Les vignobles de Nuits-Saint-Georges et Vosne-Romanée : les « perles » de la Côte de Nuits

Le vignoble des Côtes de Nuits, qui s’étend au sud de Dijon, et dont Gevrey-Chambertin est un des étendards est mondialement connu pour la qualité et le prix de ses productions. Il le doit en particulier à ses «climats», classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
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Le vignoble des Côtes-de-Nuits et la plaine de Sâone en interface hiérarchique

Nous sommes ici dans la partie méridionale des Côtes de Nuits, qui s’étend entre Dijon et Beaune. On trouve au nord les villages de Vougeot et Gilly-les-Citeaux qui constituent une petite conurbation s’étendant vers la plaine à l’est, au centre le fameux village de Vosne-Romanée et, enfin, au sud l’agglomération de Nuits-Saint-Georges qui s’étend en forme d’éventail un le cône de déjection avec son importante zone d’activité. Comme pour toute la Côte bourguignonne, cet espace est organisé par trois sous-ensembles naturels bien identifiables. A l’ouest, la retombée des plateaux calcaires des Hautes-Côtes demeure boisée et entaillée par des combes parallèles bien visibles d’où sortent parfois des petites rivières.
A l’est se déploie la plaine de Saône qui est très facilement identifiable par ses reliefs peu marqués, par son large parcellaire découpant de très grandes unités favorisant la motorisation et la mécanisation des exploitations et ses paysages d’openfield bien ouverts. C’est un espace de grandes cultures céréalière, principalement productrice de blé et d’oléagineux. Son habitat se caractérise par la présence soit de grosses fermes isolées situées au milieu de leur exploitation, soit par des villages qui s’urbanisent en tâches à partir des axes principaux.  L’urbanisation de Gilly-les-Citeaux correspond ainsi à une structure de village-carrefour caractérisée par un étalement sur plusieurs axes où progressivement les dents creuses sont occupées par de nouvelles habitations.  
Du fait du prix très élevé du foncier viticole, on assiste à des processus d’éviction de certaines fonctions et populations de la Côte au profit de la plaine, deux espaces sous-régionaux voisins qui fonctionnent en interface et en interdépendances. Ainsi, comme le fait bien apparaître le document, l’urbanisation récente - résidentielle ou économique - se développe donc aux marges sur les terres les plus accessibles, car financièrement les plus abordable. Ce processus de hiérarchisation fonctionnelle est ici particulièrement lisible comme en témoignent au nord l’urbanisation résidentielle de Gilly-les Cîteaux ou au sud le développement de la zone d’activité de Nuit-Saint-Georges sur la plaine de Saône à l’est de la limite de l’axe ferroviaire. Cette situation explique largement les dynamiques démographiques locales des dernières décennies. Face aux blocages fonciers, immobiliers et urbains de la Côte viticole dont la population stagne ou régresse et qui a connu en vingt ans un fort vieillissement, l’essentiel de la dynamique démographique et urbaine bénéficie aux villages de la plaine de Saône aux couts bien plus accessibles.

Nuits-Saint-Georges et Vosne-Romanée : les « perles » de la Côte de Nuits

Entre Haute-Côte et plaine donc s’aligne la Côte viticole.  Elle se caractérise ici par son étroitesse, la voie ferrée servant ainsi de nette limite. L’espace viticole est bien identifiable du fait de l’importance quasi-exclusive de l’emprise de la vigne, la taille souvent minuscule du parcellaire, la densité du réseau viaire et la présence régulière des petits villages viticoles (Vougeot, Vosne-Romanée). Cet espace correspond à un escalier de failles qui forme un glacis topographique bien drainé, aux sols quaternaires localement d’une grande variété pédologique (calcaire, marnes, éboulis, limons…), exposé à l’est et au sud-est. Ce climat d’abri assure des étés et des automnes secs et chauds très favorables à la vigne. Chaque finage de village s’étend perpendiculairement aux reliefs afin de valoriser les différents terroirs.
Le village de Vosne-Romanée est considéré comme l’une des « perles » de la Côte de Nuits, là encore mondialement reconnue. Le village compte en effet sept Grands Crus classés s’étendant sur des surfaces réduites de quelques hectares : la Romanée-Conti, d’1,8 hectare et exploité depuis 1232, le Richebourg (8 ha.), la Tâche (6,05 ha.), la Romanée-Saint-Vivant (9,5 ha.), la Romanée, les Grands-Echézeaux, et les Echézeaux.
Enfin, au sud, se trouve Nuits-Saint-Georges (5 500 hab.) qui est la dernière commune la plus méridionale des Côtes de Nuits qui sert de ville-pôle secondaire dans l’organisation régionale entre Dijon au nord et Beaune au sud. Son appellation est la plus étendue en longueur (6 km). Comme Beaune, Nuits-Saint-Georges possède ses propres Hospices, propriétaires d’un vignoble de 10 hectares. L’appellation comprend 375 hectares,  produisant selon les années entre 6 000 et 12 000 hectolitres de rouges. Dans les années 1970, la conjoncture économique favorable s’y est traduit par une augmentation de la superficie des vignobles, en particulier sur les sommets des coteaux comme en témoigne bien le document.
Dans les Côtes, l’essentiel de la production viticole est transformé directement par les viticulteurs en caves particulières ; les maisons de négoce et les négociants-éleveurs - bien présents à Nuits-Saint_Georges -  vinifiant pour leur part un peu plus de 20 % de la récolte qu’ils achètent en vendange fraîche ou sous forme de moûts alors que les coopératives sont ici marginales (5 %). Si l’ancien centre, bien visible, est de grande qualité architecturale et a bénéficié d’un important effort d’embellissement ces dernières décennies, la commune doit faire face une forte urbanisation périphérique.  Comme en témoigne au nord-est entre la route départementale et la voie ferrée l’apparition de nombreux lotissements et, surtout, au sud-ouest une vaste zone d’activité - bien visible et branché sur l’autoroute - dans la plaine historiquement récente puisque développée à partir des années 1990.

Le système des appellations dans les Côtes de Bourgogne

Comme le rappelle sur le document la présence de La Romanée, qui en s’étendant sur seulement 0,85 hectares, est la plus petite appellation des Côtes de Bourgogne, le système des appellations, qui couvre la quasi-totalité des vins produits, joue un rôle majeur dans le classement hiérarchique du vignoble.
Dans le département de la Côte d’Or, on dénombre 31 appellations Grands Crus, ce sont les vins les plus prestigieux, mondialement connus. Ils couvrent seulement 444 hectares et fournissent 15 à 16 000 hectolitres par an, dont 79 % en rouge et 21 % en blanc. On trouve ensuite les OPA Village qui couvrent 5 230 hectares et fournissent 211 111 hectolitres de vin par an, dont 70 % en rouge et 29 % en blanc. 

Documents complémentaires

Bourgogne - Des Côtes de Nuits : le vignoble de Gevrey-Chambertin et les climats bourguignons
Bourgogne - Le vignoble d’Aloxe-Corton dans les Côtes de Beaune

Site de l’UNESCO : Le dossier de classement « Les Climats du vignoble de Bourgogne ». 

Site des Climats de Bourgogne :