31 Mars 2018

Séoul

Capitale de la Corée du Sud, Séoul est une ville de 10,2 millions d’habitants polarisant une aire métropolitaine de 25,6 millions d’habitants, ce qui la hisse au rang des grandes mégalopoles mondiales. Centre névralgique du pays et principal moteur de la forte croissance qu’à connu le pays depuis les années 1960, la ville-centre connaît depuis de profondes et permanentes mutations urbaines.

Une ville-capitale de dix millions d’habitants : Capitale de la Corée dès 1394, Séoul est située au cœur d’une plaine bordière de la Mer Jaune dans l’ouest de la péninsule. Entourée d’un cadre de collines de 300 à 400 m. d’altitude, elle est traversée d’est en ouest par le fleuve Han dont l’embouchure se trouve à une vingtaine de km à l’ouest du document. Capitale de la Corée dès 1394, elle est alors en position centrale par rapport à l’assise territoriale du pays. Mais depuis la partition du pays pendant la Guerre froide, elle se retrouve aujourd’hui excentrée comme capitale de la Corée du Sud à seulement 45 kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord. S’étendant sur 605 km2, soit 30 km nord-sud et 35 km ouest-est, la ville est peuplée de 10,2 millions d’habitants (17 300 hab./km2). Elle est organisée en 25 districts autonomes (les « gu », comme Yongsan-gu, Jung-gu ou Jongno-gu…) qui correspondent à des arrondissements. 

Le site historique originel, dans le district de Jongno, est assez éloigné du fleuve Han (4 km.). Bien visible, il se déploie au nord entre deux collines. Au nord-ouest de celui-ci se trouve la colline de Inwang-san (338 m) dont le couvert végétal apparaît de couleur marron. Au sud-est se trouve la colline de Nam-san (262 m., la « montagne du sud ») se distingue par des pentes plus raide, d’un couvert végétal plus vert et portant la tour de la télévision. Le site a été choisi selon les préceptes de la géomancie et de la cosmogonie du monde sinisé, que l’on retrouve aussi bien en Chine qu’au Japon, et qui sont toujours en vigueur. On repère entre les deux collines un axe nord/sud organisé par une vaste place rectangulaire aboutissant au nord à un ensemble monumental : l’ancien palais royal en cours de rénovation. Cet espace se caractérise aussi plus au sud par l’importance et la densité de ses hautes tours, c’est le quartier des affaires, ou Central Busines District en anglais, de Chongro. 

Cet axe nord/sud se continue au sud jusqu’à la grande gare principale de Séoul qui apparaît bien en blanc entre les deux pointes les plus rapprochées des collines. Elle joue un rôle essentiel dans les circulations et est donc un autre pôle majeur de centralité. Cet axe se poursuit vers le fleuve Han par un imposant et large couloir ferroviaire bien marqué dans le paysage et qui représente une coupure urbaine majeure entre l’ouest et l’est de la ville-centre. En se rapprochant du fleuve, on distingue bien vers l’ouest un vaste espace libre en travaux : c’est l’ancien emplacement d’une immense gare de triage et d’ateliers ferroviaires en cours de réurbanisation. A l’est du couloir ferroviaire se déploie un très vaste ensemble lui aussi en pleine refonte urbaine dans le district de Tingsan : c’est l’ancienne base militaire qui contrôlait Séoul d’abord en accueillant le quartier général de l’armée impériale japonaise du temps de la colonisation 1910/1945, puis ensuite le quartier général des forces armées étatsuniennes, toujours très présentent en Corée du Sud. 
On doit enfin relever historiquement la coupure urbaine qu’à longtemps représenter le fleuve Han, au cours maîtrisé tardivement, jusqu’à la multiplication des ponts à partir des années 1970. On en compte neufs sur le document, routiers ou ferroviaires.  Les rives du fleuve accueillent en particulier les grandes autoroutes urbaines. Sur la rive gauche du fleuve, deux repères sont eux aussi bien visibles. Sur la bordure sud du document et en position centrale apparaît une colline aux pentes boisées mais dont le sommet plan porte le grand cimetière militaire de Séoul. Vers l’aval, l’ancienne île de Youido est elle aussi clairement identifiable par sa forme en amande. 

Une fine mosaïque urbaine marquée par la guerre puis la croissance

Paradoxalement sur cette photo, alors que l’essentiel de l’espace urbain a été construit en seulement trois décennies, on demeure marqué par la difficulté à disposer d’une lecture à partir des codes urbanistiques occidentaux. La ville-centre de Séoul apparaît en effet comme un espace-mosaïque complexe aux très fortes densités. Souvent à des échelles très fines, au niveau du quartier ou de l’îlot, sont juxtaposées des structures urbaines, architecturales et fonctionnelles très différenciées qui témoignent d’un rapport spécifique au temps et à l’espace.

Séoul est en effet une ville dont le tissu urbain est profondément marqué par la guerre puis les différents cycles de croissance urbaine. Elle se retrouve plusieurs fois sur la ligne de front durant la guerre de Corée (1950/1953) qui conduit à un effondrement de sa population et à de très importantes destructions urbaines (environ 50 % du bâti). La ville ne retrouve son niveau démographique d’avant-guerre (1,6 million hab.) qu’en 1957 du fait du retour des Séouliens et de l’arrivée massive de réfugiés. Opérant en urgence et sous fortes contraintes multiformes, la reconstruction et la phase d’industrialisation, lancée par le 1er plan quinquennal de 1962, portent la population à 8 millions d’habitants en 1970. Sur le document, c’est donc durant cette période de 1960-1970 qu’est urbanisé, en dehors du noyau historique, l’essentiel de l’espace représenté. La ville franchit alors largement le fleuve Han, grâce à la construction de nouveaux ponts et au lancement du métro qui ouvrent la rive sud à l’urbanisation, et grimpe aussi à l’assaut des collines périphériques, cependant peu lisibles sur le document.

Cette réalité renvoie depuis les années 1960 aux jeux des acteurs, publics et privés, et à leurs choix stratégiques. La croissance urbaine s’est en effet développée souvent dans l’urgence, en l’absence d’un plan d’urbanisme d’ensemble laissant libre place aux jeux du marché et des acteurs privés qui multiplient les opérations au grès des opportunités foncières et spéculatives. Dans ce contexte de large laissez-faire, les opérations urbaines qui s’échelonnent depuis des décennies sont fondées sur une destruction quasi-systématique des bâtis antérieurs. C’est ainsi qu’aujourd’hui seulement 3 % des logements datent d’avant la Guerre de Corée. Ce sont les effets de ce processus permanent de recomposition in situ du tissu urbain qui sont bien lisibles sur le document.

Dans les années 1980/1990, la ville atteint avec 10,6 millions d’habitants son plafond démographique. La forte croissance économique et la multiplication des opérations de prestiges (Jeux asiatiques de 1986, Jeux olympiques de 1988) font alors de Séoul une vitrine urbaine : création d’un nouveau quartier olympique au sud-est (non visible sur le document), reconquêtes des berges du fleuve Han, par contre bien visibles, lancement de nouveaux quartiers d’affaires (cf. île-amande de Youido), nouvelles lignes  de métro (10 au total)….  

Depuis les années 2000, de nouvelles problématiques se font jour. Après l’urbanisation sauvage, et parfois largement spéculative, des années de forte croissance, la ville multiplie les grands chantiers d’urbanisme. Mais l’attention est plus portée sur la résolution des principaux dysfonctionnements (saturation, embouteillages, pollutions, trafic automobile urbain de 33 millions de véhicules/jour…), sur l’amélioration de son cadre de vie urbain et sur l’affirmation de Séoul comme une grande mégalopole mondiale. Les nouvelles opérations de prestige s’inscrivent dans le cadre de la mondialisation, en particulier au plan national face au voisin nord-coréen et en Asie de l’Est face aux deux géants voisins que sont le Japon et la Chine.  Insérée dans la course au gigantisme urbain emblématique des grandes métropoles mondiales, la sky-line de Séoul est progressivement transformée par l’érection de nouveaux bâtiments emblématiques comme la Lotte Super Tower 123 culminant à 555 mètres de haut ouverte en 2016. 

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