Occitanie - Le bassin de Decazeville : un ancien « pays noir » en espace rural de moyenne montagne porté par l’aéronautique

Tout au nord de la Région Ocitanie, le bassin de Decazeville se situe à la limite nord-ouest du département de l’Aveyron, à une trentaine de kilomètres de Rodez et à une vingtaine de kilomètres de Figeac (Lot). Anciennement organisé par l’exploitation d’un gisement de houille, ce bassin intra-montagnard présente aujourd’hui trois grandes caractéristiques : c’est un pôle industriel et urbain au cœur d’une région très rurale, un ancien « pays noir » qui porte encore les stigmates d’un passé industriel et minier révolu et, enfin, un territoire qui cherche depuis des décennies des voies de reconversion afin de demeurer un bassin dynamique tout en se détacheant d’une image négative, encore très preignante dans sa région. Ce processus est facilité par la forte croissance de l’industrie aéronautique toulousaine qui trouve dans ces bassins périphériques organisés par des petites pôles urbains secondaires des relais (cf. cluster de la Mecanic Valley) pour sa sous-traitance régionale.
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Légende de l’image

Ce cliché a été pris par le satellite Pléiade 1 A, le 13 octobre 2012. La résolution de l’image est de 0.70 m par pixel, ramenée après ré-échantillonnage à 0.50 m. Le cliché est en couleurs naturelles et recouvre un territoire de 12.5 km sur 6.75 km de côté. Le Nord géographique est dans le prolongement de la diagonale qui part du coin inférieur droit de l’image pour aller vers le coin supérieur gauche.

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Présentation de l’image globale

Decazeville  : un ancien « pays noir » en espace rural de moyenne montagne

Trois entités géographiques bien distinctes

L’ensemble est dominé par une série de plateaux de moyenne montagne qui oscillent entre 450 et 596 mètres d’altitude pour le Puy du Fraysse (pointe enherbée visible en haut à droite de l’image). C’est un espace agricole où alternent prairies et parcelles cultivées (fourrage, céréales). L’habitat, très dispersé, est composé de hameaux et de fermes isolées. Chaque plateau est séparé des autres par un réseau hydrographique très encaissé et étroit, dont les pentes sont laissées à la forêt (chênes tauzin, châtaigniers, hêtres) et orienté S-E / N-O. Ce paysage de bocage très accidenté est typique des « ségalas » ou de la « Chataigneraie » aveyronnaise, unité géographique qui parcourt la bordure occidentale cristalline du Massif central, de la Montagne Noire au sud, au Limousin au nord. L’orientation générale des talwegs souligne le réseau de failles qui délimitent les ensembles géomorphologiques et notamment le bassin houiller.

La deuxième entité est le bassin houiller et industriel à proprement parler. Il se distingue au bas de l’image par les aménagements anthropiques le long du Riou Mort, du ruisseau du Banel et le village de Combes (plus au sud), et de l’Enne où s’étend la ville de Cransac-les-Thermes (à l’angle inférieur droit de l’image). Chacune de ces trois vallées est séparée par des collines de faible altitude marquées par l’activité minière (mines à ciel ouvert ou « découvertes ») et la toponymie : la « Montagne qui brûle » est le nom donné au Bois de la  Fraysse, entre Combes et Cransac. 

Le dernier ensemble est la vallée du Lot, située à 4 km de Decazeville. Cette rivière qui descend des Cévennes change ici de caractère et devient plus calme. La vallée s’élargit et l’intérieur des méandres se comble d’alluvions, ce qui permet une agriculture irriguée intensive. Le Lot est aussi une voie de communication qui permet le désenclavement du bassin. Rendu navigable par Colbert, le Lot a permis les transactions avec Bordeaux et l’Angleterre par bateaux, puis par le train. Enfin la route (Brive-Rodez) suit aussi cette vallée et traverse le bassin le long du Riou Mort.

Cette image juxtapose donc des espaces très contrastés et très cloisonnés, qui, associés à l’histoire industrielle du territoire, ont façonné l’image du «bassin » : un bassin géologique, industriel, de vie et pour finir, un espace vécu et revendiqué.

Révolution industrielle, charbon, fer et sidérurgie : la création de Decaze-ville

Le début de l’exploitation minière va de pair avec l’activité sidérurgique. En effet après une mission diplomatique en Angleterre qui débute alors la première révolution industrielle, le Duc de Cazes  achète en 1826 des concessions le long du Riou Mort. Son projet est de produire de la fonte et de l’acier en associant l’exploitation des gisements de charbon qui ici affleurent, et celle des gisements de minerais de fer situés à Montbazens et surtout à Marcillac Vallon, à moins de 20 km. Le 24 Décembre 1828, à Firmi (zoom 2), le premier haut-fourneau produit sa première coulée. La « rue des hauts fourneaux » rappelle toujours ces installations. 

Rapidement contraint par l’exiguïté de la vallée, il aménage la plaine plus en aval et y installe les hauts fourneaux. Afin d’accueillir et de loger l’afflux d’ouvriers, une ville est créée : Decaze-ville, en 1831. Elle abrite 2.715 habitants (dont 2.258 ouvriers) en 1847. Le bassin devient alors le premier producteur d’acier en France. En 1868, Decazeville compte plus de 8.000 habitants. Tout au long du XIXe les activités industrielles et minières vont s’étendre sur tout le bassin houiller. Celui-ci est limité par la vallée du Lot et Viviez au nord-ouest, et les villes de Firmi et Cransac-les-Thermes au sud-est. Il comprend aussi Aubin, qui se situe en deçà de la limite inférieure de l’image. Le bassin occupera 7.000 mineurs en 1910, et verra sa production d’acier culminer à 12.000 tonnes en 1947 lors de la reconstruction.

Mais dès les années 1930, le déclin s’amorce et les aciéries vont peu à peu fermer, concurrencées par les productions du Nord-Est, puis par l’acier allemand et américain. La crise touchera les mines de charbon dès les années 1950 avec la mise en application de la CECA et du plan Jeanneney. Malgré de vives résistances et la forte mécanisation des techniques d’extraction, le dernier puits est fermé en 1966 et la « Découverte », le 30 juin 2001.

Un bassin en reconversion, de la sous-traitance aéronautique au tourisme

Les pouvoirs publics et la population sont attachés à leur bassin qu’ils défendent souvent âprement. Pour sortir de ce confinement et de ce « syndrome », Decazeville s’appuie sur une reconversion vers les industries de pointe. Elles redynamisent et transforment son potentiel productif grâce aux retombées directes ou indirectes de l’aéronautique du pôle toulousain via le cluster de la Mécanic Vallée et la présence voisine de Figeac.

Mais cette diversification s’appuie aussi sur d’autres potentialités. Par exemple, la difficile et coûteuse reconversion des sites miniers vers les activités touristiques est balbutiante. Le site de la Découverte est peu aménagé malgré le succès du festival annuel des feux d’artifice et ses 15.000 entrées, celui des soufflantes (machineries à vapeur du XIXe) est toujours interdit au public. Autre exemple d’un patrimoine sous-utilisé,  la colline nue appelée Puy de Wolf - qui domine le paysage, près de Firmi et qui semble un terril hérité du passé minier - est en fait un des plus grands gisements de serpentinite d’Europe. Cette roche magmatique métamorphisée témoin de la géologie particulière du bassin recèle des métaux lourds et des terres rares qui empêchent la faune de s’installer hormis des genêts et cinq espèces herbacées extrêmement rares voire uniques au monde (le tabouret de Firmi par exemple). Cependant, ce site classé Natura 2000 par l’Europe et l’Etat n’a aucun aménagement touristique  visible sinon un sentier qui mène au sommet.

Les offices de tourisme du bassin se sont mis en réseau, organisent des visites, accueillent annuellement le millier de pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui traversent le bassin, d’Agnac à Livinhac en passant par Decazeville. Pourtant une base nautique et un camping à Livinhac-le-haut pourraient être les jalons d’aménagements plus conséquents sur le Lot, quasiment navigable jusqu’à sa confluence avec la Garonne.


Zooms d’étude


Decazeville, le pôle du bassin

On parle de Decazeville comme d’une « ville-usine », à l’instar de Firmi, Aubin, Viviez ou Cransac-les-Thermes - les quatre autres villes qui constituent la communauté de communes Decazeville Communauté - tant l’urbanisation a été faite pour et autour des installations industrielles. Ce sont donc les activités d’extraction et sidérurgiques qui ont façonné le bassin de Decazeville et la reconversion industrielle actuelle qui le transforme.

La mine à ciel ouvert de La Découverte et les héritages industriels

L’activité minière, comme dans les autres pays noirs, a transformé le paysage. La « Découverte » en est le symbole et le marqueur le plus visible. Cette mine à ciel ouvert et le lac qui s’est créé au fond depuis 2001 se distinguent aisément sur le cliché. « La Découverte de Lassale » est restée en activité très tardivement car elle demeurait rentable du fait des moyens mécaniques utilisés par la centaine de mineurs qui y travaillaient en 2001. De plus, sa production alimentait une centrale électrique située sur la rive gauche du Lot, à la limite inférieure de la photographie, assurant un débouché à la production.

Aujourd’hui, on distingue surtout les aménagements opérés par Charbonnages de France pour sécuriser le site : 6 millions de m³ de remblais en gradins et la plantation d’acacias afin de stabiliser les pentes. Le lac, profond de 50 m et d’une surface de 9 ha, est continuellement pompé pour éviter l’ennoiement des parties basses de Decazeville. Ce site est donc actuellement en cours de reconversion, mais la Communauté de communes a peu de moyens pour réaménager ce site : on devine le réseau de pistes ouvertes aux promeneurs. Malgré tout, elle a depuis 2012 fait installer cinq fermes solaires, dont la plus vaste se trouve sur la parcelle en herbe, entre les deux « découvertes ».

L’extraction souterraine a laissé de fortes empreintes dans le paysage de Decazeville : un terril, cône arboré qui surplombe la Découverte et un chevalement de puits, dont on devine le toit tout près du lac de la Découverte. A cela s’ajoute le patrimoine bâti qui compose l’essentiel du village de Combes (espace bâti à l’angle inférieur droit du zoom) : l’ancien carreau et la lampisterie, la maison des mineurs, les demeures des contremaîtres, les quelques « corons », jusqu’à l’église décorée de thèmes liés à la mine. On peut enfin ajouter la végétation particulière de la « Montagne qui brûle » entre Combes et Cransac, composée d’acacias (destinés au boisage des galeries) en lieu et place des châtaigniers.

Quant au passé sidérurgique, il ne reste à Decazeville que la friche industrielle nettement visible sur l’image. On devine les longs bâtiments de l’ancienne usine de tuyaux en acier et la soufflerie des hauts-fourneaux (le petit bâtiment au toit rouge à l’extrémité de la zone industrielle, près de la Découverte).

Les reconversions urbaines, industrielles et productives : le siège du cluster de la Mécanic Valley

Les taches claires laissées par la démolition des usines sidérurgiques, les toits gris anciens des sites toujours utilisés et les toits-terrasse des entreprises plus récentes illustrent ce processus de reconversion.

Très rapidement, et dès la fin de la Seconde guerre mondiale, des projets de reconversion se sont succédés. Depuis les avertissements de Paul Ramadier, alors maire de Decazeville dans les années 1950-1951, au plan de reconversion « Vis ta mine » initié par la Communauté de communes en 2012 et soutenu par les habitants, le bassin de Decazeville s’est évertué à changer de système productif. Actuellement, 40 % de la population active travaille dans la sphère productive, dominée par les secteurs de la métallerie et de la construction mécanique.

La vallée du Riou Mort est occupée par plusieurs bâtiments industriels, essentiellement des PME, du secteur productif.  On remarque en effet tout en bas du zoom la présence d’un site industriel de grande ampleur qui poursuit une activité métallurgique spécialisée : la SAM (Société Aveyronnaise de Métallurgie). L’usine de la Vieille Montagne (UNICORE) poursuit la production de zinc sur la commune voisine de Viviez. En remontant cette vallée, on peut identifier un tissu de PME qui proposent des services marchands et des filiales de groupes aéronautiques (comme Figeac Aéro).

En effet, Decazeville et le bassin se tournent vers une nouvelle orientation productive : la sous-traitance dans les secteurs aéronautiques, de la mécanique de pointe ou spécialisée. Du fait de la proximité du très puissant pôle aéronautique toulousain, le cluster de la « Mécanic Vallée » a été créé en 1998. Ce SPL (Système Productif Local) répond à la nécessité de dynamiser et organiser un tissu industriel disséminé dans une région très rurale (bas Limousin et nord Midi-Pyrénées). Polarisé autour de 3 ou 4 grandes entreprises, il regroupe aujourd’hui 152 entreprises de la Corrèze, du Lot et de l’Aveyron. Son siège a été installé à Decazeville, tout près des deux terrains de sport visibles sur le zoom.
Ce cluster permet l’installation d’une activité de production mécanique de pointe sur le bassin, mais aussi de revitaliser le grand lycée technique et professionnel de la ville, lycée qui a reçu le label « campus des métiers » liés à la mécanique. On peut apercevoir les longs bâtiments de cet établissement scolaire au sud du faubourg du Trepalou (quartier à la forme arborescente au nord de la ville).

Une pépinière d’entreprises construite dans la zone industrielle du Combal, en amont de la zone du Centre, soutient l’installation de TPE dans tout le bassin et au-delà dans cette partie de l’Aveyron.

Quant à la zone du Centre, friche qui marque encore la ville, elle est en cours de réhabilitation et d’aménagements (ronds-points, lots) par la Communauté de communes et la Région. Cette zone abrite depuis peu des services marchands et non marchands. Un cinéma multisalles, la Maison de l’emploi, celle de la santé et une entreprise de nettoyage industriel sont le fruit de rénovations visibles. Une partie des longs entrepôts a été reconvertie en salle de spectacle - le « Laminoir » - et l’autre en un musée sur le passé industriel du bassin.
Signe de l’importance accordée à sa reconversion économique, Decazeville Communauté a installé son siège dans un ancien bâtiment industriel – appelé « Maison de l’Industrie », à l’entrée sud de la zone. Le reste des lots est en attente d’acquéreurs et fait l’objet d’une vaste campagne promotionnelle de la part de Communauté Decazeville et de la Région Occitanie (site internet, plaquettes, panneaux d’affichage le long de la zone, articles dans la presse).

Un tissu urbain spécifique et crise de la ville-centre

La lecture du tissu urbain de Decazeville permet de relever une construction hâtive et peu organisée. Le centre est la « ville-rue » initiale qui domine l’espace productif. Ce modèle de « ville-rue » se lit aussi à Cransac, Viviez et Combes. En effet, c’est une urbanisation empirique qui a accompagné les vagues d’arrivée de main d’œuvre, tout au long du XIXe et jusque dans les années 1960. Refoulés aux périphéries des zones d’activité, les quartiers d’habitation occupent la rue centrale (rue Cayrade) de Decazeville, la rive droite du Riou Mort et les hauteurs. Le type d’habitat dominant est individuel et s’explique par le fait que les Houillères offraient à leurs salariés l’habitat (et une « couverture santé ») dès 1930. Dans les années 1950, l’habitat gagne le faubourg escarpé du « Trepalou », nom occitan du domaine agricole que le propriétaire offre à la commune après-guerre. Quartier des activités de service, on y trouve l’hôpital, les écoles, l’EHPAD ; mais aussi les immeubles d’habitat collectif : les cités défavorisées du Sailhenc et de Baldy. Ce quartier est éloigné du centre et bâti sur des pentes que le cliché laisse deviner.

Resserrée par le relief du fait des impératifs de production, l’urbanisation de Decazeville, tout comme celle des quatre autres villes voisines, renforce la sensation d’être confiné dans un bassin. Ceci explique – avec la désindustrialisation - la chute démographique de Decazeville : la ville est passée de 15.210 hab. en 1931 à moins de 5.000 aujourd’hui. Elle a ainsi encore perdu 400 habitants ces dix dernières années. La désertion de ses quartiers ou du centre est problématique : 2 commerces sur trois sont à vendre, la maternité vient de fermer en 2017, la barre de la cité du Baldy a été rasée en 2016.  On parle du « Syndrome decazevillois » pour résumer cette image pessimiste contre laquelle luttent la population et les pouvoirs publics.


Firmi, un autre modèle de ville ouvrière

Cette commune, première à accueillir les activités sidérurgiques, montre une organisation et une évolution différente. Le centre du village se distingue par une butte sur laquelle se devine un habitat très imbriqué, type médiéval. C’est au XIXe que Firmi s’agrandit de façon radiale, en évitant les parties sud et sud-est réservées à l’extraction du charbon « en découvertes ». Le stade est ainsi en lieu et place d’une ancienne « découverte » (« Elisabeth ») exploitée à la fin du XIXe.

On remarque la permanence de cités ouvrières : toits alignés le long de la vallée - quartier des Hauts Fourneaux -, près du lac au pied du Puy de Wolf - la cité des Cerles - au sud, face à la découverte. Dans chacune d’elles, on distingue la mise à disposition du mineur d’une maison, d’un jardin, d’une dépendance et d’un parc commun. La ville garde aussi les traces du paternalisme qui liait les houillères et les mineurs avec l’immense stade et sa piste d’athlétisme ainsi que le groupe scolaire, long bâtiment visible le long d’une rue près du stade.

Si une activité de production (poutres ciment, construction mécanique, laiterie et agriculture) demeure à Fimi, cette ville a surtout une fonction résidentielle. La plupart des habitations appartiennent à des retraités de la mine, mais beaucoup sont aussi réhabilitées pour de jeunes foyers ou parfois transformées en résidences secondaires et en gites. Firmi voit donc sa population se stabiliser.


Agnac, les effets de la rurbanisation sur les périphéries

Le phénomène de rurbanisation, voire de gentrification des campagnes, qui domine le bassin est manifeste sur cet espace. On y voit des habitations récentes, assez grandes voire très grandes, équipées de piscines et d’espaces verts conséquents. On remarque en bas à gauche du zoom des aménagements collectifs récents (rues, salle des fêtes en travaux et école).

En effet Agnac qui fait partie de la commune de Flagnac, village situé en contrebas dans le méandre du Lot, possède sa propre école et sa salle communale. Le zoom permet de voir qu’une partie de la population qui travaille dans le bassin (classes moyennes et supérieures) s’est installée en périphérie, sur le plateau qui domine le bassin mais qu’on ne voit pas. La réfection de l’école souligne le dynamisme démographique de Flagnac/Agnac : la population y a augmenté de 10 % ces 8 dernières années. À cela s’ajoute un dynamisme économique lié à la concentration et la modernisation des exploitations agricoles (installations visibles en haut du zoom) et à une production valorisée (élevage de veaux sous la mère possédant le label rouge).


Livinhac-le-Haut

Cette image marque aussi le dynamisme des marges du bassin.

En effet, l’organisation du territoire de cette commune révèle une expansion régulière de l’habitat : le noyau historique du centre-bourg est peu visible et on constate un étalement pavillonnaire déjà ancien (années 70 - 80) d’une classe moyenne alors employée dans le bassin industriel. Cette première expansion a « ennoyé » les vielles fermes dans des quartiers urbains. Plus en marge les lotissements récents s’étendent sur les espaces productifs agricoles les moins productifs : les pentes et pâturages au nord. Cette « rurbanisation » n’affecte pas ou peu la plaine alluviale, réservée aux activités économiques.

Le potentiel productif de Livinhac le Haut est centré sur l’agriculture intensive irriguée : céréales pour les grandes parcelles et maraicher dans les serres et les parcelles plus étroites.
La commune favorise aussi le développement de services marchands et de services accueillis dans la ZAC (Zone d’Activité et de Commerce) récemment aménagée au sud du centre-bourg. Elle mise ainsi sur l’installation de PME de la sphère productive du bassin de Decazeville tout proche.

Là encore on remarque le dynamisme des marges du bassin.

Références ou compléments

Laurent Carroué : la France – les mutations des systèmes productifs, Armand Colin, Coll. U, Paris, 2013.

François Taulelle : « Occitanie », in La France des 13 Régions, Armand Colin, Coll. U, Paris, 2017.

CPIE du Rouergue : plaquette « Site Natura 2000 Puy de Wolf », Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, 2007.

Suzanne Darvil de Lalonde : Aperçu géologique du nord-ouest de l’Aveyron, article paru dans la revue SAGA (Société Amicale des Géologues Amateurs), n° 229, septembre 2003.

Didier Latapie : Decazeville-Aubin Des mines à la Mécanic Vallée, Les amis de la Belle vallée du Lot, Livinhac-le-Haut, 2015.

J.Y. Roig et coll. : Notice explicative de la feuille de Decazeville à 1/50 000, BRGM, Paris, 2001

Les sites de l’INSEE, des différentes collectivités locales, de la Mecanic Vallée et de la Dépêche du Midi.


Contributeur

Christian Brunet, Professeur au Lycée professionnel Pré de Cordy de Sarlat la Canéda.