord de Maripasoula, la commune de Papaïchton couvre une superficie forestière de 2 600 km², en partie comprise dans le Parc amazonien. Elle est peuplée de près de 7 000 habitants, très majoritairement des Bushi-Nenge Aluku. Comme Maripasoula, la population connait une forte croissance puisqu’elle ne comptait que 1 600 habitants en 1999, soit plus qu’un quadruplement en vingt ans. On trouve aussi sur le territoire de la commune des villages amérindiens Wayana, installés sur les berges du Haut-Maroni.

La commune est née de la francisation des populations du fleuve dans les années 1960-1970. Pendant plusieurs années, la commune a porté le nom de Papaïchton-Pompidou en l’honneur du président Georges Pompidou.

La seule piste, qui relie le bourg avec Maripasoula,  serpentée vers le sud-est en rive droite. C’est le seul axe de liaison terrestre de cet espace. Papaïchton est donc l’une des communes les plus enclavées de Guyane et de France.  Vers l’ouest, on peut observer les abattis disposés de part et d’autre de la piste qui va en direction des villages de Boniville (Agodé), Loka et Nouvel-Assissi.

Un camp d’orpailleur, Magnum City, sur la rive surinamienne de la Lawa en face de Papaïchton, rappelle que l’exploitation de l’or est la principale activité économique de la région.


Zone d'étude : Papaïchton


Repères géographiques

Image complémentaire


Image complémentaire

A l’ouest de Maripasoula, en rive droite de la Lawa s’étendent au Suriname voisin de vastes chantiers miniers d’orpaillage.


Repères géographiques

Références ou compléments bibliographiques

Sur la Guyane dans le site Géoimage

Patrick Blancodini : Le Maroni, fleuve-frontière entre la Guyane française et le Suriname
Manon Arnaud - Cayenne : les défis de l’aménagement d’une métropole régionale appartenant aux Nords avec des dynamiques du Sud
Frédéric Barbier - Le littoral de Guyane Française : forte dynamique côtière en Amazonie
Vincent Doumerc - Guyane. Kourou : le Centre spatial guyanais, le port spatial européen

Sur le site Géoconfluences de l’ENS de Lyon

Patrick Blancodini, « La frontière Suriname – Guyane française : géopolitique d’un tracé qui reste à fixer », Géoconfluences, septembre 2019.
Patrick Blancodini, « La forêt guyanaise française : entre valorisation et protection », Géoconfluences, publié le 21/03/2005.

Autres sites et documents

Moïse Tsayem Demaze, « Le parc amazonien de Guyane française : un exemple du difficile compromis entre protection de la nature et développement », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Environnement, Nature, Paysage, document 416, mis en ligne le 27 mars 2008, consulté le 22 mai 2020. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/17203 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.17203
 
Site du Parc national amazonien

Maripasoula. Programme de rénovation Centres Bourgs  

Contributeur

Patrick Blancodini, professeur agrégé d’histoire et géographie, professeur en CPGE au lycée Ampère à Lyon.

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